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POEMES PLUVIEUX
Israël Jacob Baruc MEKOUL
Bien qu'ayant beaucoup voyagé et s'être largement ouvert à la culture française, Israël reste proche de son Afrique natale.
Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit Voilà mes doux vers, huit strophes Pleurent sur le chevet des lits assoiffés D’amour, de chaleur et d’espoir. Quand il pleut sur mes vers C’est la brume qui s’endort Dans les bras de l’azur éclairé Par tant de joies, de bonheurs tristes. Salut rimes joyeuses Salut vers épanouis Par des voyelles Par des syllabes. Heil sur l’alphabet de vie Qui sur sa tige de vie Laisse couler la sève Des mondes heureux. La rime est un petit jeu Que je me fais en temps froids Sur ma table de travail Eclairé par un moniteur. J’aime le velours de mes vers En temps de froid quand il brume J’aime leur corsage Quand il valse la vie. Non, ne vous arrêtez chers amis Allez y dans cet enclos humain Accueillir l’homme offensé Pour le conduire dans le pâturage éternel. Où je broute, je broute Jambes ouvertes la vie Qui se donne à moi Comme le fils de l’homme à ses brebis. revenir au début
A Silvaine Arabo Le jeune homme a vu la jeune fille La jeune fille a vu le jeune garçon Les deux jeunes se sont vus Les deux jeunes se sont cru Leur vision ne s’est pas vu Le bambou a été cassé Ils ont cassé le bambou Ça a fait un tabac le tabou Le bambou ban au bout Du banc du big bang Fait ses calembours Sur le tambour du vers Le vers donne son dos Il fait ses rondeaux L’amour fait dodo. revenir au début
Qui a tort Ou raison ma vie Dans cet amour déchiré ! Lequel de nous est blessé ! Voilà ce qu’on a fait de mon amour Pourtant je n’attendais que toi Pourtant je n’espérais que toi La guerre t’a emportée La guerre t’a séparée de moi Hier encore on vivait un amour Partagé que des salauds ont brisé O mon avenir c’est toi Mes souvenirs c’est toi, tu le sais O mon amour, à jamais, à jamais Tu t’en vas, tu t’en vas Regarde, pour moi Le monde s’est déjà arrêté. Je porterai ton deuil dans la douleur Espérant que me reposant près de toi L’outre vie reliera ce lien délié Par des mauvais signes obscurs Et des rumeurs noires Adieu mon amour. revenir au début
Je viendrais à la Cathédrale Malgré les troubles qui m’accablent Je viendrais à la paroisse Malgré les misères qui me rougissent Je viendrais à la mosquée Malgré les doutes qui me misèrent Je viendrais au temple Malgré l’angoisse qui me ronge Je continuerai à venir Malgré les multiples choix offerts Je ferai un effort d’être toujours là Malgré le cœur pesant Je ne pourrai qu’être là Malgré mon désir de vouloir changer Je serai sincèrement toujours là Malgré ce qui se dit Malgré les incertitudes qui planent Malgré les incompréhensions qui règnent Malgré les vérités qui surgissent J’y serai là cher grand ami Parce que je n’y peux rien Parce que tu as levé la barre si haut Avec cette affaire de mort Que le pari ne vaut plus sa peine Même s’il glace de mort Sans mentir je serai là J’y serai cher grand ami Parce que tout proclame ta vie Regarde la terre si merveilleuse Regarde la faune qui s’émeut Regarde la flore qui s’épanouit Regarde le ciel qui sésame Regarde l’homme qui vit N’aie crainte cher ami Je resterai chez moi. revenir au début
Tenez-vous enfants Tenez-vous la main Les crimes du temps Seront sans lendemain. Nouveaux-nés nous avons pleuré Enfants on ne fait que pleurer Adolescents, cœurs éplorés Adultes, nous voulons rire. Toute la vie que de misères ! Eh non ! Les joies éphémères Ne seront plus si attristées ; Que nos maux ne soient plus listés. Jamais l’homme ne compte le bien Du bien, il ne sait en faire sien Et les cœurs souffrent, meurent De tant de remords et d’erreurs. Seigneur, ce vase argile [Christ] remplis-le de la sève de vie Pour que je demeure agile Et que nos cœurs unis, soient ravis. Que ton nom, Roi, soit sanctifié Mes fautes, essaie d’en rectifier Seigneur, je suis fait de terre Seigneur, je vis sur terre. Christ, est-ce ici ton image ? Bouddha, est-ce toi que je vois ? Suis-je, ô Mahomet, souple à tes lois Mon image, ô Confucius, ton image. Je suis sale par les guerres Sale, je suis, je luis, sale Comment mettre fin aux galères Comment laver, cher Valjean ce corps sale ? Faudrait-il rencontrer Denis Arcabas ou Boudjeka peintre Pour me portraire ? Ô Thésus ! Ô christ ! Non ! Pitié ! Pitié ! Maître ! Je perds de plus en plus la vie Ta lumière éclaire s’envole Je m’envole, je suis lié et sans envie Il faut qu’on m’isole, m’immole ! Brise la peine de mon faux cœur Redonne-moi ton beau souffle Ecrase mon orgueil, mon malheur Et toi et moi, un beau couple. Afin que tout homme te croie Qu’il sente la responsabilité Qu’il te respecte, qu’il ne te toise Pour sa paix, sa vitalité. Que nos cœurs s’épanchent vers toi Qu’ils apprennent tes beaux conseils Et qu’ils ne se fient à leur loi Celle des succès sans oseille. La chaîne humaine brille, luit L’homme ressent la menace Et se dit : « Que le mal meurt, fuit Pour donner vie à ma race. Comment puis-je aussi souffrir Creuser chaque jour ma tombe Alors que je dois m’épanouir Plus que jamais que je ne retombe. » Et l’homme vient de prêter serment Stop Groznie ! Stop Jérusalem ! Stop Caracas! Stop Harlem! Stop! Ecrasez-moi ce serpent! Ce siècle fête son premier jour Et il sera sans décalage [Dans tous] les calendriers pour toujours L’homme dit : « Veuillez serviteurs anges » Veuillez sur l’homme. revenir au début
Ils sont si nombreux Ceux qui ont faim Ils sont si chers Ceux qui ont faim Mes frères de partout Adossés sur des murs Adossés sur des armes Rêvant d’en faire du pain Ils sont si utiles Ceux qui ont faim Derrière ces verrières C’est de la vie qui vit Mais comment envier La vie quand elle est déviée Comment comment l’envier Elle la vie quand sans levier On vous oblige à nettoyer l’évier Comment comment je me demande bien Comment peut-on jeter la nourriture Quand d’autres fouinent des poubelles Comme des musaraignes Comment peut-on être obèse et s’en vanter Quand d’autres maigrissent et s’en plaignent Pas d’argent faute d’argent faut de l’argent Wrangler ! Cœur de lion ! Cardin !Chevrolet ! Y a t-il une honte à rêver de beaux rêves ? On vous dit bon appétit Pourtant sans zapetti Pourtant sans lit Pourtant sans tangui Appétit de quoi appétit avec quoi Cassez vos dents mangez les Coupez votre corps mangez le Vous ferez la chirurgie esthétique Le bonheur on en rêve Mais quand le minimum vous manque Mais quand le quotidien vous manque Quand vous vivotez avec moins de 2300 calories C’est plus que de la vache qui rit Ça ne rit pas et c’est marrant que des types Grassouillets vous rient au nez Et vous parle des réformes et des ambitions Quand au matin on a versé ce qui peut Vous nourrir pendant des jours La tentation n’est-elle pas grande De tremper qui ne veut tremper Si ce n’est celui qui veut ramper Mais qui veut rester bébé l’abbé Mais l’abbé vit bien et n’ a jamais Pour tout le monde ah ah j’en ris C’est vrai que tout le monde n’est pas ami De l’abbé que de croyants peu de croyants Cette affaire nous vient du ciel Mais l’abbé nous on le connaît Derrière ces verrières Des ventres sont vides Derrières ces verrières Des têtes se demandent Comment elles feront Derrière ces verrières Le café chaud le pain chaud Il semble que c’est pour les autres Pourtant derrière ces verrières La vie elle veut se partager Elle veut sourire à tout le monde Elle veut s’ouvrir à tout le monde Mais hélas prenez ça comme ça Ceux qui estiment que nous N’avons jamais de l’appétit Voilà une bouteille à leurs tables Nous nous aussi maintenant Nous avons de l’appétit Zapetti. revenir au début
Ce jeu, faut pas que je le joue Longtemps. Ce jeu, c’est celui qui se joue Sur ma joue. Nous, nous ne ferons pas comme l’agneau De Jérusalem Qui malgré la première sanguinolente présenta La deuxième. Nous, nous ne ferons pas non plus comme l’agneau De l’onde Qui malgré son innocence et son respect aveugle Fut dévoré. Assez joué avec nous Chers joueurs Assez écourté avec nous Chers joueurs. Une, deux joues Qui saignent C’est vous empêcher De vivre. Or, nous, nous voulons Vivre Transmettre à ceux qui viennent La vie. Leur laisser un héritage Riche Qu’ils laisseront un jour Aux autres. revenir au début
Cri des terres abandonnées Quand elles doivent produire Des richesses pour les affamés Sans étoiles pour éclairer, luire. Cri des terres surexploitées Quand elles doivent être conservées Pour les générations futures Dont le présent ne réserve que du souffre. Cri des terres défoncées Quand elles doivent être protégées Des intempéries naturelles Et des incursions surnaturelles. Cri des terres mal gérées Quand les richesses sont confisquées Par une minorité galopante Au profit d’une majorité misérante. Cri des terres surfacturées Quand les capitaux sont détenus Par des capitalistes inhumains Délivrant des espoirs voraces et coquins. Cri des terres délogées Quand les ayant droit sont expropriés Par des hors-la-loi sans scrupules Crapules, crapules, crapules. Cri des terres sans sauvegarde Quand le monde s’effondre Quand riches et pauvres s’effondre Quand la terre s’effondre. revenir au début
A Kofi Annan John Garang ! Garang John ! Kofi Annan! Annan Kofi! Que fais-tu dans ce four De braise qui braise nos fils ? Tu as combattu le bon combat Et l’albatros à été recalé sur les collines Eh oui, la montagne a ses canons Que seuls les oiseaux voient Quand ils tonnent, on observe la fumée danser. La montagne a-t-elle puni tes multiples indécisions ? Aujourd’hui tu arrêtes la folie Demain tu enrages la rage. Ces vies que des canons caressent Pour un paradis de merde justifié Pourquoi nous existons et hésitons C’est de l’eau de-vie et de-mort Où est Ghali ! Où est Makéba ! Où est Nobel ! Ceux qui financent les rebelles ! Ceux qui financent les milices ! Ceux qui fabriquent les groupes armés ! Ceux qui arment les mouvements ! Ceux qui divisent pour mieux régner ! Ceux qui règnent pour mieux diviser ! Ceux qui financent les factions rivales ! Ô John, te voici dans les teignoirs. Ceux qui t’ont trompé ! Ceux qui t’ont foutu ! Ceux qui t’ont bazardé ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Fallait les voir rire sur ta tombe Ah, John Garang ! Jonas Savimbi ! Charles Taylor ! Che Guevara ! Mais Jean ! Mais Jonas ! Etait-ce là la mission de Ninive ! Sur ta couche sombre, reposent tous les dealers Non tu as fait des études de droit Mais tu as oublié la règle du pouvoir Faudra la demander à Blair ; lui il la maîtrise. Quel destin pour tous ceux qui croient Gouverner par la force des armes. Et entre temps, Des enfants enrôlés Des enfants martyrisés Des enfants éteints Guerre ! sécheresse ! misère ! On viole, on tue, on égorge impunément ! De prix nobels emprisonnés Des hommes utiles éconduits Des aides humanitaires refuseés Des orgueils politiques applaudis ! Al Fachir ! Arusha ! Juba ! Gulu ! Tongil ! C’est le Sud ! Que toujours le Sud ! Ça commence toujours au Nord, à l’Est, à l’Ouest, au Centre Mais ça va toujours s’embraser au Sud. Le Sud du Liban ! Le Sud du Tchad ! Le Sud du Soudan ! Le Sud du Sahara ! Le Sud des États-Unis Le Sud du monde ! C’est le Sida ! C’est le paludisme ! C’est la tuberculose ! C’est les maladies émergentes ! C’est les réductions de la dette ! C’est la corruption galopante ! C’est les inondations ! C’est l’analphabétisme ! C’est la guérilla urbaine ! C’est l’exode rural ! C’est l’immigration clandestine ! C’est l’insécurité urbaine ! C’est la pauvreté des agriculteurs ! C’est les fonctionnaires mal traités ! C’est les chômeurs mal traités ! C’est les étudiants sans destin ! C’est les diplômés sans festin ! C’est la vie qui manque ! C’est la vie qui plante ! C’est toujours le Sud ! C’est John Garang ! Rumbeck ! Bastion de John Pleureras-tu près de ta mort sous la croix qui purifie Le sang des innocents tués Les sang des vies triturées Dans le sommeil de la douleur et de l’oubli Balles et bulletins peuvent-ils cohabiter ? Non, nous ne voulons plus ce mariage Non, nous ne voulons plus ce commérage Soit les balles et emballez Soit les bulletins et votez Pourtant ce matin, la colombe est partie d’Addis Abéba Elle devra se poser comme la flamme olympique A Joburg. C’est sans doute un signe des temps. revenir au début
Cher ami, si ta vie n’est que souffrance Cher ami qu’as-tu à perdre Si ta vie, cher ami n’est que souffrance Vas-y , bats-toi Mais retiens que, sache seulement que, Si ta vie n’est que souffrance Si en toi ne brille que l’ombre sombre Des jours amers qu’on désire vite oublier Protège au moins ton âme. Illusion ou vérité : teste Pascal Surtout, arrête de brûler et de casser Le karcher, ils se sont trompés Le karcher, c’est pas pour les sentiments nobles Le karcher, malgré la pauvreté apparente C’est pas pour ceux qui disent « En vérité, très sincèrement » Mais qui se trompent en nous trompant. Ne va plus prendre les bombes pour de l’argent Non ! Arrêtez d’armer mes frères Non ! Arrêtez d’inculquer des idées noires A des anges venus partager des roses ! Non ! Envoyez-vous mêmes au front ! Vous comprendrez la chaleur des canons ! Vous comprendrez la brûlure qu’on ressent Quand on tue on mange sa chair crue Quand on boit ses urines Vous comprendrez la fraîcheur des veillées A débusquer un ennemi, A débusquer, que dis-je, un ami. Si tu regrettes le soleil Si les fleurs de Yaoundé N’exhalent plus ces roses énivrantes Sache que tu as un grand bonheur C’est celui de vivre pour les tiens C’est celui de laisser un souvenir C’est celui de protéger ton âme. revenir au début
A Elif Safaq Les uns ont construit Les autres ont détruit Les uns ont tout donné Les autres ont tout saccagé Les uns ont tout abandonné Les autres ont tout bazardé Les uns ont tout dirigé Les autres ont tout mal géré Et les uns ont regretté leurs cœurs Et les uns ont regretté leurs œuvres Et les uns ont pleuré leurs sacrifices Et les autres se sont mis à rire Et les autres ont vite oublié Et les autres n’ont rien compris Et les autres ont tout compromis. revenir au début
Celui qui ne sait jamais attendre Celui qui a horreur des concertations Celui qui se nourrit du sang des innocents Celui qui pille sans rendre compte Celui qui est voué à l’humiliation Celui dont les marabouts on toujours trompé Celui dont les financeurs fourrent dans le cul-de-jac Celui dont le réveil tardif ne sera que négatif Celui dont le dépôt des armes conduira à sa chute Celui qui prit dans l’étau des compromis Risque fort bien de rester à Fort boyard Le bel rebelle regarde avec attention les appels de réconciliation qui lui sont adressés. Toujours imbu et arrogant, il rejette tout. Des émissaires sont même envoyés à ses genoux, il crache sur eux. Des grosses propositions sont même faites pour lui, il y démasque une tentative d’assassinat. Certains envoient des bébés de dix ans négocier avec des émissaires. D’autres, quand ils ont déposé les armes prétendent que le pouvoir leur reviendra tout de go. Ils confondent l’état de nature de Hobbes où le loup ne peut que l’emporter sur l’agneau à la société de Tocqueville où la loi du plus fort est diffuse par la victoire aux urnes et par la gestion du pouvoir suprême. Attendre est une blessure dans le cœur du rebelle. Il aime que ça aille vite. Il n’a pas de modèle à suivre. Il est son propre modèle. Ceux-là même qui lui envoient des émissaires et qu’il éconduit froidement sont ceux-là mêmes qui lui proposent des gros sous et des armes. Il rejette les émissaires et il empoche l’argent. Il vit loin des civilités. Mais que veut-il donc : le pouvoir suprême ou continuer à déstabiliser la région en occasionnant la mort des innocents, la fuite des populations et la chute des mariages ? Nul ne sait. Mais une chose est sûre : il mène la guerre de contrôle d’une région. Alors, quand, il a assez empoché de l’argent. Alors quand les émissaires ont réussi, je ne sais par quel truc, à le ramener à considérer que le pouvoir civil et le commandement suprême demandent de la préparation et du temps, quand enfin on lui a proposé le poste d’éternel vice-président qu’il refusait auparavant, et qu’il a finalement accepté, on se rend compte que ce type n’est guère un fin stratège. Peut-on accepter ce qu’on refusait avant ? Peut-on accepter quand on a tué des innocents ? C’est bête, non ! Notre rebelle est bête ? La lumière lui étant invivable, incapable de retourner à la caverne, la seule façon de lui donner une importance, c’est de l’envoyer à une mission ou à une conférence et de trouver un de ses anciens protégés pour qu’il l’élimine. Voilà le lourd tribut de récompense que le ciel accorde à ceux qui ont horreur de la clarté et qui tuent pour espérer ne jamais être tué et mourir. Celui qui ne sait jamais attendre Celui dont les financeurs fourrent dans le cul-de-jac Celui dont le réveil tardif ne sera que négatif Celui dont le dépôt des armes conduira à sa chute Celui qui pris dans l’étau des compromis Risque fort bien de rester à Fort boyard. revenir au début
Ceux qui étaient partis pour la paix N’ont jamais pu partager le lait Faute de temps, faute de camp Faute de paix, faute paix, faute de paix. Bagdad ! Cœur de mes richesses naturelles ! Bagdad ! Cheval-roi de mon empereur ! Bagdad ! Source thermale de mes moments de froid ! Bagdad ! Paysage de mes rêves naturels ! Te voilà ! Te voilà ! Te voilà ! Le poète te décris en pleurs trois fois Pour exprimer sa vive émotion sous une loi Qui te dévoie, qui t’enfonce, qui te mets à plat. Et dire que Washington nous promettait Que le lait coulerait dans le Tigre et l’Euphrate Et dire que New York nous promettait Qu’on se promènerait dans tes rues sans tigre. A jamais donc la paix sur ces femmes A jamais donc la paix sur ces hommes A jamais donc la joie sur ces garçons A jamais donc la joie sur ces filles Ces femmes, mères, épouses des Antillais Ces hommes, pères, époux des Papouasiens Ces garçons, frères, amis des Esquimaux Ces files, sœurs, amies des Malgaches. Mes peuples et moi d’Afrique dans ta Mésopotamie Viendront rendre hommage jusqu’à la lie Aux vaillants hommes qui ont tout quitté Pour venir te protéger bien que par toi insulté. Ici, des camions explosent ! là des marchés explosent ! Ici des vies partent ! là des corps pendent ! Ici des innocents tués ! là des kamikazes torturés ! Ici des convois piégés ! là des casques bleus émiettés ! Plus loin, dans une ruelle où Chi’ites dansent C’est des canons et des tirs qui attristent Plus loin, dans une ville où Sunnites chantent C’est des bombes et des explosions qui ratissent. Ô New York, en fallait-il autant Pour nous replonger dans les moments Obscurs de nos vies ? Comment En arrive-t-on à cela en ce temps ? Maintenant donc que tout est confondu Civiles innocents et civiles revanchards Tous dilués dans la cendre chaude des tirs Maintenant que tout bonheur est fondu Comment rétablir la paix dans ce milieu Comment redonner espoir dans ce milieu Comment reconstruire dans ce milieu Comment faire tout oublier dans ce milieu. Bagdad, c’est Khartoum dormant sur une vipère Bagdad, c’est Nairobi rêvant sur un guépard Bagdad, c’est Kaboul roucoulant sur un échassier Bagdad, c’est nos peurs, nos menaces de pourchassés. Dans les chants doux entonnés dans les rues de Tahiti C’est l’espoir des peuples affamés de Haïti Dans les chants doux entonnés dans les rues d’Angleterre C’est l’espoir d’un peuple épris d’amour pour sa terre. revenir au début
À Georges Pompidou et Sédar Senghor. Où c’était encore ? C’était à normal sup ! C’était où, rappelez-moi ? Et je dînais avec mes emblématiques A Rue Saint-Guillaume Ceux qui gouvernent Ceux qui veulent gouverner Ceux qui gouverneront S’enfoutent de nos pauvres diplômes S’envoûtent de nos pauvres enthousiasmes Ramassés sur des campus mal lotis. Il faut qu’on aille à Rue saint-Guillaume Il faut qu’on aille à Rue Sainte-Anne Ceux qui gouvernent Lorgnent avec dédain la marche des étudiants Quand ils veulent que leur condition de vie change Ceux qui gouvernent Oublient qu’hier, hier, hier encore Ils étaient pareils à nous Ceux qui gouvernent Accordent plus d’oreille aux autres corps Parce qu’ils ne constituent pas de risques pour eux Ceux qui gouvernent Passent leur temps à épier les étudiants Ceux qui gouvernent Adorent qu’on vienne applaudir leur ronronnement Ceux qui gouvernent Semblent ne rien n’attendre des jeunes Ceux qui gouvernent Détestent discuter avec ceux qui cherchent leur chemin Ceux qui gouvernent C’est un peu un ex-rebelle libéré Ceux qui gouvernent Adorent travailler avec les illettrés Ceux qui gouvernent Pensent que la politique horrifie les diplômes Ceux qui gouvernent Veulent changer tout sans ferments Ceux qui gouvernent Font à leur tête Ceux qui gouvernent S’accrochent au pouvoir Ceux qui gouvernent Pensent que les diplômes c’est pas le terrain Ceux qui gouvernent Pensent que le terrain, c’est pas les diplômes Ceux qui gouvernent Pensent que la politique c’est pas les diplômes Ceux qui gouvernent Demandent à la jeunesse d’attendre Ceux qui gouvernent Adorent les jeunes qui mendient, qui se prostituent Ceux qui gouvernent Estiment que les jeunes demandent un peu trop Ceux qui gouvernent Estiment que les jeunes militants sont assez jeunes Quand il faut gouverner Ceux qui gouvernent Prétendent calmer les jeunes par le karcher Ceux qui gouvernent N’aiment plus trop écrire des livres à leur actif Ceux qui gouvernent Ne savent quitter le pouvoir quand ils sont encore lucides Ceux qui gouvernent Prétendent qu’ils sont des dieux quand ils sont craints Ceux qui gouvernent Croient qu’ils sont là parce que Dieu les a tant aimés Ceux qui gouvernent Ne gouvernent plus le plus souvent Ceux qui gouvernent N’ignorent pourtant pas l’électorat jeune Nous chanterons les chants d’ombre pour pleurer la désolation et la cadavérisation de nos peuples. Nous viendrons au Centre Pompidou nous extasier et revisiter Tristan Tzara, Max Ernst. Mais comme sur l’étable de Dieu les hosties noires languissent sous les tropiques, nous proclamerons la liberté des peuples retrouvés. L’Afrique n’échappera pas à l’Occident. L’occident ne s’enfoutera pas de l’Afrique. C’est à Normal sup. De Paris que fut scellé ce wedding. Nous continuerons à nous marier. A nous encombrer. A nous peupler. Nous sommes faits l’un pour l’autre. Léopold insufflera Georges stylera. Ça aura le goût de mai 1968. Ceux qui gouvernent méditeraient ces propos de Pompidou : « Car diriger, ce n’est pas commander, diriger, c’est conduire, conduire vers un but, vers un idéal, auquel on croit que l’on a fait partager à d’autres et dont on montre la direction. » Ceux qui gouvernent Pensent toujours que demain ils ne seront pas passés. revenir au début
A Josiane Bouinot 30 juillet ! 30 juillet ! O ma tombe ! Trente jouait dans le grimoire de la gueuserie ! Ecoute le grincement des Tinariwen Sous les fusils et les guitares C’est l’été ! C’est la pluie d’été ! C’est le déluge ! Qu’en sera-t-il de l’automne avec ses averses ! Qu’en sera-t-il de l’hiver avec sa neige ! Qu’en sera-t-il du printemps avec ses roses ! Partout des grêlons tombent du ciel ! C’est la colère du dieu des armées et des victoires ! Fuyons ces croûtes de cratères ! Allons chez Pluton ! Non ! On ne le voit pas ! Allons chez Mars ! Ô Josiane ! Josiane ! Mon amie ! Ta mémoire n’oubliera pas ces images : Des enfants handicapés ! Des enfants meurtris ! Des enfants orphelins ! Des enfants replis ! Ces enfants q’on conduit à l’étable et Qu’aucune main ne suspendra le couperet ! Ces enfants qu’on emballe Comme des fagots de bois ! C’est pour réchauffer la braise des caveaux ! Ces corps entassées. Ces corps encaissés Sur des draps blancs trempés de rouge vif ! Du rouge vif enseveli de draps blancs ! Ces enfants qui s’endorment au phosphore C’est nos nos enfants, nos doux agneaux Ces femmes qui s’endorment au phosphore C’est nos filles, nos sœurs, nos épouses Ces hommes qui s’endorment au plomb, C’est nos fils, nos frères, nos époux Ces âmes qui s’en vont, c’est vous ! Que dis-je, c’est nous. Pleurez ! Pleure Josiane ! C’en est de trop ! On en a marre ! Des enfants sous scolarisés ! Enclavés ! Kampusch ! Des femmes analphabètes ! Sans liberté ! Bettencourt! Des hommes sans boulot ! Déshumanisés ! Sans égalité ! Tout ce qu’on trouve de mieux à nous donner C’est de la merde en plein été ! Que de bombardiers ma Denise Bombardier ! Misère ! Misérables gentils hommes ! Miséreux ! A quoi sert ce riz qui nous salit les corps, Et cette huile qui sent si mauvais ? C’est pour redonner la vie à ceux qui sont partis ? C’est pour reconstruire Jenin roquettée ? C’est pour rebâtir Tyre destabilisée ? C’est pour rebâtir Madrid déchiquetée ! C’est pour rebâtir New-York avec ses inoubliées ! C’est pour resanter Shakatwa sidaïser et sidérer ! Sang ! Larmes ! Gémissements de blessés ! Sirènes hurlantes ! Cires lentes ! Déflagrations ! Désirs d’éternité !Désirs de grandeur ! Ô Darmstadt ! Soleil amoureux ! Soleil estival ! Ô Beaver Creek ! Nouveaux maux ! Jeux de mots !Maux morts ! Foutez-nous la paix avec ces aliments qui constipent ! Foutez-nous la paix avec ces dons qui nous blessent ! Foutez-nous la paix ! Nous ne voulons rien de tout cela ! Oui, allez loin de nous ! Nous, Nous voulons la liberté ! Nous, nous voulons la paix ! Regardez tout ceci : ces maisons détruites ! Regardez tout ceci : ces hôpitaux éclaboussés ! Sans blague, c’est pour servir qui ça ! Peut-être un dieu qu’on ne partage pas ! Loin de nous ces urgences qui nous périssent ! Josiane mon amie, pleut-il à Rue Hutchison Comme il meurt ici à Kandahar ? A Bagdad la colère s’enflamme dans les rues On se rue on s’enrhume en rue en ruelle Avec nos amis les grenades pellent et truellent Pour accoucher notre beau monde qui se tue La fin de Katrina nous fera-t-il oublier Tous ces disparus, ces morts, ces perdus ? La vie doit-elle être si relativisée, Si banalisée au point que pour beaucoup Elle n’ait plus de sens, d’intérêt ? Notre terre n’est plus qu’un gros gouffre Rouge où fond notre vie où fond notre souffle Si notre terre n’est pas encore sodomisée De partout des grêlons de feu du ciel Tout laisse croire qu’on s’y prépare activement Il semble que l’homme soit déjà habitué A ce genre de pluie diluvienne ! Sommières ! Qu’il attend de plus grand encore ! C’est pourquoi l’extravagance s’extasie ! C’est pourquoi la folie des grandeurs s’épanouit ! C’est pourquoi le tape-à-l’œil se réjouit C’est pourquoi plus rien n’étonne ! C’est pourquoi mille morts, c’est rien Par comparaison aux millions qui sont déjà tombés ! Ah ma chère Josiane, c’est fou, l’homme ! C’est vraiment fou ce job de l’homme ! Des décombres qui rient aux éclats ! Des mortiers qui pilonnent sans arrêt ! Tes tabacs asséchés ! Des vignes détruites ! De l’eau fioulée ! Du blé foulé ! Des bombes qui se reposent ! Des bombes explosent ! Des bâtiments pilulent ! Des flottes tractent ! O Josiane ! Quel enfer ! Quelle boucherie ! O Josiane ! Quel carnage ! Quel désastre ! Et c’est l’homme ça ? Est ça l’homme des lois ? C’est ça le maître des principes et des idéaux Qui tous les jours se résout à inventer des lignes Sans avoir résolu d’autres problèmes ? Mais quelqu’un a-t-il le droit moral de Détruire quelqu’un d’autre ? Quelle nausée ! Quelle connerie ! J’ai peur dans mon cœur Comme il pleut dans le monde Qui fécondera encore la vie à Cana ? Serons-nous encore ces ferments ? Ô Jerome ! Ô Seal ! Ô Johnny Halliday ! Ö Voulzy ! Doc Gynéco ! Ô Michael Jackson: they dont take care about us. Ô soldats le métier est certes de mourir Mais n’est-il pas aussi de dormir ? De guerre lasse nous voulons le changement Pour un monde qui ne respire plus fort Partout la peur nous habite Et ses gros yeux effrayants Ouf ! Pouf ! Touf ! ça semble cuire Là-bas de ce côté là de la cuisine Pas d’amis ! Milles ennemis ! Ombres mortelles ! Villes renversées ! Linteaux enfoirés ! Ruines éternelles ! Souvenir anéanti ! Bonheur perverti ! La fumée monte à peine Dans ce four où tombent des fruits N’ayant pas encore mûris ! C’est la terre qui s’en réjouit fort bien L’homme se masturbe la conscience Dans ce paradis au fruit défendu. Mais rassurez-vous chers amis Nous serons là espérez-le. Nous ne sommes pas encore morts de cette vie Qui nous ruine pas encore assez vivants De cette mort qui nous ruine. Le karcher, c’est vraiment pour les dirigeants ! Mais qui reconstruira en trois jours ground zero ? Oui malheurs à ceux qui fécondent les guerres Et se vêtent de vieilles guenilles pour nous tromper Quand épouses et familles se lavent de pépites d’or Et les destinataires oubliés et relégués à mourir dans les rues Pour revendiquer des droits dont leurs maxima ne croient pas Mais qui rebâtira la nouvelle Jérusalem ? Personne parce qu’il faudra encore reconnaître le berger En attendant de reconnaître le vrai berger Dans le troupeau de nombreux bergers Peuvent commencer à bâtir Jérusalem Quitte à ce qu’elle soit recassée puis rebâtie En attendant dans la gueule du loup Ça fait peur ! Ça fait trembler ! Ça fait pleurer ! Ça fait consoler ! Ça fait regretter ! Ça fait remonter ! Ça fait oublier ! Ça fait penser ! Ça fait panser ! Ça fait saigner ! Ça fait mourir ! Ça fait vivre ! Ça fait espérer ! Peur sur le monde ! revenir au début
Verson où vieillit le sage ! Tu es un pont où sourit le soleil Paradis si doux de mes rêves Que je forme pour mes senghoriens. Senghoriens, ce sont mes vers si souriant Au regard écarlate d’une Normande Entre deux pauses que je tape en riant Sur la verdure mauve du monde. O Senghor ! Ô Verson ! Ô Colette ! Ô Joal ! Les rues de mon cœur s’allument Au petit bijou de tes hivernages L’hiver est déjà là, ô mon ange ! Est-ce à Lyon que j’irai allumer La bougie qui fait briller le visage de la Vierge En attendant le premier cri de l’enfantement Du sauveur dont le retour est attendu. Senghor ! Toi qui fabriques le tissu universel Sur lequel chacun fait sa broderie Voudras-tu encore jouer au ping-pong Ou bien valser avec Béatrice Bettoumi. Mon cœur s’allume aux sourires humains Dehors tout brille bleu, blanc, rouge Et mon cœur s’enivre de ta prose Senghoriens, dis-moi l’amour des humains. Je voudrais que la cigarette fume Afin que la fumée des peuples neufs Embrase toutes les rues de notre terre Pour que ce soir d’espoir renaisse. Senghoriens, amis du monde aveugle Prenez le parapluie de la madone Abritez-vous sous ses belles dentelles Et que sa finesse vous endorme. Ce soir, sur le sourire doux de Verson Voilà nos peuples rassemblés pour la vie L’odeur des roses commence son exhalaison L’ Home est né. Il goûte déjà la vie. revenir au début
La nuit longue des festivals Languit par des spectacles Sur les planchers pas chers Nous écouterons du Claude Blanchard En duo avec Kelly Michelle la glamour Dans le grand cabaret de Montréal L’été s’enflammera en nos amours Je repasserai les misérables Je lyrirai les hugoliens avec Georges Brassens En duo avec Edith Piaf l’égérie de l’humour Nous volerons vers Papeete avec les Rolling Stone Les voix de Pasto et Césaria Evora Envelouteront les spectateurs de leur aura A Sydney sur le beach chaud et mouvant Fela grinçant sa guitare avec Marcel Khalife Feront descendre les larmes du soleil Pour rallumer les cœur sans réveil La troupe ne prendra pas de sommeil A Houston Prince Eyango et Whitney Houston Cantateront pour les louisianais Un répertoire de Messie Martin Et le monde sera si heureux, si joyeux Sunnites et Chiites en ronde à Bagdad Feront des hola hola en rondeau Youssous Ndour Lorie et Olivia Reprendront Ray Charles et Nâdiya Laurent Voulzy et Oumou Sangaré Appuyés par les danseuses de samba Embraseront le show avec les Nubians On dansera on s’oubliera On s’évadera on rosera Partout comme une mauvaise nouvelle La bombe fera des victimes Le monde entier se mettra au rythme Yannick Noah conduira ses enfants Vers la rencontre de l’avenir La nuit ne sera plus noire Elle est déjà blanche et douce. revenir au début
J’aime m’asseoir tous les soirs Sur la terrasse de l’hôtel des Députés Toucher les doux rayons du soir Qui s’envolent vers les lendemains incertains. L’hôtel des Députés assis sur l’esplanade Est un air Bus A380 qui ne fait pas de cascade Qui surmonte les vagues du Lac central Coin heureux, chers visiteurs, à trois étoiles Accueillants les représentants de la nation. Lac central ! ciel ouvert se donne à ses bras Les vagues qui grillent sous le soleil Que pétrissent des nénuphars blancs Est une comédie qui se joue tous les soirs Quand le soleil s’en va rejoindre son nid. J’aime regarder le pêcheur qui jette le filet Attentif, sur une pirogue qui fait ses roulettes Attendant que des carpes aux chaires estimées Se jette à ses nasses avec la tendresse chaude Du café vermoulu qu’on vous sert à l’hôtel. Ce que je reproche à nos amis parlementaires C’est parfois de consacrer assez de temps A prendre du café quand leurs frères maladifs Meurent de misère sans promesse tenue. Amis qui venez de rentrer dans Yaoundé Ne vous y étonnez pas de ce paradis majestueux Qui poursuit sa marche écarlate et sans hâte Dans le dos des bâtiments des transports Pour se loger dans les basses herbes de la gendarmerie. Le lac central est notre rendez-vous Il rafraîchit les mémoires sobres des énarques Jette ses effluves aux normaliens étouffés de travail Et s’évade le long des pierres du général Pour se pâmer au repos sur les portes des administrateurs. O mon Lac, ruisseau de mes amours Couche-toi sous le dortoir de mes pères Pour me souffler l’air chaud de l’orient Afin que dans la tendresse des vagues qui voguent Moi le poète j’appelle des amis pour te saluer. revenir au début
A Petr Kral Donne-moi une vie Donne-moi une envie Quelque chose à faire aussi Donne-moi juste ma vie Donne-moi un espoir Bientôt ce sera à moi le tour Et je ne voudrais pas décevoir Tellement on ne m’a pas fait confiance Que je mettrai du mien Et tout du tien Pour être à la hauteur De ce qui nous attend : du bonheur. revenir au début
Je viens de demander l’heure Au dernier passant de mes heures Il m’a regardé d’un regard sans égard Comme pour dire quel bilan mon gars. Je suis passé et j’ai fait semblant De n’avoir pas vu son petit geste Qui me toisait le fond du front Comme un tireur à gage au front. Pour faire le point de cette vie Il me faut rentrer dans les lieux élevés Des Moines Bénédictins du Fébé Afin de mieux me revoir dans mes vies. J’ai d’abord reconnu comme Fils de terre Etre né de parents pêcheurs et mortels Puis je me suis penché comme un hérétique Sur cette vie que je traîne comme un paralytique. J’ai récité trois fois le «Notre Père qui êtes aux cieux» A ce moment, la fraîcheur des hauteurs m’a enivré J’ai ressenti comme un templier sous le vent des lieux Une force descendre pour m’envelopper de sa givrée. J’ai senti le monde physique me quitter Laisser place au monde métaphysique Face à moi-même sous le vent chaud Qui me vient des draps chauds des prêtres J’ai reconnu toute cette vie de démons Qui me caractérise ; et comme une brute J’ai souvent fait des choses sans mont Mauvaises choses dans lesquelles je bute. J’ai renforcé ma concentration ; j’ai épuré Et le liquide de mes maux coulait Avec une vitesse de haute technologie Je me sentais déchargé, vidé, essoré. Et, après avoir demandé pardon au Seigneur Il a envoyé ses anges et leur lyre Me chanter la chanson des nouveaux-nés J’étais né de nouveau. J’étais nouveau-né. Regardant au loin la ville de Yaoundé Vivoter dans les basses sphères J’ai mesuré l’abîme qui régnait en moi Je me suis levé, j’ai commencé à pleurer. J’ai promis de ne plus m’enivrer de funèbres Dès ce jour et à la fin des jours, sous la lumière Je vivrais me cachant des nuits et des ténèbres Afin qu’au dernier jour, tout passe : esprit et matière. revenir au début |
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