caloucaera poésies       Version du 30/11/2003


Accès aux Poèmes :

Solitude
Mains de Femmes
Adieux
Tu ne sais jamais...
Nuages !
Les 40 voleurs


Retour à la page d'accueil.

Retour au site portail





Solitude


Poèmes de Jean CAMPION


Voilà, qu'à présent, Jean CAMPION, chante l'amour.
Oh, pas l'amour béat ! Chez ce poète intelligent, mais, ô combien sensible, l'amour est plus souvent douleurs que plénitude.
Écoutez le faire ses adieux à une Belle. Quelle plus élégante et pudique façon de masquer la peine qu'engendre une déchirure. Avec Jean, la poésie chemine toujours sur les hauteurs de l'esprit, mais que ses poèmes sont beaux !
Et puis, voilà la Belle qui ne savait jamais dire "non". A mes yeux, une chanson poétique qui vaut celles de Georges Brassens, grand compliment, s'il en est !
Plus loin, nous avons droit à un "Nuages" qui a la fine nostalgie de la musique du grand Django, puis à l'exercice périlleux, mais parfaitement réussi d'un acrostiche.

revenir au début













































Solitude :


À l'heure où l'ombre du mystère
Étends son lourd manteau d'ennui,
Rêvant à l'aube salutaire,
J'accepte le froid de la nuit !

Crois-tu pouvoir réduire en cendres
Mes pauvres souvenirs passés ?
Pour moi, je ne puis me déprendre
De tant de rêves amassés.

Prêtresse de ma solitude,
Puisque me voici désarmé,
Tu peux, en ta sollicitude
Me consacrer au mal d'aimer !

On dit qu'au creuset du silence
Se forge l'espoir du retour…
Peux-tu me donner cette chance
D'ébaucher des rêves d'amour ?...

Déjà, là-bas, perçant la brume,
L'aurore de ses traits dorés
Poursuit la nuit qui se consume :
Pour moi, c'est l'heure d'espérer !


revenir au début











































Les mains de femmes :


Ta main de femme a le pouvoir
D'éterniser ma rêverie.
À sa présence, dans le soir,
L'espoir s'embrase en féerie.

Je t'aime, douce main de femme
Attentive au moindre baiser,
Sortilège mouvant, ton charme
Se veut félin pour apaiser.

Frôleuse pour donner l'amour,
Expressive pour implorer,
Étrange rameau de velours
Surgi d'un cœur pour apaiser !

Au cadran des heures paisibles
Où veut s'écouler le bonheur,
Tes mains forgent des impossibles
Pour réaliser des splendeurs.

Sur le berceau, c'est la caresse,
Si riche de maternité,
Que ta main lègue en allégresse
Au fruit de ta fécondité.

Et quand sur de fines dentelles
Elles composent des trésors,
Ne sont-elles pas sensuelles
Tes mains s'offrant sur ces décors ?

Minute douce, ou temps de peine,
Tends vers moi tes doigts de satin !
J'y poserai, quoi qu'il advienne
Le trait d'union de nos destins.


revenir au début









































Adieux :


Tu vois, ce n'était rien qu'un beau rêve qui passe,
Qu'un élan de jeunesse en mon cœur déjà las.
N'y pense plus, veux-tu ? C'était bien trop d'audace
D'avoir voulu t'aimer… Je ne comprenais pas !

Je ne regrette pas ce long état de grâce
Qui préluda pour moi le moment de l'aveu.
Puisse l'indifférence en effacer la trace :
C'est, mon aimée d'un jour, le plus cher de mes vœux.

Que veux-tu ? Rebâtir sur un amas de peine,
C'est un peu s'asservir à malmener l'amour.
Comment aurais-je pu te vénérer en reine
Sans t'offrir le brio que réclamait ta cour ?

Nous voici reparti… Que nos deux parallèles
Ne s'écartent jamais de leur commun tracé
Tu deviens l'impossible ; en cela tu recèles
Le charme auréolé d'un espoir effacé.

J'ai tout appris de toi sans friser l'abandon.
J'ai su pleurer ta peine, aimer ton allégresse.
Te quitter sans avoir à gémir un pardon,
Ce départ n'a-t-il pas un parfum de jeunesse ?

Que beaucoup de bonheurs fleurissent sur ta route
Et que, demain, l'amour t'accorde ses frissons.
J'ai trop vécu l'enfer à mesurer tes doutes
Pour ne pas te rêver de touchants unissons.


revenir au début









































Tu ne sais jamais dire "non" :


Je t'ai cru tout d'abord un objet de scandale
Livrant à tes galants le trop plein de ton cœur,
Ignorant qu'à ce jeu la plus pure Vestale
Risque de voir son feu s'éteindre dans les pleurs !…
Mais c'était là bien tes façons :
Tu ne sais jamais dire " non ".

Puis, je me suis surpris à gratter à ta porte
Et curieuse et câline tu me pressas d'entrer ;
Mais au jeu de l'amour, tu étais la plus forte :
Je n'aurais jamais dû sous ton toit pénétrer.
Je vais t'en dire la raison :
Tu ne sais jamais dire " non ".

Avec toi j'ai bâti des châteaux en Espagne,
Avec toi j'ai rêvé mon comptant de bonheur ;
Gentiment tu montais à ton mât de Cocagne
Pour m'aller décrocher les trésors de ton cœur.
Gentille jusqu'à l'abandon :
Tu ne savais pas dire " non ".

As-tu parfois songé que l'instant de l'invite
Est moment précieux et fragile à la fois ?
Si tu veux mon amour, je t'en prie, prends le vite !
Ne laisse pas mon cœur près de toi prendre froid !
Dis-moi " je t'aime " à ta façon,
Mais surtout, ne me dis pas " non ".


revenir au début









































Nuage !


Au moment de notre rencontre !
Il nous semblait, c'est bien certain,

Que rien ne viendrait à l'encontre
Pour perturber notre chemin.

C'est bien dommage, mon amour,
Le ciel pour nous était si bleu :
Aucun nuage aux alentours,
Aucun nuage dans nos yeux !

Il a suffi que mon " absence ",
Insupportable pour ton goût,
Vienne perturber en silence
L'attrait de rares rendez-vous !

Mais que veux-tu donc que je pense,
Quand, (loin des yeux, c'est loin du cœur),
Tu vas combler ton impatience
En recherchant d'autres bonheurs ?

Un peu de toi s'en est allé
Dans le gris d'un ciel incertain
Au fond de moi s'est installé
Premiers regrets, premier chagrin !

Si ce nuage qui se glisse
Vient perturber nos firmaments
Je fais un vœu pour qu'il ne puisse
Porter ombrage à nos serments !

Jean


revenir au début









































Les Quarante Voleurs


Les souvenirs charmants de notre tendre enfance,
Ajoutés au parcours de vécus incertains,

Cernent notre présent, jusqu'à mettre en balance
Avec acharnement nos espoirs, nos destins.
Vous qui voulez aimer, avides de tendresses,
Essayez vainement d'inverser ces valeurs :
Rien n'échappe au fouillis de ces mille richesses
Ni à la spoliation des " quarante voleurs "
Engrangeant à vos frais vos vœux et vos désirs,

D'essayer de forcer l'entrée de la caverne
A dessein d'y puiser de meilleurs avenirs ?…
Laissez plutôt ce soin au destin qui gouverne :
Il est souvent plus apte à guider votre cœur !

Ballottés dans ce monde, au gré de vos errances,
Acceptez cette loi : vous sortirez vainqueur !…
Balisez vos chemins, en restant en silence
Attentifs aux méfaits des " quarante voleurs " !…


revenir au début









































Ombre :




revenir au début