La libre littérature française des Amériques 16 juin 2007
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Mon souffle d'amour
Lettre Ouverte
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APPEL A L'AMOUR


Jean-François GREGOIRE


Jean-François nous donne un échantillonnage de ces divers talents.
Il est aussi à l'aise dans un poème, que dans un plaisant amphigouri, que dans une lettre d'amour écrite par un homme, par une femme ou dans un textes poétiques appelant la réflexion !


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Appel à l'Amour


Initiez-moi en ces instants
A chouchiller à son oreille
Dans la clarté du firmament
Le chant divin qui émerveille.

Rapprochez-moi de ses yeux bleus
Brillants joyaux de pierres fines
Lagon d'azur aux mille feux
Charmants clins d'œil d'aigues-marines.

Apprenez-moi vers et poèmes
En rejetant les faux discours
La redondance et les blasphèmes
Pour que mes mots parlent d'amour.

Evincez-moi des mélopées
Des turlutaines sans tambour
Des balivernes surannées
Pour simplement oser : bonjour !

Chassez de moi billevesées
Babillages et dérision
Alors aidé des bonnes fées
Je chanterai sous son balcon.

Je volerai les pommes d'or
Dans le jardin des Hespérides
Aux yeux des nymphes et lindors
Pour que son cœur ne prenne ride.

Je glisserai des mots précieux
Dans l'écrin doux de l'harmonie
Pour qu'une perle de ses yeux
Vienne à mon cœur troubler ma vie.

Ainsi sous l'arbre du poète
Et dans le souffle de l'envie
J'oserai lui conter fleurette
Dans la chaleur des cœurs en vie.


Chouchiller : Murmurer
Poutounéjer : Bécoter
(Dictionnaire des rimes et des assonances)


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Le bourgeon sacré


Tel un rubis gemme d'amour
Dans un écrin berceau de vie
Bourgeon sacré au gland glamour
Bouton des sens brûlant d'envie.

Telle une fleur caressant l'onde
D'une rivière aux doux plaisirs
Pour que jeunesse au chaud ne fonde
Près de l'oiseau qui fait frémir.

Tel un soldat au mont Vénus
Près du fourré des juvéniles
Bravant l'assaut du flot des russes
En tamponnant l'entrée fragile.

Tel un guetteur très haut perché
Epiant l'oiseau des doux délices
Froufroutant l'air près d'un bosquet
Gibier à plume à barbes lisses.

Tel un bonbon saveur groseille
Sucré salé par maquereaux
Mouillant les lèvres de merveilles
En salivant la libido.

Mais ce lotus en éclosion
Sous sa capuche au fier calice
Emeut la femme en pâmoison
Dans une extase " ondulatrice ".

Belle d'Afrique au corps meurtri
Livrez bataille à tout barbare
Qui jouissant du bistouri
Sans précaution crée des escarres.

Belle d'Afrique au corps sculpté
Défendez-vous contre l'outrage
Car excisée et mutilée
Pas de plaisir sans doux voyage.


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Dernier mensonge d'amour


Mentir,
A l'enfant qui s'endort
Etique et cachectique
Il couche avec la mort
Joueuse maléfique.

Mentir,
A l'amant qui supplie
De soulager ses jours
Sur son lit d'agonie
Pour d'autres cieux d'amour.

Mentir,
A l'être qui expire
Un souffle d'au revoir
Dans un dernier sourire
Pour affronter le noir.

Mentir,
Pour un sommeil de paix
Pour un sommeil…
Pour un…
Pour…

Mais mourir,
Pour épargner ma vie
Qui crève de douleurs
Et qui me remercie
En éteignant mon cœur.

Pff…


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Complémentarité amoureuse.


L'homme aime la beauté du corps,
la femme celle de l'esprit,
mais dans l'amour ils ne font qu'un.
C'est ce qu'on appelle
l'esprit de corps.


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Le mal est une tare
qui pèse sur la balance de l'existence,
mais ne fera jamais le poids
face à la générosité d'un cœur
qui vaut son pesant d'or.


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La mort
est si surprenante
qu'elle vous en coupera
toujours le souffle.


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Très chère audacieuse


Très chère audacieuse,

J'avale doux comme lait la caresse de vos mots et pourtant il appert que vous jetez votre bonnet par-dessus les moulins. Pour tenir le dé dans notre société, je ne peux rôtir le balai avec le demi-monde faute de loger le diable dans ma bourse et d'en payer les violons. Ainsi et vous l'avez remarqué, conter fleurette je le puis encore mais sans sou ni maille et sans chanter pouilles aux mies compassées qui courent la prétentaine et donnent dans le phébus.

Ne faites pas flèche de tout bois, ne mettez pas flamberge au vent et ne vous battez pas les flancs pour récupérer un amour qui n'est pas présent. N'ayez pas l'air de revenir de Pontoise ou d'être prise sans vert car chacun sait ici bas que je ne tourne jamais autour du pot et que je ne suis jamais entre zist et le zest pour dévoiler ce qui me semble sot.

Voyez-vous, je pense qu'à mon égard vous faites la mouche du coche et dans vos intentions vous ne vous mouchez pas du pied pour me jeter de la poudre aux yeux. Enfin, et j'ose vous le dire, je ne fréquente jamais les moutons de Panurge de la rue vison-visu qui jouent dans une société de momeries et ne connaissent pas le vrai amour celui qui dit toujours.

Alors, très chère audacieuse, vous me voyez désolé de ne pas succomber à vos soyeux atours , à vos yeux de velours et de ne pouvoir accepter vos avances minaudières que je connais trop bien et qui voguent ce jourd'hui sur un océan de coeurs en galère.

Mes hommages Madame,
Jean-François Grégoire au masculin.


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Mon souffle d'amour


Les paroles enchanteresses posées sur la partition de nos vies, caressent l'espoir d'un ailleurs partagé de folie. Qu'il est doux de prendre la plume en ce jour finissant pour m'envoler dans un ciel de paix étoilé et retrouver dans mes pensées l'âme aimée d'un homme complice de mes beautés. Alors, j'ose vous envoyer ce souffle d'amour de Lorraine où Verlaine présent à jamais, pleure par-dessus nos rêves, des perles nacrées et diaprées, irisant l'arc-en-ciel de mes projets sur un lac de tendresse, de bonheur et de sérénité. Auréolé d'un halo de douceur, mon esprit vagabonde dans un champ de fleurs et fait danser mes mots qui s'entrelacent d'amour dans le souffle vespéral d'une brise de velours. Ainsi mon doux ami, en ce jour où mon volcan d'envie échauffe mon esprit, je plonge dans le lagon bleu de vos yeux, bijoux coruscants.
d'aigues-marines qui illuminent mon regard des étincelles du désir. Je vous susurre les douceurs des saveurs de mon coeur et dans la sincérité des sentiments, laissez-vous, l'espace d'un instant, vous enivrer des parfums de mes pensées qui dans le doux zéphyr messager, s'effeuillent en nuée de baisers sucrés et duvetés aux promesses les plus osées.

Je vous aime Monsieur.

Au plaisir, mon cher et doux ami,
Jean-François Grégoire au féminin.


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Lettre Ouverte


Dans le vent glacial des sentiments qui souffle sur nos continents, nombreux sont les grains de sable qui voltigent dans les tempêtes de réflexions et perturbent les rouages de l'entendement. Les valeurs humaines sont bafouées au quotidien, l'apparence prime sur la réalité, le virtuel devient réel et la puissance des armes fait couler le sang des enfants innocents. Alors, pour oublier la folie des hommes, j'ose vagabonder dans l'imaginaire pour essayer de retrouver des instants de répit et de consolation. Je saisis mon crayon pour rayer les maux de ce monde et noircir tout ce qui me mine.

Si la violence engendre la violence, l'amour engendre la paix. Devons-nous dicter notre manière de vivre ou respecter la tolérance en acceptant les différences culturelles qui nous grandissent dans l'échange ? Ne devrions-nous pas accorder au peuple du monde entier plus de représentativité, de droit à la parole et de vote de raison pour éviter les régimes totalitaires et les pouvoirs dictatoriaux ? Devons-nous décrire les mensonges et décrier les vérités de notre société en n'arpentant que les quatre coins de notre salon ? Ne devrions-nous pas ouvrir toutes les frontières à la communication et interdire légitimement les censures de l'information pour ne pas museler la liberté d'expression des hommes de réflexion ? Écrire c'est agir mais critiquer sans s'investir ne vaut rien. Alors, lorsque l'image légitime les mots, nous devons crier les vérités à la face du monde et peindre les outrages du temps. Je partage l'opinion de Doris Lessing quand elle disait : " Il n'y a pas de grandeur où il n'y a pas de vérité ". Ceci est beau, ceci est grand mais la vérité est l'arme de l'impertinent et le mensonge reste et restera celle du conquérant. Je suis un poète qui livre des bouquets de mots pour fleurir vos pensées mais j'essaie de communiquer pour exister et tendre la main à ceux qui, dans le désarroi, s'accrochent à un souffle de vie, à une voix, à un toit…

Le mal est une tare qui pèse sur la balance de l'existence mais ne fera jamais le poids face à la générosité d'un cœur qui vaut son pesant d'or. Alors, n'ayez pas peur de brandir les banderoles de l'injustice, claquant dans le vent messager, les mots qui décrivent et dénoncent les maux des puissances infernales. Il y va de notre éthique car les jalons que nous alignons sur la route de la vie représentent la mémoire du temps et guideront nos enfants à se repérer dans l'héritage culturel que nous leur confions. J'ai confiance en l'avenir car si un point d'ébullition peut devenir point de fusion, un point de nœud peut se transformer en point de dentelle.

Pourtant je rencontre encore des épéistes du mot qui par touches piquantes ulcèrent les âmes sans révérence. Ils se veulent d'esprit mais ne parlent pas par pointes. Tout assaut empoisonné d'irrespect est une atteinte à la dignité de tout un chacun. L'irrespect ! Voilà un mot qui gagne du terrain et qui viole même nos intérieurs d'humiliations pour que les associations caritatives et humanitaires trouvent vie dans leurs actions. Est-ce un projet fou que de vouloir vivre dignement dans l'égalité des droits ? N'y a-t-il aucune passerelle d'insertion entre l'opulence et la mendicité ? Je l'ai souvent dit, il est intéressant de constater que chaque projet a besoin de son contraire pour vivre mais sur le terrain, de telles associations voudraient sincèrement disparaître pour ne plus combler le fossé de la fracture sociale. C'est par l'absence de ces organisations pourtant si merveilleuses de générosité que force sera de montrer et de prouver à la face du monde l'épuration réelle de nos mœurs et de nos comportements. Assurons l'équité pour que la dignité des hommes s'exprime dans le respect des égalités des chances.


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Le poids mort du vide


Bien que le suicide soit souvent considéré comme un acte de lâcheté, ne devrions-nous pas désavouer cette vérité littéraire quand celui-ci s'accomplit dans un paysage de déprime ou dans un désert d'oubli et d'abandon ! Le vide de la solitude s'installe en déréliction pour devenir hallucinogène et déforme la lucidité de la moindre réflexion. Les tempêtes dépressives détruisent les idées réfléchies et sèment l'attention dans le vent de l'inconscience. Alors, dans le ciel noir des visions floues, des mirages chatoyant de perfidie viennent griser l'esprit éthéré qui se perd, parfois sans retour, dans l'ensorcellement d'un marasme devenu séduisant.

Quoi de plus lourd que le vide dans une solitude qui nous pèse ? Si l'amour perdu peut vous écraser sous une chape de plomb amalgamée de peines et de pleurs, il peut aussi vous faire perdre la raison. Quand vous vous noyez dans un torrent de larmes, les idées pernicieuses viennent souvent vous faire la cour, vous charmer, vous séduire pour que vous embrassiez leurs désirs qui vous amènent au dernier soupir. Posé sur le fil du rasoir, l'équilibre devient fragile et le moindre souffle d'abandon peut vous basculer dans les ténèbres des griffures du temps. Le remède serait de penser positivement et de croire que chaque mot a besoin de son contraire pour créer un équilibre de vie dans un dialogue de partage. Ainsi pour vivre le bien a besoin du mal, le vrai a besoin du faux et Dieu a besoin du Diable pour se faire remarquer et guider nos pas sur le chemin de la félicité.

Si Dieu est en chacun de nous, peut-il être à l'écoute de nos malheurs quand nous nous exprimons avec inconscience ? Quelle réponse ou solution à un message incohérent, à un esprit torturé ? Les forces spirituelles qui s'affrontent sur un champ de déshonneur sont-elles d'égales valeurs ? Dialogue je disais ! Avec qui ? Qui se retourne encore sur le sort des autres ? Dans une société de non partage, on reconnaît sa réussite par rapport aux faillites des autres. Pourtant pour casser la solitude des humbles, de nos égaux en droits, il faudra bien un jour tendre l'oreille et la main. Ne manquons-nous pas, nous aussi de courage et de vigueur morale quand nous fuyons un acte d'entraide ? Une société intelligente ne peut grandir dans la marginalité de la maudite engeance ni dans les bandes hostiles au respect de l'égalité des droits. Alors lorsque nous nous voilons la face face au désarroi d'une âme en détresse, à l'éviction, à la misère d'un être en perdition, sommes-nous réellement en paix avec notre conscience ? Qui ferme les yeux pour devenir lâche ? Le dépressif ou " l'autre " qui le regarde sans sourciller ? N'y aurait-il pas là un refus d'aide à personne en danger ? Une incitation à l'acte fatal ?

A tout instant la tristesse peut frapper à votre porte mais sachez que son contraire n'est jamais bien loin pour essuyer vos larmes et sécher vos pleurs. N'oubliez jamais que les distances vous sembleront toujours courtes quand un proche vous attend au loin. Pensez que le mal est une tare qui pèse sur la balance de l'existence, mais ne fera jamais le poids face à la générosité d'un cœur qui vaut son pesant d'or. Il est nécessaire de se sentir et de se savoir aimé. Dans ces moments de désarroi, soyez aussi à l'écoute de votre voisin et combattez ensemble l'isolement et la solitude. N'est-ce pas dans la difficulté que la grandeur et l'efficacité des hommes se dévoilent ? Pour exister l'homme doit communiquer et abandonné, loin de ses proches ou de l'amour de son prochain, il n'est rien de moins qu'un mort ambulant dans un désert de vie. Pensez-y !


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