Le Tanka est la forme poétique japonaise la plus ancienne (VIII° siècle). Au XVII° siècle, le poète BASHÔ fragmenta le Tanka pour en tirer le Haïku, qui est le premier tercet de celui-ci.
Nous vous proposons d'exercer votre créativité littéraire et poétique en jouant avec nous. La règle du jeu est simple : avec 3 vers, de 5, 7 et 5 syllabes, sans souci de la rime, vous avez un haïku. Avec 2 vers de plus, de 7 et 7 syllabes, vous avez un tanka.
Vous nous faites parvenir vos oeuvres et nous publions les meilleures, sous votre nom.
Guadeloupe, Divinités, Amours érotiques.
GUADELOUPE
Climat tropical
Tempéré par l'alizé
Rêve d'Antilles
Chaudes nuits d'été
Le vent porte les senteurs
Du rivage au loin
Ciel bleu et soleil
Léger souffle alizé
Douce averse
Fleurs imposture
Du bougainvillier mauve
Parfument mon œil
Pomme cannelle
Du jardin des délices
Succulents noyaux !
Arbres à pain géants
Aux ronds fruits volumineux
Aux feuilles bien vernissées
La Bounty est arrivée
Brando Christian nous sourit !
Vilain moustique
Laisse-moi à la sieste
Rendre hommage
Laid scolopendre
Fuit sous ma main surprise
Peur antillaise
Oh fourmi manioc !
Humble hyménoptère,
Épargne mes fleurs
Je dresserai un temple
À ta magnificence
Vif oiseau mouche
Comme abeille furtive
Butine les cœurs
Le soleil ardant
L'alizé dans sa course
Caressent ton corps
Reins bien cambrés
Couleur de peau ambrée
Une Antillaise !
Banane d'amour
Fruit érotique dressé
Belle créole rit
Écume de mer
Le sperme de Neptune
Vole avec le vent
Sois prudente sirène
Sors toujours bien couverte !
Sable blanc ou noir
Plages lascives couchées
Mer d'émeraude
Marie-Galante
Sort de la brume grise
Fantôme incertain
Roc d'amertume
Desséché par l'alizé
La Désirade
Le pain de sucre
Grenouille qui se fait bœuf
Saintes modestes
Chiens jaunes errants
Héritage créole
Souffrance et mort
Le chat m'observe
De ses yeux bleus intenses
Est-il septique ?
Le grand chien jaune
Saute autour du petit chat
Viens jouer à chat !
Iguane dormeur
Observe de ses yeux clos
Vision rêveuse
Vache au piquet
N'a pas été très sage
Garde-Bœuf veille
Nuages, brumes
Où est la soufrière ?
Alizé, rends-la !
Écumes, fracas
Les vagues se déchaînent
Défient Les Châteaux.
Chaleur humide
L'été hélas est là
Vive Carême !
DIVINITÉS
Déesse-mère
Tiamat, chaos primordial
Déité de la mer
Divinité première
Adorée par les hommes
D'El et Ashera
Naquit Baal Hadad
Qui devint Yahvé
Le seul dieu, l'unique Dieu
Allah pour les vrais croyants
Belle Astarté
Déesse sémitique
Vierge féconde
Dont naquit Aphrodite
Ma seule divinité !
La grande Goula
Déesse et molosse
Calme ma douleur
Voyageur d'avenir
Tu as cueilli la rose
D'un rosier à venir
Son parfum improbable
A des effluves d'espoir
De l'action souvent
Naît une injustice
Ne fais rien de plus !
AMOURS ÉROTIQUES
Suçant ton crayon
Écolière appliquée
Tu fronces les yeux
Énigmatique
Femme toute en mystères
Sphinx aux cheveux blonds
Le gris et le blond
Dans tes cheveux mélangés
Fleur épanouie
Ta chevelure
Que je respire troublé
M'emporte au loin
Parfums de ton corps
Symphonie de fragrances
Enivrent mes sens
Le grain de ta peau
Plus doux que cuir de Russie
Appelle mes doigts
Sous la caresse
De ma main attentive
Tes seins pigeonnent
Ton regard mouillé
Aux verts iris
Soudain chavire
Ton dos gracile
De gamine espiègle
S'évase soudain
Comme une belle amphore
En deux fesses charnues
Quel troublant secret
Dissimulent ces fesses
Que tu tiens serrées ?
Forme sélène
Aux lourdeurs émouvantes
Astre de mes nuits
Lèvres pulpeuses
Bien faites pour le baiser
Et d'autres choses
Que la pudeur fait taire
Mais que j'espère ardemment !
Tète, mon chaton
Suce la source de vie
Qui gonfle en toi
Ses rousses toisons
Aux moirés reflets fauves
Fascinent mes yeux
Deux lèvres fripées
Dissimulent la grotte
Aux parois lisses
Qui ruisselle de liqueurs
Marines odorantes
Moule de corail
Charmante anodonte
J'aime tes senteurs
Sauvages senteurs
D'algues et de crustacés
Affluent à mon nez
Gouttes de sueur
Coulent sur sa peau blanche
Comme un ruisseau
Je suis soumise
Entièrement soumise
Surprenant état
Qui me rend dépendante
De ce mâle rustique !
Comment résister
A ces mains qui m'imposent
Ses quatre volontés ?
Et je découvre
Avec terreur le bonheur
Dans l'esclavage
Bivalve nacré
Conque de porcelaine
Ouvre-toi à moi !
Pénètre en moi
Fier mâle en érection
Fouille mon ventre
De ton sceptre conquérant
Qui un instant m'asservit
Et je t'offrirai
Une étroite fissure
A toi seul vouée
Un si douloureux chemin
Qui conduit à l'extase !
Le plaisir soudain
A déferlé sur nous deux
Comme une vague
Accroché à toi
Un tourbillon m'emporte
Vers l'inconscience
Communion sacrée
De deux êtres qui s'offrent
En mêlant leur sang
Déjà, méfiante
Elle s'écarte de moi
Et devient autre
Notre communion dura
Le temps d'un profond désir
Deux yeux humides
Me fixent incrédules
Comment tout dire ?
Bel amour si grand
N'a pas résisté longtemps
Usure du temps
Combien encore
Devrai-je vivre sans toi
Vivre sans joie
Où es-tu amour ?
Est-ce la latitude
La lassitude
Ou l'habitude prise
Qui ont tué la passion ?
Papillon de nuit
Volette dans mon esprit
Quand je pense à toi
Papillon de jour
Butine mon cœur joyeux
Quand tu me souris