caloucaera poésies Version du 06 octobre 2004




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Balade
Mes fidèles amies
La Faucheuse
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Le moine austère
Tolérance
Évolution
Maman
Le lampadaire






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SIGNES M.


Marcel GIRARDIN


Si tu n´as pas tout du grimaud,
Si tu sais lire entre les mots,
Entre les faits, entre les gestes.
Lors, tu verras clair dans son jeu,
Et que ce bel avantageux,
C´est un modeste.

Pourquoi cette chanson de Georges BRASSENS me revient à l'esprit quand je pense à Marcel ?
Sans doute parce que lui aussi est un modeste, qui signe M. ses poèmes, mais il y a autre chose. Comme un Georges qui aurait découvert son art sur le tard, Marcel est un personnage massif, un bourru qui efface souvent une larme de tendresse.
Ce que j'ai appris de "caloucaera.net", c'est que si vous prenez mille poètes, il n'y en aura jamais deux de pareils. Des savants, des plus maladroits ; des désespérés, de ceux qui espèrent malgré tout ; de ceux qui sculptent au stylet, de ceux qui taillent à l'herminette... Mais tous ont un message à délivrer, tous méritent d'être entendus !


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REGRETS


Derrière la vitrine qui protège mes yeux,
Je regarde mon passé dont le film se joue
Au travers des verres qui semblent cacher mes yeux.
Nouveau et serein, je reste là, debout.

Brille soudain l'espoir d'un monde merveilleux,
La place que prend alors cette histoire devient mon destin.
C'est ainsi que se chargent mes yeux
D'eau salée, qui doucement caresse mes joues.

J'ai tant appris, sans vraiment tout comprendre,
De ce chemin parsemé de piège et d'embûches,
Franchi, sans attention à ce monde, cette ruche,
Qu'il est devenu si difficile de surprendre !

C'est quoi la vie, au milieu de tant de haine et de guerres ?
Croyants ou non, les âmes sont perdues, mises à part,
Ne sachant vers lequel des saints se tourner en prière,
Elles errent maintenant ailleurs, au centre de nul part.

Temps perdu pour certains,
Vie soi-disant bien remplie pour d'autres,
Quel est-il donc le vrai chemin ?
Lequel doivent prendre ces drôles d'apôtres ?

A présent, je regarde avec tendresse les miens.
Grandis, ils vont prendre enfin leur chemin.
Sera-t-il le bon, vraiment je n'en sais rien,
Car c'est là que va bientôt s'arrêter le mien.

M.


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Touchantes attentions


C'est dans le regard de cet enfant,
Où scintillent un million d'étincelles
Un feu de joie, véritable merveille,
Pour nous ses grands-parents.

Au chevet de cette petite âme,
Encore fragile mais pleine de vie,
Mamy et papy se pâment,
Sans retenue, écoutant ses cris.

Mimiques désordonnées se galvaudant,
Au moindre de ses gestes gracieux,
D'un enthousiasme débordant,
En regardant cet enfant merveilleux.

Entraînés par cette petite Vie,
Au diable nos écarts de comportement,
Il ne nous manque plus que l'accoutrement
Du pitre, trompeur d'ennui.

Vêtements multicolores d'agrément
D'où ressortent : un visage fardé,
Un nez rouge proéminent
Et des chaussures surdimensionnées.

Transformé un instant en clown,
Mamy, au regard désemparé,
Pardonne, à son ami de toujours,
Ses pitreries faites d'amour.

Nous ne retiendrons alors
Que le regard de cet enfant
Dont les mimiques disent : encore !
Au spectacle de ses grands-parents.

M.


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FOLIE


Ayant épuisé toute son énergie,
Lui, courrant après ses souvenirs comme un lion,
Croyant alors avoir vaincu ses phobies
Il relâcha son attention.

Il prit aussitôt son envol,
Planant au-dessus du temps,
Visitant ces âmes folles
Perdues depuis des ans.

Apercevant au loin son ancien bonheur,
Il était pressé d'y arriver,
Pour tenter d'y graver, sur son cœur,
Les desseins de son passé.

Il se mit alors à en tracer les contours,
Tremblant de tendresse et d'amour,
Avec des marqueurs de couleur,
Laissant ainsi une trace des ses ardeurs.

C'est donc, dans le soleil,
Qu'il puisa une seconde énergie.
Enfin débarrassé de ses chaînes,
Il courut à la recherche d'une autre vie.

Alors qu'autour de lui, d'autres se démenaient,
Il s'envola en abandonnant ceux-ci.
Ce fut ainsi durant toute son existence,
Aucune attention pour ses " amis ",
Pas un soupçon de déférence,
C'est ainsi qu'il termina en folie...

M.


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Balade


Je parts, sans but, errant d'une drôle de façon,
Comme pour me persuader qu'il existe mille façons
De vivre une vie à pleines dents,
Pour enfin comprendre que d'autres peuvent vivre autrement.

Seule existe la joie d'aimer et d'être aimé !
Il suffit, pour cela, de croire en la sincérité,
Pour que cet amour dure éternellement,
Intense et jusqu'au firmament.

Si l'on se sent aimé, il n'y a aucun risque !
Jamais, au grand jamais, il ne faut croiser le " fer ",
Qui aurait pour effet de briser à jamais ce côté magique,
Des illusions ou bien des rêves, pour une petite guéguerre.

Si lointaine et si présente, de combien est-ce temps ?
Celui qui nous sépare, celui que l'on gaspille,
Il se compte en années lumières et pas en printemps,
Tel un fétu de paille, d'où s'envolent incandescentes les brindilles.

Sans impatience j'attends, sans grande conviction,
Tentant une persuasion, me forçant aussi à croire
À une hypothétique réapparition.
Entêté que je suis, je garde en moi cet espoir.

Traînant très tard dans les rues, par dépit,
Espérant y croiser par un pur hasard, celle perdue,
J'avoue chercher celle que j'ai tant aimée, ma vie,
La seule, l'unique, en laquelle j'ai toujours cru.

Fausses joies, défaites permanentes d'un instant d'illusion,
Force et de constater, maintenant de me l'avouer,
J'ai terminé mon ascension,
Face à la lourde porte de l'éternité.

Je n'aurai de compte à rendre à personne,
Seul comptera le chemin que je prendrai ensuite,
Et si je devais un jour expliquer ma conduite,
Ce ne serait certainement pas à un autre homme.

M.


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Mes fidèles amies


Mes fidèles amies à quatre pattes,
Qui au son de ma voix réagissez,
Tirant les oreilles vers le haut,
Pour écouter ce que je vous dis.
Vous accourez sans rechigner,
Dès lors que je vous appelle.
Vous, mes fidèles amies sensibles
À mes maux et mes peines,
Sur lesquelles je crie,
À l'approche de visiteurs.
Invités ou non, vous aboyez,
Sur ceux approchant notre fief,
Je sais que c'est pour me prévenir,
Voire me protéger contre des intrus.
Mais vous n'avez jamais de cesse,
Malgré cela je vous aime,
Telles des êtres de chair et de sang.
Vous me réchauffez les pieds,
Lorsque je regarde la télé.
Je sais que vous n'êtes pas éternelles,
Et qu'un jour vous vous en irez...
J'ai parfois de la tristesse
En pensant à cela,
Mais très vite s'évanouissent
Ces idées morbides,
Car pour l'heure vous êtes à mes côtés.
Égoïstement, je l'avoue,
Ce que je retiens de vous,
Ce ne sont que les meilleurs moments.
Ainsi s'écoule le temps,
Ainsi se déroule la vie.
Merci mes fidèles amies.

M.


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La Faucheuse


La Faucheuse Il vient de s'écrouler au sol,
Devant la cheminée qui crépite.
Il gît à terre sans bouger,
Pendant que le bois de hêtre
Parfume la pièce où il est étendu.
L'homme, qui soupire et râle,
Ne bouge bientôt plus.
Sa famille tente de le ranimer,
Se demandant pourquoi c'est ainsi.
Il est temps d'appeler les secours !
Il ne doit pas mourir là !
On ne peut rien pour lui,
Bien qu'encore il gémisse.
Ses parents s'affolent.
Des sons au dehors retentissent,
Des bruits de pas, sourds et rapides,
Lui parviennent dans son inconscient.
On s'active autour du corps sans vie.
Chacun à sa tâche s'acharne sur lui
Pour enfin à tous le saisir.
Le hissant bientôt dans le fourgon,
Attendant, déjà prêt à partir,
Sirène hurlante, flashs perçant la nuit.
A l'intérieur, ils s'affairent aux préparatifs.
Les urgences sont en attente de le recevoir.
La pièce est froide, blanchie par les lumières,
Les hommes en blanc sont passifs.
Habitude sans doute de cas analogues.
On l'installe sur la table du bloc,
Quand soudain l'un d'entre eux cria !
" On le perd, vite on le perd ! "
Ce sont ces mots qui restent en moi,
Je n'ai pas eu le temps d'embrasser les miens,
Je suis encore conscient mais inerte,
J'ai envie de crier : " pas de suite ! "
Mais ne le peux point.
Plus rien, depuis cette lumière blanche,
Car je me suis réveillé longtemps après.
Avec autour de moi les miens.
Merci aux Urgentistes !
Car, maintenant, j'ai un vague aperçu
De cette dame que l'on appelle la faucheuse !
En ais-je peur ?
Oui, de la mort, j'en ai peur, à présent.

M.


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LA ROUTE


La route Voluptueuse, magique ligne droite,
Toi, à l'infini, derrière la colline,
Tu ne sembles pas totalement finie.
Dans cet horizon tu deviens plus étroite,
En t'éloignant, au bout, ce chemin s'affine,
Laissant supposer qu'il y a bien une vie.

Je veux mais n'ose m'en aller plus en avant,
Pourquoi ais-je peur de cette inconnue ?
C'est vrai qu'on ne sait pas ce qu'il y a derrière,
Comme un vide, un immense paravent,
Pourquoi pas un monde fictif ou bien les nues ?
Il m'est impossible de faire marche arrière.

Je suis venue pour la grande aventure,
A pied, à cheval, oui je me lance, je pars
Sans un regret, je vais à la découverte
D'un nouveau monde, vers un merveilleux futur
Pas de crainte ni besoin de crier gare,
Si peur existe, s'il y a des tempêtes,

Je prie pour y trouver la paix et le meilleur.
Me saisir d'une grande part de cette joie,
Dans une belle et merveilleuse contrée,
Ne pas regretter de m'être enfui ailleurs,
Avec pour seul et unique bagage, une foi,
De pouvoir être heureux et plus jamais blasé.

M.


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Le moine austère


J’ai vu un moine austère.
Ou ? Dans son monastère.
Refusant cette putain de guerre,
Pour finalement tomber à terre.

Je l’ai vu souvent en prière,
Bien aux côtés de ses frères.
Il ne se souciait guère
De ce qu’il connut naguère

Ce n’est pas une affaire,
Avait-il déclaré hier,
On ne doit jamais se taire,
Même si l’on est en guerre.

Lui, au contraire, il gère,
Oui, en plein désert.
Il est tout le contraire
De ceux qui font la guerre.

Il ne sera pas l’apothicaire
De tous ces mercenaires,
Qui, aujourd’hui comme hier,
Ont déclaré cette guerre.

Ce sont bien ces mercenaires
Qui l’ont traîné par terre !
Pour lui, un véritable calvaire. Mais c’est avec des prières,

Qu’il refusera cette misère !
En priant pour ses congénères,
Ceux qu’un jour l’abandonnèrent
Au beau milieu du désert.

Comme tombé dans un cratère,
Il se relèvera ainsi de terre,
Pour finir par les faire taire,
Tout en restant débonnaire.

Maintenant, depuis sa chaire,
Il observe ses frères,
Ceux qui l’avaient mis à terre,
Se réfugiant dans la prière.


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Tolérance


Veux-tu de moi pour muse ?
J’ai tant de mes reçus à donner !
Point besoin pour moi de ruse
Car mon seul but est de partager.

Le chemin de la vie est enivrant,
Sinueux, mais si doux à vivre.
Pourquoi y a-t-il tant de gens
Se compliquant celle-ci autant ?

C’est tellement bon d’échanger,
Pour des choses emplies de bonheur.
De conquérir de recevoir ou de donner,
Simplement ouvrir à la vie son cœur.

Des âmes s’enfuient face au Malin,
Laissant libre place à l’indécence.
Miséreux et pernicieux, diable hautain,
Tu entraînes dans ta course l’innocence.

Homme, crois-tu en une instance suprême ?
Ne sois pas inerte au dantesque,
Crois en toi et en ceux qui t’aiment,
Ne te laisse pas envahir par du grotesque.

Non jamais ne baisse les bras
Agis et ressaisis-toi, fais un grand pas,
Utilise les mots, lénifiants aux maux,
Oublies les différences,
Et instaure la tolérance...


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Évolution


Vie de nature dévoilée
Au public ravi et suffoqué,
Au spectacle de magie grandiose
Pour une belle leçon de chose.

Histoire naturelle
Issue d’un monde parallèle,
Studieux, écoutant stoïques,
Ces merveilleux contes ludiques.

Les yeux rivés à l’écran de verre,
Ils sont là, surpris et ébahis
Vers cette merveilleuse lumière
Venant pour eux d’une autre vie

L’épaisse vitre entre cette mer,
De ce monde féerique et aquatique
Certains pensent qu’il s’agit de chimères
Mais pourtant bien réel et non mystique !

Pourtant présente celle qui les sépare
N’est pas si éloignée de nous, humains
Puisque issus de ce monde marin
Nous sommes maintenant à part.

Fascinées, c’est vrai nous le sommes
Devant cet espace de beauté,
Nous sommes sur le point de regretter
D’être devenus des hommes.


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Maman


Un dernier regard sur un passé
Avant d’en franchir le seuil.
Son âme est enfin apprêtée,
Pour cet ultime voyage sans linceul,

Se demandant encore, hésitante, ébahies,
Si vraiment elle avait bien agit,
Tout ce qui lui fallut accomplir durant sa vie.
Un léger sourire puis la chevelure blanchie

Aux mille reflets argentés,
De cette belle âme lénifiée,
S’évanouie sans plus se soucier
Du temps passé et usé,

De cette vie là, dite antérieure.
On entend sa voix, celle du cœur,
Issue de l’autre côte du miroir
Ou du fond de cet immense couloir.


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Le lampadaire


Poèmes et poésie rubis
De la pensée et de l’esprit !
Mon cœur en tumulte géant
Comme le sont les océans,
Mais ne peuvent entacher ta robe nacrée,
Ni d’en happer les couleurs dont tu es composée.
Personne, pas même le temps,
Dès lors que tu scintilles avec tes mots, tu les mets à mal
Troublant ainsi cette mystérieuse lumière pâle
Que produisent les lampadaires incultes et rouillés,
Ils ne peuvent fuir !
Solidement attachés sur des plots de pierre
Immobiles aujourd’hui plus qu’hier,
Personne ne cherche plus à les reluire.
Ils peuvent se moquer criant haro !
Les poètes fidèles et assidus sont là
Gardiens du verbe et des mots
Nombreux imperturbables mais jamais las.
Ils ont entendu beaucoup d’histoires
Sans jamais pouvoir nous les révéler.
Ils ont vu tant d’amoureux enlacés
Se raconter leurs misères ou leurs espoirs
Ils ont résisté à toutes les tentations
Puis un jour ils se sont éteints !
Non par le trop d’émotions !
Mais bien par la bêtise de gredins.
Détrônes par les hommes du génie
Ces lampadaires sont à présent, couchés,
Bientôt démontés par les ferrailleurs
Ils attendent sur le trottoir, là et sans vie.
Avec eux, promesse d’amours et fidélité
Sont sur le chemin d’éternité et d’oublie.
Lorsque dans un sursaut de cognition
L’un d’entre eux, collectionneur,
S’investira , lui et toutes ses économies.
Emportés loin de cet endroit macabre
Ils seront, un temps entreposés
A l’abri des regards et des convoitises.
Le passionné leur confectionne un socle de marbre
Toilettés et débarrassés de toutes traces de sottises,
Il leurs est promis un avenir de gaieté,
Dans des parcs boisés et privatifs,
Sous mille regards admiratifs.
Ils appréhendent une nouvelle ère
Ces merveilleux lampadaires,
Et pour qui saura les écouter,
Il y aura toujours des histoires à raconter.


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