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La baigneuse
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Shéhérazade

Emma M




Pour la première fois, je publie des textes de chansons. Pour la première fois, c'est moi qui ai sollicité la chanteuse, auteur de ces textes.
Il faut dire que je suis amoureux de sa voix et de son image.
Lorsque je lis ces textes, je regrette qu'elle ne les chante point sur ce site, mais je me dis qu'ils font quand même de bien beaux poèmes.
Emma aime à jouer avec les mots et les images qu'ils contiennent, elle a un sens aigu du rythme et une sensibilité poétique certaine.
Si elle ne chantait pas si bien, je lui conseillerais d'écrire.

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Shéhérazade


Parfum du jasmin,
Comme un souvenir lointain
Qui flotte sur les dunes.
Le temps en suspens,
Le sultan attend
Que la nuit blanche s'allume.

Elle a pour armure,
L'ombre de sa chevelure.
Douceur de la voix,
Loukoum, baiser de soie,
Danse de ses mains
Pour vivre jusqu'à demain.

Shéhérazade, Déesse nomade,
Éclaire nos nuits jusqu'à la mort !

Arabesques persanes,
Mélopée langoureuse,
Parade voluptueuse,
Captivantes volutes,
Le serpent se pavane
Au sifflet de la flûte.

Dans le labyrinthe
Sacré de ses mains peintes,
Le sultan est sa proie,
Prisonnier de sa toile
Tissée d'histoires anciennes,
Fatales et cruelles.

Shéhérazade, Déesse nomade,
Éclaire nos nuits jusqu'à la mort !


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Alice


Brise-bise orchidée,
Persiennes aux giroflées,
Rideau léger voilage
Soulevé par l'orage.

Parfum secret de l'ambre,
Des ombres aux noirs présages,
Forment de drôles d'images
Sur les murs de ta chambre.

Gyrophares farandoles,
Farfadets en gondoles,
Mauvais images fantoches
Ta raison s'effiloche.

En SAMU samouraï,
Pour d'étranges funérailles,
Tu délires, tu dérailles,
C'est la peur qui tenaille.

Alice, au pays des mirages
            au pays des chimères
Alice, tes fantasmes opaques
            dans leur fumée t'embarquent
Alice, tes retours de voyage
            ont un goût si amer
Alice, tu tombes, tu tombes, tu tombes…

Des contraires fiançailles,
Magie blanche, magie noire,
Une alchimie bizarre
Qui change l'or en limaille.

Brisée, le cœur en miettes,
Tu te prends en otage,
Tu t'enfermes et tu jettes
La clé de ta cage.

Alice, au pays des mirages
            au pays des chimères
Alice, tes fantasmes opaques
            dans leur fumée t'embarquent
Alice, tes retours de voyage
            ont un goût si amer
Alice, tu tombes, tu tombes, tu tombes…

A toi-même étrangère,
Tu perds tous tes repères,
Ton regard de banquise
Se volatilise.

Brise-bise orchidée,
Persiennes aux giroflées,
Rideau léger voilage
Effrangé par l'orage.

Alice, au pays des mirages
            au pays des chimères
Alice, tes fantasmes opaques
            dans leur fumée t'embarquent
Alice, tes retours de voyage
            ont un goût si amer
Alice, tu tombes, tu tombes, tu tombes…


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Brumaire


En ce mois de Brumaire,
J'errais dans le désert,
J'étais cette licorne
Qui pleurait sous les ormes.

L'absence brouillait ta piste,
La brume, épaisse et claire,
Colombe, blanche et triste,
De ses grandes ailes planait.

Éperdue, solitaire,
Quand les ombres s'allongent,
Le froid, cage d'hiver,
Scellait mes plus beaux songes.

De longs rubans de brume,
Déroulait leurs lambeaux,
L'oubli, comme un bandeau,
Fermait des yeux d'écume.

Novembre clair et brumeux,
Ombrait ton doux visage,
Brouillard, tombé des cieux,
Estompait tes rivages.

En ce mois de Brumaire,
Pour toi, ô ma lumière,
Qui se brisent, étincelle,
Tous les miroirs du ciel.

Haut ma voix s'est dressée,
Un chant coupant et pur,
Un cri écartelé,
Tranchant, Escalibur.

En ce mois de Brumaire,
J'errais dans ce désert,
J'étais cette licorne
Qui pleurait sur les hommes.

En ce mois de Brumaire,
En ce mois de Brumaire...


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Je neige


Souvent je fais ce rêve,
Étrange et irréel,
Pas un bruit, pas un souffle,
Pas de mouche, pas d'abeille.

Souvent je fais ce rêve,
Le soleil qui se couche,
Une couverture de mousse
Qui enrobe la terre.

Je neige à ciel ouvert,
Où vais-je, éparpillée,
En errance, égarée,
Au gré du vent des airs.

Je neige à ciel ouvert,
A l'envers de l'hiver,
Dans un beau désert blanc,
Sur de sables mouvants.

Je neige à l'envers,
Je neige à ciel ouvert,
À découvert,
A cœur ouvert.

Je neige à découvert,
Sur les ailes de la mer,
Vers le chant des sirènes,
Mélodieux et cruel.


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Feu sous la glace


Je suis feu sous la glace,
Une poussière de brise-glace,
Qui t'as tapé dans l'œil
Un soir que t'étais seul.

Je suis feu sous la glace,
Grain de braise, dans sa cage,
Un glaçon cube de glace
Rouge sous le plexiglas.

J'ai froid en enfer,
J'ai chaud en hiver,
Tu me fais chaud et froid,
Toi, toi !
Je tombe des airs
Je coule dans la mer
Tu me fais chaud et froid,
Toi, toi !

Je suis feu sous la glace,
Sans contrôle, dérapage,
A la dérive l'iceberg
Qui se brise dans ton verre.

Je suis feu sous la glace,
Flamme en incandescence,
Dans une statue de glace,
Pudeur et indécence.

Je suis feu sous la glace,
Tiède et douce sous le stras,
Holiday sur ton ice,
Que d'un geste tu effaces.

Je suis feu sous la glace,
Holiday sur ton ice,
Holiday sur ton ice !


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La baigneuse


Dans son bain,
Bienheureuse,
La baigneuse
Est si bien.
Inconsciente,
Oublieuse,
Nonchalante,
Savonneuse.

La naïade,
Amoureuse,
Se détend,
Se délasse.
Elle attend,
Elle rêvasse
De Simbad
Son amant.

Les murs tombent
Et s'estompent,
Les contours
Se délitent,
Elle est reine,
Sans atours,
D'un Eden
Sans limite.

Je suis baigneuse, à l'ombre du jardin,
Et je jette sans remords mes soucis
Avec l'eau du bain.

Une croisée
Sans croisade,
Sous les arbres,
A Grenade.
Promenade
Ingénue,
Sans chemin
Je gambade.

En tenue
D'Enve marine,
Toute nue,
J'hallucine.
Au jardin
Parfumé
De cannelle,
De muscade.

Entourée
De mystère,
Je m'apprête,
Je me farde.
Évadée,
Solitaire,
Pour l'amour
De Simbad.

Je suis baigneuse, à l'ombre du jardin,
Et je jette sans remords mes soucis
Avec l'eau du bain.


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Suspendue


Elle rêvait d'espace,
Univers sans trace,
Longues, longues marches,
Caresser les arbres qui passent.

Une île suspendue,
Lumineuse dans le ciel nu,
Comme un mirage entrevu.

Elle rêvait d'étendues,
Pour un regard éperdu,
Parfum d'une promesse
Emporté par le vent qui la berce.

Une île suspendue,
Aux nuages retenue,
Si fragile, si ingénue.

Une île suspendue,
Aux rivages inconnus,
Où la violence n'est plus.

Elle rêvait de murmures,
De sentiments toujours purs,
Aimait la transparence
De l'eau qui glisse le long,
Le long des hanches.

Elle rêvait d'espace,
Univers sans trace,
Longues, longues marches,
Caresser les arbres qui passent.

Elle rêvait d'amour,
Une source entre ses doigts,
Le soleil, pour toujours,
A pris son corps entre ses bras.


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Immense


Tellement désir de vous
Que la pudeur se couche,
Farouches, que nos cœurs se touchent,
Que se frôlent…

Doucement nos liens se nouent
Dans le calme de la nuit
Mon corps, en offrande, pour la vie,
Que je pose à vos genoux.

Instant intense,
Divin supplice,
La vie hésite, balance,
Immense esquisse,
Immense, immense...
Fragile esquif,
L'amour insiste, balance,
Immense esquisse.

Tellement désir de vous
Que la pudeur se couche,
Farouches, que nos deux cœurs se touchent,
Que se frôlent…
Tellement désir de vous,
Que se frôlent…
Tellement désir de vous,
Que se frôlent… Que se frôlent…
Nos bouches.


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Lâcher prise


Lâcher prise peu à peu,
Glisser, fermer les yeux,
Et l'on se perd
Dans l'univers.

Lâcher prise perle à perle,
Que les songes s'égrènent,
Long collier d'ambre,
Goût du gingembre.

Laisser aller, lâcher prise et trouver,
Laisser aller, lâcher prise et oublier,
Laisser aller, lâcher prise et trouver
Ce que tu n'as pas cherché,
Ce qui en toi est caché.

Lâcher prise, petites bulles
Sur les vagues funambules,
Et sur l'écume,
Zeste d'amertume.

Lâcher prise, se libèrent
Les chevaux de la mer.
Faut laisser faire,
Faire le mystère.

Laisser aller, lâcher prise et trouver,
Laisser aller, lâcher prise et oublier,
Laisser aller, lâcher prise et trouver
Ce que tu n'as pas cherché,
Ce qui en toi est caché.


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