caloucaera poésies Version du 15 janvier 2005




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VIVRE !
LE JARDIN
LE FOND DE L'ENFER
EQUILIBRE
EXTREME
BALADIN
TOI SEUL
PETIT MATIN
GUERRIER
LE PRIX
COMBATTRE ENCORE
DE PASSAGE
DEMOCRATIE
GRAND SHOW
AU FOND DE L'OUBLI
ECLAT CORSE
L'ECHO DE LA RUE


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CONFIDENCES DE l'HIVER


Patrice PIALAT


Dans un style classique, ciselant ses rimes comme un artisan qui serait "Meilleur Ouvrier de France", Patrice PIALAT fait entendre sa voix sensible et juste.
Dans ces poèmes, qu'il faut lire à haute-voix pour apprécier leur ruissellement harmonieux, vous trouverez tous les sentiments nobles exprimés.
Patrice, réduit à un rôle contemplatif par son handicap, est un poète très actif, qui aborde tous les sujets, des plus intimes aux plus médiatiques.


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VIVRE !


Avec un beau matin, on vient sur terre,
Accompagné souvent par le feu d'un amour,
Espérant pour vous, malgré les bruits de guerre,
Une route enchantée, un idéal parcours

Cet amour rayonnant, soucieux de l'avenir
Construit rien que pour vous, comme une citadelle
Dont les remparts si forts, devraient vous prémunir,
De fatigants combats, de la moindre querelle

Mais souvent notre cœur rêve d'autres saisons
Notre esprit a besoin de nouvelles structures
Découvrir en pionnier d'inconnus horizons
Suffoquer dans les flots d'exquises aventures

Peut-on réellement progresser sans combats
En demeurant frileux pourra-t-on être libre,
Un chemin sûr est-il un chemin sans débats
Suivre les pieds de l'autre est-ce juste ça vivre ?


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LE JARDIN


Autrefois un berger veillant sur la campagne
M'expliquait que la terre était un grand jardin,
Où l'homme demeurait un serein baladin
Le fruit avait le goût sucré du bon champagne.

La nature pouvait combler chaque estomac
Les champs de blé doré produisaient les farines
Chacun vivait heureux quelques soient ces racines
Le monde n'était pas comme un bateau sans mat.

On espérait alors, une belle aventure,
Mais quelques uns voulant toujours plus de pouvoir
Ont, sans aucun remord oublié leur devoir,
Donnant à notre terre une triste structure.

C'est ainsi qu'on parla de site industriel
De quelque gaz malsain ou d'usine fumante,
Puis de ruisseau souillé, de vapeur polluante
Des néfastes effets d'un bruyant matériel.

Aujourd'hui quand certains s'alarment pour la terre
Redoutant de ne plus pouvoir y respirer
D'autres n'écoutent pas ces cris désespérés
Ne passant qu'au profit de leur juteuse affaire.

Quel sera l'avenir des enfants de demain
S'ils n'ont pour bien grandir, qu'un horizon morose,
Sans arbre protecteur, sans l'odeur de la rose,
Ni de fraîche cascade à boire dans leur main.


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LE FOND DE L'ENFER


Quant on vit doucement au creux de sa chaumière
Les délicats secrets de la tranquillité,
Quant on reste amoureux du jour plein de lumière
Comment suivre les mots de la méchanceté

Indécente rumeur se pavanant en ville,
Elle sort brusquement de je ne sais quels trous,
Entraînant votre vie au plus profond d'une île
Condamnant pour un temps, votre honneur aux verrous

On dit que l'homme naît et doit demeurer libre,
Mais quand la loi permet, la morale reprend,
Certains jugent ainsi votre façon de vivre
Vous contestant le droit d'être en fait différent

Pourquoi faut-il subir la bêtise publique
Pourquoi nos choix sont-ils sans arrêt mis au fer
Ces propos infondés, indignes de réplique
Conduisent l'innocent au plus creux de l'enfer


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EQUILIBRE


S'ils s'aimèrent au point de te donner le jour
C'est qu'ils avaient l'espoir brillant comme une flamme
De t'offrir un futur sans embûche, sans drame,
Un destin lumineux comme leur bel amour

Chacun d'entre nous a des trous dans son parcours
La vie est un long train de sourires ; de larmes,
Dans lequel, il te faut parfois prendre les armes,
Plutôt que d'espérer l'éventuel secours

A vingt ans comme toi je rêvais d'être libre
Mais le bonheur demeure un savant équilibre
Entre notre désir et la réalité

Construis ton univers à côté de ce monde
Nul ne peut inverser cette infernale ronde
Trouve et vis seulement ta propre vérité


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EXTREME


Chaque ouvrage sacré nous parle d'un seul Dieu
Créant cet univers comme un beau paysage
Où le bonheur serait comme un chant mélodieux
Où le cri ne serait qu'un paisible message

Pourtant au Proche-orient, deux peuples s'entre-tuent
Chacun d'eux réclamant la seule et même terre
Les échos du bon sens paraissent s'être tus
Dans ces tristes pays égorgés par la guerre

Vous engendrez le pire en parlant du meilleur
Un fusil d'une main, le livre saint de l'autre`
Satan sévit chez vous bien avant d'être ailleurs
Massacrant une Paix ressemblant à la vôtre

Ne pouvez-vous pas croire en respectant la vie
De la même douceur


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BALADIN


Sur le chemin des jours je marche en solitaire
D'un intense plaisir mon cœur est embaumé
Vivant un quotidien délicat, parfumé
Ma richesse est cachée au fond de l'ordinaire

En regardant le ciel, je repars en voyages
Je m' envole aisément vers un autre horizon
La musique dévoile en moi d'autres images
J'hume ainsi le parfum d'une douce saison

Le silence m'attend quand je ferme ma porte,
Ce compagnon n'est pas triste ni même amer
Il n'est pas les ragots que la rumeur colporte
Il est le géniteur d'un paisible revers

Néanmoins l'amitié reste riche, profonde,
Quand elle vient fleurir dans les mots et les mains
Face au feu crépitant on reconstruit le monde
Accrochant l'espérance à l'aube de demain.


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TOI SEUL


En ce temps tu n'avais guère plus que trois ans,
Je me souviens alors de ce petit bonhomme
Tentant dans le jardin quelques pas hésitants
Trébuchant sans arrêt, sur un bois, une pomme,

Du seuil, je conservais un regard attentif
Même si je semblais ignorer cris ou larmes,
Tu reprenais ta route et repartais plus vif
Affronter vaillamment quelques modestes drames.

Te voici maintenant face à face à la vie
Du haut de tes vingt ans, t'imagines , calcules,
Tu ressembles parfois au marin en survie
Tout comme au potager, t'avances puis recules

D'autres se font porter doucement par les flots
Leur avenir restant semble-t-il secondaire
Ils s'en vont profitant des divers droits sociaux

Devant ceux réclamant l'éternelle assistance
Épuisant nos souhaits de générosité
Désarmant le plus noble acte de bienveillance
Faut-il encor parler de solidarité ?


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PETIT MATIN


Quand la nuit est encor présente
Se déchirant dans le lointain
Dans une lueur grimaçante
Annonçant un temps incertain ;
Quand elle s'accroche au sapin
Refusant de laisser la place
Au timide petit matin
Brisant péniblement la glace

Lorsqu'elle semble presque absente
Quand juillet s'éveille serein
Le ciel s'éclairant sans attente
Vers un nouveau jour de satin ;
Quand vient l'aube à pas de félin
Mettant les astres face à face
Quand le soleil devient divin
Écartant la moindre menace

La lune dès lors déclinante
Concrétisant le mot : "demain"
M'offre un doux moment de détente
Guidant mon esprit et ma main ;
Mon stylo court comme un gamin
Le vers naît sur la blanche surface
Mot d'espérance ou bien câlin
Mot amer où mon cœur se lasse

Je redeviens un baladin
La moindre inquiétude s'efface
La vie a le goût du bon vin
Mon âme suit une autre trace.


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GUERRIER


Un siècle prometteur vient juste d'arriver
On l'espère serein et débordant d'étoiles
Joli comme un matin qui vient de se lever
Ou comme un navire hissant soudain ses voiles

Mais là-bas, tout au loin, on entend un état
Dénonçant un danger pour le bonheur du monde
Parler d'armes cachées et restées en état
Affirmant à chacun qu'une autre guerre gronde

Si l'intention de faire échec à l'armement
Parait être un projet évidemment louable
Les cris guerriers poussés trop prématurément
Ont ce jour un écho plutôt désagréable

Comment des gouvernants issus de notre temps
Peuvent-ils préférer l'épée à la parole
Comment bannir l'espoir d'un flamboyant printemps
Refusant à la paix l'éclat d'un premier rôle


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LE PRIX


On me parle souvent de mon indépendance,
Pour ceux qui voudraient voir leur soleil se lever,
Ne sachant où voler, mon chemin fait rêver
Leurs propos maladroits vont évoquer ma chance

Quand j'entends ce discours presque interrogatif
Je ne peux contester que ma route est plaisante,
Mais si sa perspective est certes séduisante
Elle est pourtant le fruit d'un esprit combatif

Car la chance ressemble à cette bonne terre
Qu'aucun bras vigoureux n'a voulu travailler,
Ce fertile terrain qu'on laisse sommeiller
Sera dans quelques temps qu'un amas de poussière

Si vous sentez en vous le brasier du désir
Si vous lui consacrez le plus creux de votre âme,
Si vous entretenez la plus petite flamme
Vous connaîtrez c'est sûr, cet intense plaisir


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COMBATTRE ENCORE


Notre pays sortait d'une épuisante guerre
Le peuple abasourdi demeurait à genoux
Dans les rues on marchait entre boue et cailloux
Partout apparaissait une atroce misère

Si le temps a passé, transformant les décors
Remplaçant maintes fois tous les hommes de tête,
Beaucoup de citoyens restent dans l'oubliette
La pauvreté connaît aujourd'hui des records
Le quotidien français est toujours aussi triste,
On survit sous le joug de la précarité
On s'emploie à cacher cette réalité
Que dénoncent un prêtre et un drôle d'artiste

Leurs mots vont exprimer la faim, le désespoir
Leur simple appel devient vibrant cri de colère
Allant s'évanouir aux murs d'un ministère
Qui, maladroitement, prétend ne pas savoir
Parfois on fait des lois pour masquer le problème,
Espérant en secret un élan généreux
Qui viendra soulager un présent désastreux
Et prendre le fardeau d'un décideur suprême.


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DE PASSAGE


On avance à travers le temps
Qui va, piétinant joie ou peine
Il chasse l'hiver, le printemps
Comme l'habitude sereine

On croise un jour d'autres chemins
On vit une même espérance
On croit aux nouveaux lendemains
Mais l'espoir fait sa révérence

Face au lourd découragement
Face au trop plein de lassitude
Faut-il s'endormir doucement
Ou redoubler de certitude

Quand un feu meurt dans le tison
Un nouveau renaît dans la cendre
Quand l'ami part vers l'horizon
Un autre semble vous attendre


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DEMOCRATIE


On dit Démocratie en pensant Liberté,
Pourtant ce mot sacré casse nos certitudes,
Il exige un respect de la diversité,
Nous apprend aussi l'autre avec ses habitudes

Clamant la république on voudrait insérer
Trop d'uniformité dans le milieu scolaire,
Coiffes ou pendentifs dignement arborés,
Sont ce jour pourchassés, pareil au temps primaire

Drôle de nation aux multiples couleurs
Mais rêvant d'un seul ton sur sa vaste palette,
Surprenant avocat qui défend des valeurs
En manquant de respect aux gens de la planète

Disons que chaque être humain a son identité
Que la différence est toujours enrichissante
Que l'aspect ne doit pas tuer l'égalité
Que chaque âme s'honore en restant tolérante


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GRAND SHOW


C'est un homme attaché profondément à sa terre
Soucieux de garantir d'authentiques produits
Ce fougueux paysan conserve au fond de lui
Un amer sentiment de dégoût, de colère

Défendant simplement la pure vérité,
Avec sa diction quelquefois trop bruyante
Il a soudain glissé dans l'action violente
Pour mettre en plein soleil l'âpre réalité

Certes il n'avait pas à couper des cultures
Sans doute gagne-pain d'autres agriculteurs
On peut désapprouver tous ces perturbateurs
Ou rejeter en bloc, ces folles procédures

Mais ce syndicaliste est-il un dur brigand
Pour se faire arrêter comme un terroriste,
L'état rentrant chez lui, sans enfiler de gant
Comme pour ajouter un gibier à sa liste ?


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AU FOND DE L'OUBLI


Nul ne sait son prénom, son bonheur, sa souffrance
II est depuis longtemps qu'un pas sur le chemin
Ses jours sont recouverts de tant d'indifférence
Qu'il n'ose même plus tendre son humble main

Ce voisin inconnu vit dans une autre époque
Ne comprend plus très bien ce monde et ses enjeux
C'est le pauvre pantin dont le gosse se moque
Quand s'éclaire son oeil sur quelques nouveaux jeux

Son cœur se souvient plus des divers jours de fête
Le triste quotidien revient même à Noël
Comme un oiseau de nuit blotti dans sa cachette
Il sort le plus souvent selon un rituel

Puis par un beau matin suivant son habitude
Sans perturber le cours de l'univers bruyant
Il finit son parcours d'intense solitude
Avec pour seul parent, qu'un soleil bienveillant

Alors on entend plus sur les pavés sa canne ;
Le vent ne reprend plus ses jurons de charretier
Quand il tombait à terre aussi chargé qu'un âne,
C'était un petit vieux, mémoire du quartier


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ECLAT CORSE


C'est une île flânant sous un joyeux soleil
On pourrait y trouver un air de plénitude
Ou savourer la paix promise à son réveil
Mais qui croule aujourd'hui sous tant d'incertitude

Si beaucoup ont le goût de la tranquillité
Laissant loin dans leur dos toute source de peines
D'autres habitants fiers de leur identité
Ont l'insensé désir de s'emparer des rênes

Pour mener jusqu'au bout leur étonnant projet
Ils semblent près à tout, ignorant cris ou drames
Même si leur propos font l'objet d'un rejet
Le combat se poursuit dans le bruit sourd des armes

Ils offrent à leur terre un destin désastreux
Enterrant sa beauté sous l'épaisse poussière
Leur chemin se veut sûr, mais demeure pierreux
Ils donnent que la nuit en parlant de lumière

Cette belle région doit-elle encore subir
Les éclats meurtriers de tant d'intolérance
Ou verra-t-elle un jour, le bonheur refleurir
Sur l'ombragé chemin d'une douce espérance


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L'ECHO DE LA RUE


Ce jour là, l'horizon s'assombrissait encore
Pour nos cœurs, l'avenir n'avait plus de promesse
Le doute s'amplifiant; apparaissait si fort
Qu'un bon nombre sombrait au fond de la détresse.

De tricolores podiums sont alors apparus L'orateur dénonçait
l'épuisante dérive Jurant de rétablir des projets disparus
Nous proposant l'éclat d'une nouvelle rive.

Mais le temps a passé ; rien n'a vraiment changé,
On range dans un coin les idées avancées
Prétextant les erreurs du rival délogé
Ou la protection d'usines menacées.

Dans la rue, on entend une inquiète rumeur
Rouler sur le sur le sol comme une vive cascade
Le salarié revient exprimer sa stupeur
Sous les plus grands balcons, sur la moindre esplanade.

N'allez pas négliger ces percutants appels
La confiance n'est pas au sommet des tribunes
Les mots n'atteignant pas les quotidiens cruels
Resteront sans échos dans le bas fond des urnes.


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