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Je rêve encore... Poèmes Jean-François GRÉGOIRE
Quant un linguiste devient poète, c'est un acrobate des mots et des rimes qui nous convie à une fête du verbe. Des vers courts, acérés comme des scalpels, mais non dénués d'humour et de tendresse.
Comme une étoile qui scintille Sur un trophée d'académie. Comme des yeux qui s'écarquillent Devant l'enfant que tu chéris. Comme un baiser qui me titille Là où tu sais quand je faiblis. Comme ton parfum qui m'émoustille Donnant l'envie d'avoir envie. J'adore, J'adore et je t'adore. J'adore, J'adore et je t'adore. Comme un champagne qui pétille Vantant les succès de ta vie. Comme tes cheveux dans leur résille Mettant à nu ta nuque amie. Comme tes lèvres au goût vanille Me susurrant des mots exquis. Comme nos corps qui s'entortillent Donnant l'envie d'avoir envie. J'adore, J'adore et je t'adore. J'adore, J'adore et je t'adore. Mais sache encore... Comme un marteau sans sa faucille Qui forge la démocratie. Comme un peloton qui fusille La mort pour épargner la vie. Comme des grenades sans goupille N'estropiant plus l'enfant chéri. Comme des nations sans pupille Où l'agression serait bannie. Comme une France qui nasille Sauvée par la vox populi. Comme des jumelles qui brillent Dans un Manhattan rétabli. Comme un drogué qui s'extasie Devant l'arbre à came proscrit. Comme une église qui distille Sa richesse aux âmes meurtries. Comme une arène ouvrant ses grilles Donnant l'envie de voir la vie. J'en rêve encore... Quand je m'endors J'en rêve encore... Si notre amour nous émoustille Au point de concevoir la vie Et que ton ventre te fourmille Quand le bonheur nous réunit, C'est de douceur que je vacille Touchant ton sein, sève de vie Loin des fusils et des torpilles Je rêve, je vole et je prie Sur une terre où les charmilles S'oxygènent hors des brûlis Où les oiseaux sur leur brindille Sont libres de bâtir leur nid Où les ruisseaux sains et dociles Gazouillent au creux de leur lit Dans un univers sans bisbille Bordé de verts tapis fleuris. Près des pommiers et des morilles Qui me font succomber d'envie. J'adore, J'adorerai comme je t'adore. J'adore, J'adorerai comme je t'adore. Comme une horloge sans aiguille, Qui ne fait plus courir le temps Dans les artères de nos villes, Pour suspendre l'amour présent, Je veux planer dans l'air du temps, Dévoiler la beauté des nues, Caresser le souffle du vent, Convoyer toutes les vertus, Accrocher tes maux aux nuages Pour en éloigner tes orages, Partager mes rêves épris D'intégrité et d'harmonie, Vivre avec toi intensément L'amour dans la fièvre du temps, Diffuser la chaleur d'un nid A l'enfant sur l'arbre de vie, Figer le bonheur de l'instant Et le vivre éternellement. J'adore, J'adorerai comme je t'adore. J'adore, J'adorerai comme je t'adore. Mais je rêve sur mon nuage de douceur, Déversant sur la terre une pluie de bonheur, Pour laver les affronts qui irritent les cœurs Des hommes en larmes affrontant le malheur. revenir au début
Triste est la vie sans toi, Triste est la nuit sans toit. Sans toi la vie me tue, Sans toit la nuit nous tue. L'espoir rougit nos sangs Mais, le sang sans la vie, Ne ressent plus l'envie. Je vis en gémissant Et je meurs de non vie Car, je suis sans logis... Pas d'emploi, pas de mois. Pas de mois, pas de toit. Pas d'emploi sans toit Ni de vie avec toi. Honte aux hommes sans foi Qui trahissent nos voix, Préférant la gestion D'un immeuble vide Aux êtres moribonds Glacés et livides Cherchant comme il se doit Dignité sous un toit. Les hommes cupides Assoiffés de grandeur Aux regards avides, N'accordent leurs faveurs Q'aux malins agioteurs, Spéculant sur le dur Ne pensant qu'au futur Sans richesse de cœur. Payés pour regarder L'action bénévole, Ils savent contempler, Les mains dans les poches, Oubliant l'obole Pour ceux qui s'accrochent Pour un franc à la vie, Pour un toit, un sursis, Implorant dans le froid La chaleur humaine De leurs égaux en droits Sans dédain ni haine. Voyez, hommes d'état, Cette pancarte là Qui, non loin de chez vous, Défie ces grippe sous A revoir leurs copies Bien truffées d'inepties, Montrant l'impéritie Des seigneurs du gâchis : " Ci-gît être sans vie Né de la gabegie Des vils rois du gaspi Trônant sur l'incurie ". revenir au début
Quand les flatteurs et laudateurs Veulent percer l'hymen d'un cœur Les chou chichis et momeries Sont des pompons poudrés d'envie. Ces élégants, ces mirliflores Faux audacieux et matamores Aiment courir le guilledou De mots d'amour en billets doux. Ces séducteurs et beaux esthètes Offrent des fleurs dans les courbettes Godelureaux et damoiseaux Marient les mots de Marivaux. Mièvres mignards efféminés Font leur persil rue des minets Pour éblouir les châtelaines Allant courir la prétentaine. Ces dits dandys grandiloquents Ces muscadins outrecuidants Roulent l'amour en hautain fiacre Sur d'obséquieux fins simulacres. Ces madrés flous de l'entregent Affranchissent les faux-semblants Affriolés de lèvres fines Ils butinent la fleur des nines. Danse lascive de gandins Arabesques et jeux de mains Ils se glissent vers les pubères Dans les froufrous des robes claires. Les chatteries des chattemites, Afféterie pour favorites, Grisent lorettes et lindors Ecorniflant les chauds trésors. Frissonnements sur peau velours Délectation de chauds mamours, Curée d'honneur quand ils baptisent L'écrin mouillé de convoitise. Ces fats, farauds et fanfarons Ces finauds fiers et rodomonts Ces gais flambarts de la mondaine Chassent des mies maintes migraines. Mais si l'amour n'est que romance Au diable vert les convenances Car l'entrejambe est au couvert Ce que duvet est à l'eider. Doit-on châtier le freluquet Quand le plaisir est sans loquet ? Doit-on raser la gourgandine Quand du bonnet l'amant opine ? Si les rêves évanescents Défeuillent l'amour marcescent Conter fleurette à chaque envie N'est-ce point là, sève de vie ! Alors que dire à nos cadets Ouvrant curieux leurs clairs quinquets Gourmandise ou flagornerie, Délicatesse ou sauterie ? Merci beaucoup pour votre poème si doux, lyrique et humoristique à la fois. Encore merci. Chaleureusement, Maria Amaral. revenir au début
A Brigitte Xavier née un 13 juin à Saint Denis de la Réunion. Dans le vert de tes yeux Pigmentés de paillettes Du tonnerre de Dieu Au mille éclats m'hébètent Comme lors du coup de foudre Qui a frappé mon cœur, Un treize juin d'honneur Où, les canons sans poudre Savent qu'au Barachois Je suis tombé pour toi. revenir au début
Pour exprimer mes sentiments Initiez-moi en ces instants, A chouchiller près de son cou Un chant qui m'est encor' tabou. Rapprochez-moi du merveilleux, Du vert lagon de ses beaux yeux, Où l'éclat des aigues-marines Aux reflets changeants m'illumine. Inspirez-moi sur l'apparence, Les paillettes et les brillances, Pour l'attirer dans mon soleil Et que l'hélianthe soit en elle. Soufflez-moi le chant des sirènes, En évinçant les turlurettes, La redondance et les antiennes, Pour que mes mots deviennent fête. Épargnez-moi les billevesées, Rougeurs de ma timidité. Alors, aidé de Cupidon Je chanterai sous son balcon. Je choisirai des mots d'amour Parés de leurs plus beaux atours, Pour qu'une perle de bonheur Sur sa joue glisse vers mon cœur. Je volerai les pommes d'or Dans le jardin des Hespéride, Pour que son cœur ne prenne ride Et que les Dieux le disent d'or. Alors, sous l'arbre du poète, Dans le souffle de mon envie, J'oserai lui conter fleurette Dans la chaleur des cœurs épris revenir au début
Quand le lagon bleu de tes yeux S'embrume d'un voile d'errance D'un vague à l'âme clapoteux Ballotant l'espoir en partance Viens dans ma crique t'abriter Douce ondine au cœur chaviré. Quand sur la barque des noirceurs Mordillée de vagues traîtresses Se balance l'ennui d'un cœur Au gré des flots de la tristesse Largue tes mots de leurs amarres Dans la lumière de mon phare. Quand tu me murmures des mots Si exquis ma douce déesse Séchant l'onde de mes sanglots Par touches ouatées de tendresse Ta bouche fruit de mes voyages Edulcore tous mes ombrages. Quand la glace patine un cœur Dans les frimas d'une existence Et qu'un hiver si intérieur Fige les larmes de l'absence Ravivez la flamme des mots Pour fondre la douleur des maux. Chouchiller : Murmurer Poutounéjer : Bécoter (Dictionnaire des rimes et des assonances) revenir au début
Quand la caresse du Zéphyr Sur les calanques de porphyre Me siffle ses airs éthérés Mon coeur dans le couchant s'embrase D'un rouge amour baigné d'extase Sous les étoiles argentées. Ô crique à la robe pourprée Tu es mon anse bien-aimée Qui mouille dans mon va-et-vient Ses lèvres bées au bleu rivage Pour embrasser mes coquillages Qui se grisent dans les embruns. Ma houle émue d'inclination Serpente en onde de passion Et sur mes vagues de tendresse Aux friselis vibrant d'amour Jaillit l'écume des mamours Dans une ivresse enchanteresse. Porcelaines et fruits nacrés Sur ta peau de sable dorée Roulent sur tes courbes ma belle… Mais, la lune appelle au jusant Et je chavire en frissonnant Vers mon tombant où je chancelle. revenir au début
Basculant dans le gouffre aux pensées pernicieuses Dans la boue des bas-fonds, je patauge et me meurs De mon spectre éthéré comme une nébuleuse Mon esprit s'évapore en un ciel de noirceur : Les perles carminées des veines tailladées Roulent en bracelets sur poignets incarnats Rubis de sang figé, cadeau d'éternité Pour Madame la Mort qui me prend dans ses bras. Douce est la caresse des rayons de lumière Qui éclairent mon âme au sortir de mon corps Pure blancheur de paix qui ouvre sa barrière A l'empyrée d'extase où l'amour n'est pas mort. revenir au début |
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