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AMOURS INTERDITES
GISLAINE
Il n'y aurait pas d'amours heureuses ?
Lorsque le soir s'éteint Et que je pense à toi, J'ai comme au creux de moi, L'envie d'être au matin Et d'entendre ta voix Me murmurer, tout bas, Un chant doux comme tes bras. Lorsque je pense à toi, J'ouvre, à pleins poumons, ma poitrine profonde. Je respire tes mots, enfin je me sens belle. Lorsque le soir s éteint Et que je pense à toi, S'en vient comme un émoi. Voilà que je m'envole, que je quitte le monde, Et puis, je redescends telle une pauvre femme, Qui se verrait perdu au milieu d'un grand ciel. Je suis seule, en absence, Lorsque le soir s'éteint. Je donne au feu mon âme, Lorsque le soir s'éteint, J'aimerais, oh combien ! Lorsque le soir s'éteint, Mon tendre ami, t'entendre, Lorsque le soir s'éteint, Dans ta campagne, au loin, Lorsque le soir s'éteint. Veux-tu toujours de moi ? Lorsque le soir s'éteint, Oh ! Mon tendre ami, t'entendre revenir au début
Dans la nuit de mes jours, Je cherche en vain la réponse, La porte entrouverte d'un songe, Où ma vie serait amour. Dans les méandres de mes pensées, Se promènent mes doutes, Si tu savais ce qu'il m'en coûte. Je te cherche alors Et je rêve encore Que tu baises mes paupières baissées. À cet instant, je me jette dans un abandon sublime Où l'amour clandestin n'est pas un crime. revenir au début
Dans le fond de sa tasse Un peu de café noir. Dans le fond, elle se lasse Et elle broie du noir. Elle voudrait être une autre, Mais elle ne sait pas qui. Elle voudrait qu'on lui offre Des sourires, dans sa vie. Dans le fond de sa tasse Elle revoit son passé Et rêve d'un avenir. Cette femme sans aile S'envole vers le ciel, Elle court au paradis. Dans le fond de sa tasse S'enchaînent les mots dits, Comme ils sont dérisoires Ici, c'est illusoire. Cette femme sans aile A trop bu de chagrin, Dans le fond de sa tasse Un reste de café noir. Dans le fond, elle est lasse De tous ces lendemains. Alors, dans le fond de sa tasse Elle s'en va en finir. revenir au début
C'est une émotion tendre et presque sauvage, Mais qui me prend toujours chaque fois qu'en voyage Je vois le soir qui tombe empourprer l'occident, Et que, sur l'horizon doré, profond, ardent, Se dessine la ligne obscure d'une ville Avec de longs clochers montant dans l'air tranquille. Je me dis qu'il serait vraiment délicieux De venir avec son amant en ces lieux, Et d'y goûter longtemps la joie âpre et profonde De se sentir perdus dans ce recoin du monde ; Oui, Perdus, inconnus, ignorés, mais heureux, Comme si l'on était sur terre que nous deux. revenir au début
Je voyage !
Cette fois je suis sur la haute colline Et je goûte le soir et sa fraîcheur divine. Je voyage ! Je voudrais me coucher dans des soleils sublimes. Et te faire endormir sur des mouvantes cimes. Je voyage ! Au carrefour de la nuit braver les interdits Et te donner des rêves à faire pâlir d'envies. Je voyage ! Je dessine dans le ciel ton visage rieur Tu es si loin de moi pourquoi vis-tu ailleurs ? Je voyage ! J'attends le vin nouveau que tu me feras boire Que vienne l'ardeur des mots que je veux encore croire. Je voyage ! Ma route est sinueuse et mène à la folie J'ai tellement faim de toi que je ne suis plus moi. Je voyage ! L'homme a la force de faire tomber les lois La femme a pour loi d'aimer quoiqu'il en soit. revenir au début
Je veux que tu devines Cette envie qui m'habite, Qui me grise, qui m'attise. Je veux que, sur mes lèvres, Tu sentes encore la fièvre. Je veux que, ton regard, Caresse tout mon corps. Je veux que tu m'animes D'une extase divine. Je veux te dire, encore, Quand tu me feras l'art De m'aimer mon amour. Peu m'importe le lieu, Sur un vieux lit d'hôtel, Les ailes d'une hirondelle, Peu m'importe le lieu. Je souhaite te donner Des frissons indécents, Des baisers frémissants. Je souhaite te donner L'extase languissante, Sous mes mains caressantes. Je souhaite que tu t'égares Dans les courbes de mon corps. Que tu viennes chercher en moi, Comme un trésor. Je souhaite te boire Comme le vin de messe. Tu ne peux que me croire, J'irai jusqu'à l'ivresse. Alors j'attends le jour Où nous ferons un art De ce moment d'amour. revenir au début
Apprendre le parfum de ton cœur, Oui, même à distance, sentir ton odeur. Vouloir, dans la souffrance, Et sans te faire offense, Avoir le toucher délicat Pour aimer de ta peau son éclat. Ne pas connaître ton visage Et sur tes lèvres vouloir poser mes lèvres, Pour t'apprendre la fièvre. Et puis, cette peur, Horrible mal de cœur, De cet amour naissant, Oh combien imprudent ! Que le parcours est fou, Mais tes mots sont si doux, Ils se mêlent, s'entremêlent Entre route et déroute. Aimer, je ne peux pas, Je n'en ai pas le droit. Aimer, il ne faut pas, Puisque tu ne m'aimes pas. revenir au début
Est-ce moi qui t'amuse Ou suis-je vraiment ta muse ? Mes promenades mélancoliques Précèdent les tiennes nostalgiques. Les arbres, qui frémissent sous le vent, Est-ce ta musique que j'entends ? Sais-tu mes peurs et mes angoisses, Pour que tu saches que je pleure ? Oui, nous cherchons le bonheur perdu, Mais se trouve-t-il dans l'inconnu ? Et ces baisers au parfum d'ambroisie Vois-tu que déjà j'en rougis ? J'ai dans mon jardin des pensées Dont tu ne connais pas la couleur. Bien plus que ma robe, la brise soulève mon cœur ! Avant que ma guimpe je ne dévoile, Il faudra mettre la grand-voile Et m'enivrer de vin de Tavel, Pour qu'enfin je me sente belle ! revenir au début
Mon cœur déborde Et par mes yeux s'écoule. Il y a, en moi, comme une horde, Qui vient me piétiner, me mutiler. Est-ce mal de vous dire : Je suis mal ? Hier, j'étais une fontaine, Aujourd'hui, toujours rongée par cette peine, Je voudrais m'endormir, me blottir Comme un fœtus dans le ventre maternel. Ne plus me voir, ne plus me sentir, Ni même ressentir. Je voudrais être vide Ou bien mer limpide, Et je me sens amère, Et mon corps s'affaire, Il palpite, il s'agite, Il cherche le recueillement Jusqu'à l'épuisement. Et si je me faisais pousser des ailes ? Pour partir, m'enfuir, Et si j'étais une étincelle, Qui de moi jaillirait, Pour me donner la paix. Quelle forme prendrait-elle ? Qui viendra me guérir ? Personne, je le sais, Je dois compter sur moi, Mais, en ce jour, je n'ai pas foi. Mon cœur déborde Et par mes yeux s'écoulent. revenir au début
Éteindre la lumière, Parce que de soi on n'est pas fière. Se perdre dans sa mémoire, Là, au bord de la Loire, La regarder couler. Envie de s'y bercer Juste pour ne plus penser. Descendre du mat la voile, Pour ne plus avoir mal. S'envelopper de velours noir, Pour ne plus entendre la morale, Qui vous juge et vous abuse. Du théâtre, baisser le rideau, Vous venez de voir le dernier tableau. Éteindre la lumière Parce que de soi on n'est pas fière. revenir au début
Je ne me sens pas belle, Je voudrais me faire la belle, Partir, un laid matin, Sur n'importe quel chemin Et, au grès de mes chagrins, Me laisser mener comme un pantin. Éteindre la lumière Parce que de moi je ne suis pas fière Me perdre dans ma mémoire Là au bout de la Loire. Les films, que je me fais, Ne se voient pas au ciné Et, pourtant, la pellicule est abîmée, Je les ai tellement regardés. Éteindre la lumière Parce que de moi on n'est pas fier. Me perdre dans ma mémoire, Là au bord de la Loire. En permanence, dans mon théâtre, Je me joue toujours les mêmes actes, Overdose et la pauvre héroïne fatiguée Se meurt pour, enfin vivre en paix. revenir au début
Ce matin,
J'ai pris le chemin Qui menait à ma paix. Le cœur courbaturé J'ai longé la rivière. Ce matin, J'avais cette fatigue Qui m'inquiète, qui m'intrigue. Le monde me lasse, Le monde me glace. Ce matin, Je m'en souviens, Je marchais tête baisée, Ce n'était pas de la lâcheté, Non, c'est ce qu'on m'a enseigné ! Ce matin, Comme chaque matin, Je ne me sentais pas belle, De moi je n'étais pas fière, Oui, c'est que l'on m'a enseigné !. Demain matin, Je vais tricher, Je vais jouer à être fière Et faire semblant d'être belle, Je ne suis pas sûre d'y arriver. Après-demain, Je vais allumer la lumière, Me regarder droit dans le cœur, Ne plus jouer ce rôle d'acteur, Cracher toute ma rancœur. Après-demain, Je retournerai au bord de ma Loire, Vous pouvez me croire, J'irai dire à toute la terre, Que de moi je suis fière. revenir au début
Il faut savoir trouver La fleur de l'amitié, Celle qui, à nulle autre pareille, Réchauffe autant que le soleil. Dans son jardin secret Savoir la cultiver Et bien la préserver Des regards indiscrets. Et si elle vous appelle Ouvrir bien grandes les ailes, Non par pour s'envoler Mais pour la protéger. Si l'amour vous désole Elle est là et console, Si le cœur déraisonne, Elle est là et se donne. Par des mots, qu'elle seule dit, Elle vous offre l'envie de regarder la vie. Quand s'en vient le chagrin, Elle reste jusqu'au matin. revenir au début
Je dessine des mots Sur le bord de tes lèvres, Qu'ils te donnent la fièvre Et soulagent tes maux. Je dessine ton visage, Lorsque la nuit je rêve, S'effacent les nuages Et que bleu soit ton ciel. Je dessine l'amour, Celui de nos pénombres, Mais qui, au cœur rayonne Lorsque l'on s'abandonne. Silhouettes de l'ombre, Nos mains qui s'adonnent Au geste, à la caresse. Qu'importe la sagesse D'un monde fait d'absence, D'une vie en carence. Je dessine ton nom Sur ma plage déserte, Je suis ton île offerte. Foule-moi de tes pas, Signe là ton passage Et offre-moi tes bras. Comme un dernier abri, Regarde, je tends les miens, Enfin, tu me souris, Prend les et fais les tiens ! revenir au début
Une pluie de baisers vient inonder ton corps, Parsème ta peau qui m'en réclame encore. Des caresses discrètes, subtiles, douces, Comme les violettes sur le tapis de mousse. Voilà que mes mains s'égarent pour un voyage Sans limite, sans frontière. Je découvre les beautés d'un univers Ou l'amour n'est pas contrainte. Comme un sanglot, je murmure ma plainte, J'allume le désir, je flamboie. Dieu, l'automne est beau, au milieu du grand bois. La braise de mon ventre attise tous mes sens. Je t'envoie des effluves, je t'offre mes essences, Pour enivrer ton cœur et chavirer ton âme. Et sur mon grand vaisseau, mon nuage, Je t'invite sur mon île, viens dans mon paysage ! revenir au début
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