La libre littérature française des Amériques Version du 14 juin 2007.

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Je rêve encore...
Des mois sans toit.
(*) Les séducteurs...
Toi, mon choix.
Initiez-moi ?
(*) Les doux mots.
(*) Extase d'océan.
(*) Lumière céleste.

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Je rêve encore...


Poèmes


Jean-François GRÉGOIRE




Quant un linguiste devient poète, c'est un acrobate des mots et des rimes qui nous convie à une fête du verbe. Des vers courts, acérés comme des scalpels, mais non dénués d'humour et de tendresse.








































Je rêve encore...


Comme une étoile qui scintille
Sur un trophée d'académie.
Comme des yeux qui s'écarquillent
Devant l'enfant que tu chéris.
Comme un baiser qui me titille
Là où tu sais quand je faiblis.
Comme ton parfum qui m'émoustille
Donnant l'envie d'avoir envie.

J'adore,
J'adore et je t'adore.
J'adore,
J'adore et je t'adore.

Comme un champagne qui pétille
Vantant les succès de ta vie.
Comme tes cheveux dans leur résille
Mettant à nu ta nuque amie.
Comme tes lèvres au goût vanille
Me susurrant des mots exquis.
Comme nos corps qui s'entortillent
Donnant l'envie d'avoir envie.

J'adore,
J'adore et je t'adore.
J'adore,
J'adore et je t'adore.

Mais sache encore...
Comme un marteau sans sa faucille
Qui forge la démocratie.
Comme un peloton qui fusille
La mort pour épargner la vie.
Comme des grenades sans goupille
N'estropiant plus l'enfant chéri.
Comme des nations sans pupille
Où l'agression serait bannie.
Comme une France qui nasille
Sauvée par la vox populi.
Comme des jumelles qui brillent
Dans un Manhattan rétabli.
Comme un drogué qui s'extasie
Devant l'arbre à came proscrit.
Comme une église qui distille
Sa richesse aux âmes meurtries.
Comme une arène ouvrant ses grilles
Donnant l'envie de voir la vie.

J'en rêve encore...
Quand je m'endors
J'en rêve encore...

Si notre amour nous émoustille
Au point de concevoir la vie
Et que ton ventre te fourmille
Quand le bonheur nous réunit,
C'est de douceur que je vacille
Touchant ton sein, sève de vie
Loin des fusils et des torpilles
Je rêve, je vole et je prie
Sur une terre où les charmilles
S'oxygènent hors des brûlis
Où les oiseaux sur leur brindille
Sont libres de bâtir leur nid
Où les ruisseaux sains et dociles
Gazouillent au creux de leur lit
Dans un univers sans bisbille
Bordé de verts tapis fleuris.
Près des pommiers et des morilles
Qui me font succomber d'envie.

J'adore,
J'adorerai comme je t'adore.
J'adore,
J'adorerai comme je t'adore.

Comme une horloge sans aiguille,
Qui ne fait plus courir le temps
Dans les artères de nos villes,
Pour suspendre l'amour présent,
Je veux planer dans l'air du temps,
Dévoiler la beauté des nues,
Caresser le souffle du vent,
Convoyer toutes les vertus,
Accrocher tes maux aux nuages
Pour en éloigner tes orages,
Partager mes rêves épris
D'intégrité et d'harmonie,
Vivre avec toi intensément
L'amour dans la fièvre du temps,
Diffuser la chaleur d'un nid
A l'enfant sur l'arbre de vie,
Figer le bonheur de l'instant
Et le vivre éternellement.

J'adore,
J'adorerai comme je t'adore.
J'adore,
J'adorerai comme je t'adore.

Mais je rêve sur mon nuage de douceur,
Déversant sur la terre une pluie de bonheur,
Pour laver les affronts qui irritent les cœurs
Des hommes en larmes affrontant le malheur.


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Des mois sans toit.


Triste est la vie sans toi,
Triste est la nuit sans toit.
Sans toi la vie me tue,
Sans toit la nuit nous tue.
L'espoir rougit nos sangs
Mais, le sang sans la vie,
Ne ressent plus l'envie.
Je vis en gémissant
Et je meurs de non vie
Car, je suis sans logis...
Pas d'emploi, pas de mois.
Pas de mois, pas de toit.
Pas d'emploi sans toit
Ni de vie avec toi.
Honte aux hommes sans foi
Qui trahissent nos voix,
Préférant la gestion
D'un immeuble vide
Aux êtres moribonds
Glacés et livides
Cherchant comme il se doit
Dignité sous un toit.
Les hommes cupides
Assoiffés de grandeur
Aux regards avides,
N'accordent leurs faveurs
Q'aux malins agioteurs,
Spéculant sur le dur
Ne pensant qu'au futur
Sans richesse de cœur.
Payés pour regarder
L'action bénévole,
Ils savent contempler,
Les mains dans les poches,
Oubliant l'obole
Pour ceux qui s'accrochent
Pour un franc à la vie,
Pour un toit, un sursis,
Implorant dans le froid
La chaleur humaine
De leurs égaux en droits
Sans dédain ni haine.
Voyez, hommes d'état,
Cette pancarte là
Qui, non loin de chez vous,
Défie ces grippe sous
A revoir leurs copies
Bien truffées d'inepties,
Montrant l'impéritie
Des seigneurs du gâchis :
" Ci-gît être sans vie
Né de la gabegie
Des vils rois du gaspi
Trônant sur l'incurie ".


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Les séducteurs ou les thuriféraires.


Quand les flatteurs et laudateurs
Veulent percer l'hymen d'un cœur
Les chou chichis et momeries
Sont des pompons poudrés d'envie.

Ces élégants, ces mirliflores
Faux audacieux et matamores
Aiment courir le guilledou
De mots d'amour en billets doux.

Ces séducteurs et beaux esthètes
Offrent des fleurs dans les courbettes
Godelureaux et damoiseaux
Marient les mots de Marivaux.

Mièvres mignards efféminés
Font leur persil rue des minets
Pour éblouir les châtelaines
Allant courir la prétentaine.

Ces dits dandys grandiloquents
Ces muscadins outrecuidants
Roulent l'amour en hautain fiacre
Sur d'obséquieux fins simulacres.

Ces madrés flous de l'entregent
Affranchissent les faux-semblants
Affriolés de lèvres fines
Ils butinent la fleur des nines.

Danse lascive de gandins
Arabesques et jeux de mains
Ils se glissent vers les pubères
Dans les froufrous des robes claires.

Les chatteries des chattemites,
Afféterie pour favorites,
Grisent lorettes et lindors
Ecorniflant les chauds trésors.

Frissonnements sur peau velours
Délectation de chauds mamours,
Curée d'honneur quand ils baptisent
L'écrin mouillé de convoitise.

Ces fats, farauds et fanfarons
Ces finauds fiers et rodomonts
Ces gais flambarts de la mondaine
Chassent des mies maintes migraines.

Mais si l'amour n'est que romance
Au diable vert les convenances
Car l'entrejambe est au couvert
Ce que duvet est à l'eider.

Doit-on châtier le freluquet
Quand le plaisir est sans loquet ?
Doit-on raser la gourgandine
Quand du bonnet l'amant opine ?

Si les rêves évanescents
Défeuillent l'amour marcescent
Conter fleurette à chaque envie
N'est-ce point là, sève de vie !

Alors que dire à nos cadets
Ouvrant curieux leurs clairs quinquets
Gourmandise ou flagornerie,
Délicatesse ou sauterie ?


Merci beaucoup pour votre poème si doux,
lyrique et humoristique à la fois.
Encore merci.
Chaleureusement,
Maria Amaral.


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Toi, mon choix.


A Brigitte Xavier née un 13 juin à Saint Denis de la Réunion.

Dans le vert de tes yeux
Pigmentés de paillettes
Du tonnerre de Dieu
Au mille éclats m'hébètent
Comme lors du coup de foudre
Qui a frappé mon cœur,
Un treize juin d'honneur
Où, les canons sans poudre
Savent qu'au Barachois
Je suis tombé pour toi.


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Initiez-moi ?


Pour exprimer mes sentiments
Initiez-moi en ces instants,
A chouchiller près de son cou
Un chant qui m'est encor' tabou.

Rapprochez-moi du merveilleux,
Du vert lagon de ses beaux yeux,
Où l'éclat des aigues-marines
Aux reflets changeants m'illumine.

Inspirez-moi sur l'apparence,
Les paillettes et les brillances,
Pour l'attirer dans mon soleil
Et que l'hélianthe soit en elle.

Soufflez-moi le chant des sirènes,
En évinçant les turlurettes,
La redondance et les antiennes,
Pour que mes mots deviennent fête.

Épargnez-moi les billevesées,
Rougeurs de ma timidité.
Alors, aidé de Cupidon
Je chanterai sous son balcon.

Je choisirai des mots d'amour
Parés de leurs plus beaux atours,
Pour qu'une perle de bonheur
Sur sa joue glisse vers mon cœur.

Je volerai les pommes d'or
Dans le jardin des Hespéride,
Pour que son cœur ne prenne ride
Et que les Dieux le disent d'or.

Alors, sous l'arbre du poète,
Dans le souffle de mon envie,
J'oserai lui conter fleurette
Dans la chaleur des cœurs épris


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Les doux mots


Quand le lagon bleu de tes yeux
S'embrume d'un voile d'errance
D'un vague à l'âme clapoteux
Ballotant l'espoir en partance
Viens dans ma crique t'abriter
Douce ondine au cœur chaviré.

Quand sur la barque des noirceurs
Mordillée de vagues traîtresses
Se balance l'ennui d'un cœur
Au gré des flots de la tristesse
Largue tes mots de leurs amarres
Dans la lumière de mon phare.

Quand tu me murmures des mots
Si exquis ma douce déesse
Séchant l'onde de mes sanglots
Par touches ouatées de tendresse
Ta bouche fruit de mes voyages
Edulcore tous mes ombrages.

Quand la glace patine un cœur
Dans les frimas d'une existence
Et qu'un hiver si intérieur
Fige les larmes de l'absence
Ravivez la flamme des mots
Pour fondre la douleur des maux.


Chouchiller : Murmurer
Poutounéjer : Bécoter
(Dictionnaire des rimes et des assonances)


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Extase d'Océan (Vague d'amour)
Déclaration d'amour de l'Océan à une plage :


Quand la caresse du Zéphyr
Sur les calanques de porphyre
Me siffle ses airs éthérés
Mon coeur dans le couchant s'embrase
D'un rouge amour baigné d'extase
Sous les étoiles argentées.

Ô crique à la robe pourprée
Tu es mon anse bien-aimée
Qui mouille dans mon va-et-vient
Ses lèvres bées au bleu rivage
Pour embrasser mes coquillages
Qui se grisent dans les embruns.

Ma houle émue d'inclination
Serpente en onde de passion
Et sur mes vagues de tendresse
Aux friselis vibrant d'amour
Jaillit l'écume des mamours
Dans une ivresse enchanteresse.

Porcelaines et fruits nacrés
Sur ta peau de sable dorée
Roulent sur tes courbes ma belle…
Mais, la lune appelle au jusant
Et je chavire en frissonnant
Vers mon tombant où je chancelle.


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Lumière céleste


Basculant dans le gouffre aux pensées pernicieuses
Dans la boue des bas-fonds, je patauge et me meurs
De mon spectre éthéré comme une nébuleuse
Mon esprit s'évapore en un ciel de noirceur :

Les perles carminées des veines tailladées
Roulent en bracelets sur poignets incarnats
Rubis de sang figé, cadeau d'éternité
Pour Madame la Mort qui me prend dans ses bras.

Douce est la caresse des rayons de lumière
Qui éclairent mon âme au sortir de mon corps
Pure blancheur de paix qui ouvre sa barrière
A l'empyrée d'extase où l'amour n'est pas mort.


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