Bandeau Gislaine 21/12/05
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Le soir s'éteint
La nuit de mes jours
Le fond de sa tasse
Émotion tendre
Voyage
Quand tu me feras l'Art
Le parfum de ton cœur
Promenades mélancoliques
Mon cœur déborde
Première séance
deuxième séance
Troisième séance
L'amitié
Mon île
Une pluie de baisers



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AMOURS INTERDITES


GISLAINE


Il n'y aurait pas d'amours heureuses ?
Gislaine semble l'affirmer !
Ses vers, comme ses mots, deviennent souffrance, doutes, vains espoirs... Devant des amours interdites.
L'art subtil de notre poétesse donne, à sa douleur, la couleur vraie du vécue.


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Le soir s'éteint


Lorsque le soir s'éteint
Et que je pense à toi,
J'ai comme au creux de moi,
L'envie d'être au matin
Et d'entendre ta voix
Me murmurer, tout bas,
Un chant doux comme tes bras.
Lorsque je pense à toi,
J'ouvre, à pleins poumons, ma poitrine profonde.
Je respire tes mots, enfin je me sens belle.
Lorsque le soir s éteint
Et que je pense à toi,
S'en vient comme un émoi.
Voilà que je m'envole, que je quitte le monde,
Et puis, je redescends telle une pauvre femme,
Qui se verrait perdu au milieu d'un grand ciel.
Je suis seule, en absence,
Lorsque le soir s'éteint.
Je donne au feu mon âme,
Lorsque le soir s'éteint,
J'aimerais, oh combien !
Lorsque le soir s'éteint,
Mon tendre ami, t'entendre,
Lorsque le soir s'éteint,
Dans ta campagne, au loin,
Lorsque le soir s'éteint.
Veux-tu toujours de moi ?
Lorsque le soir s'éteint,
Oh ! Mon tendre ami, t'entendre


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La nuit de mes jours


Dans la nuit de mes jours,
Je cherche en vain la réponse,
La porte entrouverte d'un songe,
Où ma vie serait amour.
Dans les méandres de mes pensées,
Se promènent mes doutes,
Si tu savais ce qu'il m'en coûte.
Je te cherche alors
Et je rêve encore
Que tu baises mes paupières baissées.
À cet instant, je me jette dans un abandon sublime
Où l'amour clandestin n'est pas un crime.


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Le fond de sa tasse


Dans le fond de sa tasse
Un peu de café noir.
Dans le fond, elle se lasse
Et elle broie du noir.

Elle voudrait être une autre,
Mais elle ne sait pas qui.
Elle voudrait qu'on lui offre
Des sourires, dans sa vie.

Dans le fond de sa tasse
Elle revoit son passé
Et rêve d'un avenir.

Cette femme sans aile
S'envole vers le ciel,
Elle court au paradis.

Dans le fond de sa tasse
S'enchaînent les mots dits,
Comme ils sont dérisoires
Ici, c'est illusoire.

Cette femme sans aile
A trop bu de chagrin,
Dans le fond de sa tasse
Un reste de café noir.

Dans le fond, elle est lasse
De tous ces lendemains.
Alors, dans le fond de sa tasse
Elle s'en va en finir.


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Émotion tendre


C'est une émotion tendre et presque sauvage,
Mais qui me prend toujours chaque fois qu'en voyage
Je vois le soir qui tombe empourprer l'occident,
Et que, sur l'horizon doré, profond, ardent,
Se dessine la ligne obscure d'une ville
Avec de longs clochers montant dans l'air tranquille.
Je me dis qu'il serait vraiment délicieux
De venir avec son amant en ces lieux,
Et d'y goûter longtemps la joie âpre et profonde
De se sentir perdus dans ce recoin du monde ;
Oui, Perdus, inconnus, ignorés, mais heureux,
Comme si l'on était sur terre que nous deux.


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Voyage !


Je voyage !
Cette fois je suis sur la haute colline
Et je goûte le soir et sa fraîcheur divine.
Je voyage !
Je voudrais me coucher dans des soleils sublimes.
Et te faire endormir sur des mouvantes cimes.
Je voyage !
Au carrefour de la nuit braver les interdits
Et te donner des rêves à faire pâlir d'envies.
Je voyage !
Je dessine dans le ciel ton visage rieur
Tu es si loin de moi pourquoi vis-tu ailleurs ?
Je voyage !
J'attends le vin nouveau que tu me feras boire
Que vienne l'ardeur des mots que je veux encore croire.
Je voyage !
Ma route est sinueuse et mène à la folie
J'ai tellement faim de toi que je ne suis plus moi.
Je voyage !
L'homme a la force de faire tomber les lois
La femme a pour loi d'aimer quoiqu'il en soit.


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Quand tu me feras l'art


Je veux que tu devines
Cette envie qui m'habite,
Qui me grise, qui m'attise.
Je veux que, sur mes lèvres,
Tu sentes encore la fièvre.
Je veux que, ton regard,
Caresse tout mon corps.
Je veux que tu m'animes
D'une extase divine.
Je veux te dire, encore,
Quand tu me feras l'art
De m'aimer mon amour.
Peu m'importe le lieu,
Sur un vieux lit d'hôtel,
Les ailes d'une hirondelle,
Peu m'importe le lieu.
Je souhaite te donner
Des frissons indécents,
Des baisers frémissants.
Je souhaite te donner
L'extase languissante,
Sous mes mains caressantes.
Je souhaite que tu t'égares
Dans les courbes de mon corps.
Que tu viennes chercher en moi,
Comme un trésor.
Je souhaite te boire
Comme le vin de messe.
Tu ne peux que me croire,
J'irai jusqu'à l'ivresse.

Alors j'attends le jour
Où nous ferons un art
De ce moment d'amour.


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Le parfum de ton cœur


Apprendre le parfum de ton cœur,
Oui, même à distance, sentir ton odeur.
Vouloir, dans la souffrance,
Et sans te faire offense,
Avoir le toucher délicat
Pour aimer de ta peau son éclat.
Ne pas connaître ton visage
Et sur tes lèvres vouloir poser mes lèvres,
Pour t'apprendre la fièvre.
Et puis, cette peur,
Horrible mal de cœur,
De cet amour naissant,
Oh combien imprudent !
Que le parcours est fou,
Mais tes mots sont si doux,
Ils se mêlent, s'entremêlent
Entre route et déroute.
Aimer, je ne peux pas,
Je n'en ai pas le droit.
Aimer, il ne faut pas,
Puisque tu ne m'aimes pas.


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Promenades mélancoliques


Est-ce moi qui t'amuse
Ou suis-je vraiment ta muse ?
Mes promenades mélancoliques
Précèdent les tiennes nostalgiques.
Les arbres, qui frémissent sous le vent,
Est-ce ta musique que j'entends ?
Sais-tu mes peurs et mes angoisses,
Pour que tu saches que je pleure ?
Oui, nous cherchons le bonheur perdu,
Mais se trouve-t-il dans l'inconnu ?
Et ces baisers au parfum d'ambroisie
Vois-tu que déjà j'en rougis ?
J'ai dans mon jardin des pensées
Dont tu ne connais pas la couleur.
Bien plus que ma robe, la brise soulève mon cœur !
Avant que ma guimpe je ne dévoile,
Il faudra mettre la grand-voile
Et m'enivrer de vin de Tavel,
Pour qu'enfin je me sente belle !


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Mon cœur déborde


Mon cœur déborde
Et par mes yeux s'écoule.
Il y a, en moi, comme une horde,
Qui vient me piétiner, me mutiler.
Est-ce mal de vous dire : Je suis mal ?
Hier, j'étais une fontaine,
Aujourd'hui, toujours rongée par cette peine,
Je voudrais m'endormir, me blottir
Comme un fœtus dans le ventre maternel.
Ne plus me voir, ne plus me sentir,
Ni même ressentir.
Je voudrais être vide
Ou bien mer limpide,
Et je me sens amère,
Et mon corps s'affaire,
Il palpite, il s'agite,
Il cherche le recueillement
Jusqu'à l'épuisement.
Et si je me faisais pousser des ailes ?
Pour partir, m'enfuir,
Et si j'étais une étincelle,
Qui de moi jaillirait,
Pour me donner la paix.
Quelle forme prendrait-elle ?
Qui viendra me guérir ?
Personne, je le sais,
Je dois compter sur moi,
Mais, en ce jour, je n'ai pas foi.
Mon cœur déborde
Et par mes yeux s'écoulent.


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Première séance


Éteindre la lumière,
Parce que de soi on n'est pas fière.
Se perdre dans sa mémoire,
Là, au bord de la Loire,
La regarder couler.
Envie de s'y bercer
Juste pour ne plus penser.
Descendre du mat la voile,
Pour ne plus avoir mal.
S'envelopper de velours noir,
Pour ne plus entendre la morale,
Qui vous juge et vous abuse.
Du théâtre, baisser le rideau,
Vous venez de voir le dernier tableau.
Éteindre la lumière
Parce que de soi on n'est pas fière.


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Deuxième séance


Je ne me sens pas belle,
Je voudrais me faire la belle,
Partir, un laid matin,
Sur n'importe quel chemin
Et, au grès de mes chagrins,
Me laisser mener comme un pantin.
Éteindre la lumière
Parce que de moi je ne suis pas fière
Me perdre dans ma mémoire
Là au bout de la Loire.
Les films, que je me fais,
Ne se voient pas au ciné
Et, pourtant, la pellicule est abîmée,
Je les ai tellement regardés.
Éteindre la lumière
Parce que de moi on n'est pas fier.
Me perdre dans ma mémoire,
Là au bord de la Loire.
En permanence, dans mon théâtre,
Je me joue toujours les mêmes actes,
Overdose et la pauvre héroïne fatiguée
Se meurt pour, enfin vivre en paix.


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TROISIEME SEANCE


Ce matin,
J'ai pris le chemin
Qui menait à ma paix.
Le cœur courbaturé
J'ai longé la rivière.

Ce matin,
J'avais cette fatigue
Qui m'inquiète, qui m'intrigue.
Le monde me lasse,
Le monde me glace.

Ce matin,
Je m'en souviens,
Je marchais tête baisée,
Ce n'était pas de la lâcheté,
Non, c'est ce qu'on m'a enseigné !

Ce matin,
Comme chaque matin,
Je ne me sentais pas belle,
De moi je n'étais pas fière,
Oui, c'est que l'on m'a enseigné !.

Demain matin,
Je vais tricher,
Je vais jouer à être fière
Et faire semblant d'être belle,
Je ne suis pas sûre d'y arriver.

Après-demain,
Je vais allumer la lumière,
Me regarder droit dans le cœur,
Ne plus jouer ce rôle d'acteur,
Cracher toute ma rancœur.

Après-demain,
Je retournerai au bord de ma Loire,
Vous pouvez me croire,
J'irai dire à toute la terre,
Que de moi je suis fière.


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L'amitié


Il faut savoir trouver
La fleur de l'amitié,
Celle qui, à nulle autre pareille,
Réchauffe autant que le soleil.

Dans son jardin secret
Savoir la cultiver
Et bien la préserver
Des regards indiscrets.

Et si elle vous appelle
Ouvrir bien grandes les ailes,
Non par pour s'envoler
Mais pour la protéger.

Si l'amour vous désole
Elle est là et console,
Si le cœur déraisonne,
Elle est là et se donne.

Par des mots, qu'elle seule dit,
Elle vous offre l'envie de regarder la vie.
Quand s'en vient le chagrin,
Elle reste jusqu'au matin.


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Mon île...


Je dessine des mots
Sur le bord de tes lèvres,
Qu'ils te donnent la fièvre
Et soulagent tes maux.

Je dessine ton visage,
Lorsque la nuit je rêve,
S'effacent les nuages
Et que bleu soit ton ciel.

Je dessine l'amour,
Celui de nos pénombres,
Mais qui, au cœur rayonne
Lorsque l'on s'abandonne.

Silhouettes de l'ombre,
Nos mains qui s'adonnent
Au geste, à la caresse.

Qu'importe la sagesse
D'un monde fait d'absence,
D'une vie en carence.

Je dessine ton nom
Sur ma plage déserte,
Je suis ton île offerte.

Foule-moi de tes pas,
Signe là ton passage
Et offre-moi tes bras.

Comme un dernier abri,
Regarde, je tends les miens,
Enfin, tu me souris,
Prend les et fais les tiens !


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Une pluie de baisers


Une pluie de baisers vient inonder ton corps,
Parsème ta peau qui m'en réclame encore.
Des caresses discrètes, subtiles, douces,
Comme les violettes sur le tapis de mousse.

Voilà que mes mains s'égarent pour un voyage
Sans limite, sans frontière.
Je découvre les beautés d'un univers
Ou l'amour n'est pas contrainte.

Comme un sanglot, je murmure ma plainte,
J'allume le désir, je flamboie.
Dieu, l'automne est beau, au milieu du grand bois.
La braise de mon ventre attise tous mes sens.

Je t'envoie des effluves, je t'offre mes essences,
Pour enivrer ton cœur et chavirer ton âme.
Et sur mon grand vaisseau, mon nuage,
Je t'invite sur mon île, viens dans mon paysage !


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