caloucaera poésies 25 juin 2007



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Amertume...
Mes frères de lutte
Debout !
Espoir
Toi
Un jour viendra
Ode à la patrie !
Chant d'Afrique
Je veille
Je tombre bas
Mon peuple
Je refuse !
J'en ai mare
Je Voudrais
Evasion
Refus collectif
Paroles Patriotes
Tchad, ô Tchad !


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Pour la dignité


Djamal Sourou SMITH


Comment peut-on être africain, vivre en Afrique, et rester indifférent aux injustices flagrantes qui se déroulent sous vos yeux ?
Djamal, au grand cœur, ne le peut pas ! Il s'insurge... Ces armes seront la poésie et la parole, peut-être plus efficaces que la kalachnikov !


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Amertume...


J'en ai marre de cette vie qui me laisse, me lâche, me délaisse...
Cette vie dans cette ville cruelle, au cœur de la puanteur,
Cette vie dans cette ville rebelle, au cœur des odeurs fétides,
Au cœur du sang, au cœur des cadavres vivants,
Cette vie d'errance, toujours terré dans le silence,
Toujours terré dans l'oublie,
Drapé de linceul, couvert de sa misère,
Avec une mine, une face rayée de détresse.
Cette vie sans charmes sans attrait, sans goût...
Toujours sommé de toute part de se taire
Toujours frappé à tous les coups
Toujours vaincu
Toujours battu
Battu pour un rien
Pour un torchon de vie
Pour un lopin de vie.
Cette vie, -- Ô quelle vie !
Cette vie d'horreur,
Cette vie de suicide.
Toujours forcé
De vivre sans goût,
Sans amour,
Sans joie.
Toujours contraint
À l'exil,
Contraint
À fuir loin du but,
Contraint
À suivre le mouvement de la masse,
Contraire à vivre
Sans attrait,
Sans charmes.
Cette vie dans cette ville aux allures de fantômes.
J'en ai marre !


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Mes frères dans la lutte


Je veux rejoindre mes frères dans la lutte,
Suer avec eux au soleil,
Courber l'échine dans le combat,
Verser de mon sang, verser mes pleurs,
Saigner, saigner avec eux, car, de toute façon,
Mourir dans la lutte, mourir en martyr,
C'est une façon de vaincre la vie.
Cette vie, qui parle au nom de la vie,
Mais qui tue la vie, l'asphyxie, l'intoxique.
Cette vie de déséquilibre,
Qui enlaidit le noble cœur de l'Homme.
Cette vie des contrastes,
Qui dénature l'âme même de la vie.
Cette vie suicidaire, cette vie de débauche,
Cette vie de l'insolente opulence,
Qui génère la misère, la misère terrée au fond des égouts.
Cette vie qui tue la vie,
Assassine tout rêve au cachot d'une prison
Cette vie fade, couleur torchon vieilli,
Cette vie couleur de deuil,
Non je refuse cette vie !
Je veux saigner ma dignité,
Rejoindre mes frères dans la lutte,
Mourir avec eux, rejoindre la horde des cadavres du système,
Me dresser contre la roue hideuse de la misère,
Restituer au pauvre son dû.
Rester ici, immobile, inerte,
Rester ici, savourer de l'air pur, de l'air frais
Rester ici, insouciant du bruit de la foule, des colères de la masse,
Non ! Je refuse.
Je refuse cette vie
Où les uns se terrent à mille dans un trou croulant sous le poids des impôts,
Des impôts sur la richesse.
Mais quelle richesse ont-ils, ces pauvres, si ce n'est un torchon de vie
Et peut être une misère qui se donne un mal fou à déformer leurs figures.
Je refuse cette vie où le pauvre donne, le riche reçoit encore et encore et réclame encore et encore avec force, déséquilibrant la balance des égalités.
Je refuse cette vie corrompue, cette vie prostituée par le vice,
Cette vie immonde, cette vie sans âme, sans cœur,
Qui institutionnalise la misère, support de sa force.
Cette vie où les bidonvilles font des grimaces qu'on n'entendra jamais aux gratte-ciels.
Cette vie qui génère des diplômés dont on ne sait que faire
Et qui finalement se noient dans l'alcool, cherchant à fuir leur détresse.
Cette vie où l'on vit sous la sueur du paysan.
Cette vie , cette vie, Ô ! Je refuse.
Me terrer dans le silence sans rien dire, sans oser,
Sans élever la voix, sans hausser le ton
Sans écrire, sans parler, c'est participer, c'est être complice
Complice même de son silence, coupable cent fois, mille fois.
Non ! Jamais je ne porterai une telle charge sur ma conscience.
Je préfère rejoindre mes frères dans la lutte,
Verser un peu de mon sang avec eux.
Nous ne sommes, certes, pas nombreux
Mais chacun à sa façon se bat.
Moi j'écris.
Cette vie, cette vie, cette vie qui vole la vie vole la mienne.
Je refuse !


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Debout !


Dehors, tout est trouble,
Tout est calme,
La mer bouge à peine.
Pas de bruit, pas de cri.
Les rumeurs des champs,
Les clameurs de la foule,
Plus rien ne parle,
Le silence y règne,
Les heures filent, se bousculent,
La rue se vide de sa foule
Le ciel se referme.
Les nuages se chevauchent,
Les routes s'obstruent,
Les volets s'envolent,
Tout s'en va,
Tout quitte l'âme meurtrie de cette vie
Tout délaisse cette ville, cette vie
Tout la quitte,
La laisse.
Je regarde… Pincement du cœur.
L'alerte est au rouge,
Mon âme s'affole,
Mes pensées s'entrechoquent,
Je regarde encore...
Une envie de suicide me ronge.
Partir, partir !
Partir de l'autre côté,
Partir !
Prendre le large.
Fuir devant sa colère.
Non ! Je refuse la défaite.
Je refuse la lâcheté.
Je reprends mes forces.
Je me lève. Debout !
Debout, debout, je me lève.
Je me lève dans la foule,
Au milieu du silence,
Au cœur du vide,
Je me lève
Débout, le poing ferme dressé au ciel.
Je me lève débout, débout !
La rue se vide de sa substance.


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Espoir


Un rêve dans le ciel
Une lumière dans les ombres
Un sourire dans le deuil
Une étoile dans le vide
Un espoir au bout de la route
Des fleurs dans les champs
Des rires dans la foule
Des sacrifices qui tombent
Les peines qui s'essoufflent
L'aurore sur les sueurs
Mes regards brillent
Mon cœur hurle
Mon âme croit
Demain sent la victoire
Des conquêtes.
J'espère...


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TOI


Toi que je vois toujours silencieux, presque absent du bruit ;
Toi que je vois toujours assis là, inerte, immobile, presque sans présence ;
Toi que je vois toujours attendre, patienter à toutes les portes sans grincements de dents ;
Toi que je vois toujours marcher, tête baissée, le front frôlant le ras du sol ;
Toi, toi mon frère, arrête-toi, resaisi-toi ! La masse t'appelle !
Lève-toi, le front fier, le buste altier, va, bouscule, hurle, insiste, frappe !
La foule déchaînée, déterminée à mordre aux chaînes de la servitude t'attends.
Poing fermé, frappe, frappe, frappe pour la conquête de ta LIBERTE !


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UN JOUR VIENDRA


L'esprit est grand qui s'élève haut,
Sans haine et sans mépris du frère.
Ceux qui tombent dans les tombeaux,
Ceux qu'on brime sur cette terre,
Ceux qui n'ont ni joie ni repos,
Ceux qu'on flagelle, qu'on ignore,
Ceux à qui on tourne le dos
Mais qui restent sereins et sages
Ceux là sont ici-bas nos lumières
Qui rayonnent dans tous les âges
Nos espoirs sertis sur les pierres.
Parmi eux je retiens des noms :
-Lumumba, Nelson Mandela,
Nos grandes Amazones Fons,
Bourguiba, Amadou Bamba,
Et aussi N'kruma et Senghor-
Qu'ils rayonnent, oui qu'ils rayonnent
Au delà même de la mort !
Car leur lumière nous effleure
Le cœur et l'esprit pervertis.
Et demain, malgré la douleur,
Nous renoncerons à la vie.
Faisant comme eux, nos cœurs s'élèvent
Cherchant la pureté des âmes
Qui meurent , tombent et s'achèvent
Dans la profondeur des nos flammes.
Nous rechercherons dans les races
L'amour en oubliant les couleurs
Nous dépasserons la croyance
Qui noie dans la haine, nos cœurs.
Si les hommes fraternisent
Si les Nations se pardonnent
Si ensemble, on chante, on poétise,
Si partout dans le ciel, fredonne
La chorale de tous les peuples,
Un jour viendra où tous les frères,
- Blancs, jaunes, noirs -
Briserons la chaîne du mépris


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ODE A LA PATRIE !


Le nom de la Patrie, dans ce lointain exil
Revient tous les jours au milieu de nos prières.
Même très loin, jamais on oubliera la terre
- Ses odeurs, ses couleurs, ses senteurs et ses Îles -

Ah ! si je pouvais, même en rêvant, retrouver
Tous ces beaux jours perdus ; refermer les paupières
Et en ouvrant les yeux, rattraper les lumières !
Ici, dans ce péril, j'ai cessé d'espérer !

Les jours m'empoignent. L'aube a cessé de briller.
Mon corps s'affaisse et tombe en bordure du chemin.
Éreinté, épuisé, j'ai attendu en vain
De voir la lueur du jour m'éclairer, scintiller.

Ah ! si je pouvais, même en rêvant, rallumer
La lumière du ciel sur mon âme égarée ;
Et faire ressurgir sur ma face apeurée,
Le sourire et noyer mes peines inhumées !

Pourra t- on d'un simple revers de main égoïste,
Oublier, effacer ces visages connus ?
Ces filles, ces enfants se promenant tout nu ?
Non ! Je me souviendrai toujours en ce temps triste !

Ici, dans ce grand vide, au milieu des décombres,
Isolé, dérouté, j'ai perdu mes repères
Et en ces temps de doute, espérant sur mes prières,
Je tiendrai très haut ton nom dans la pénombre

Car la Patrie est forte et ces liens si intenses !
Même très loin, jamais on oubliera la terre
Je te tiendrai alors haut. Attendant tes prières,
Je voudrais voir ton ombre, étalée sur mes peines !


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CHANT D'AFRIQUE


Afrique ! Afrique des Circoncis, Afrique des Initiés
Afrique des fiers tirailleurs, Afrique des Mystères
Afrique des Griots éternels, Afrique des Mères et des Pères
Afrique rêvée ! Afrique chanté dans les savanes
Afrique ! Ferment de mes espérances nuptiales
Tumeur acariâtre sur les bouches aux babines calomnieuses !
Jusqu'à l'extrême jouvence j'irai chercher ta virginité
Les champs de bataille allumés pleurent !
Les bruits des canons troublent ta quiétude !
Les veuves éplorées pleurent aussi
Les tam-tams se sont tus en signe de deuil
La face tâchée de sang, le regard rembruni par les luttes,
Tu te cherches un repère parmi les sables égarés
Et tes peuples essoufflés se perdent dans tes rares oasis.
Afrique, ah Afrique…
Je voudrais rêver, rire sur tes rivières purificatrices
Et dresser des murailles en hauteur de tes vallées
Jusqu'au retour de nos héros, jusqu'au réveil de nos martyrs
Jusqu'à la défaite certaine des esprits malfaiteurs
qui charcutent ta chair
dans leur boucherie


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JE VEILLE…


À l'approche glorieuse du Mistral qui cavale sur les collines silencieuses,
Les heures miraculeuses épousent la descente du soir.
Les sons aphones diffusent leurs accents dans le silence.
La couleur ambrée du jour reverdit sur les palmes.
La croûte céleste se divertit dans une humeur viscérale.
Les pulsations acrimonieuses des voix viriles pétrifient
La platitude morne des aubes qui bâillent dans une folle espérance.
Les regards alezans du troubadour courent
Et frôlent la frilosité poreuse du firmament.
Les marches du soir retentissent dans les lointaines vallées
Et entament leur chant inespéré.
Les astres entrent en confidence sacrée
Et en cette nuit estivale, je veille sur toi, Ô Afrique, le poing levé
L'armure frondeuse dressée sur tes bourreaux
Je veille sur ton sommeil endolori
Je veille sur ta peau pustuleuse putréfiée par les mains assassines.
Afrique ! O Afrique, tes nuits de légendes sont sans lune et tes aurores sans soleil
Mais je tiendrai dans tes ténèbres cette gerbe de lumière délirante
Pour que tu puisses triompher et retrouver la fierté de tes ancêtres
Pour que tu puisses inaugurer la voix royale qui mène vers tes Demeures
Les demeures perdues de ta sainteté !


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JE TOMBE BAS…


Au crépuscule du silence qui s'effrite,
A l'heure des grandes communications purificatrices
Reviens désarmer la horde de mes colères échevelées
Et ressusciter parmi le vide et silence
la joie dans mon cœur qui se fane au paillasson de ton retour
La croûte céleste célèbre notre fidélité scellée sur les pierres rupestres
Mes douleurs m'accablent et me chargent de tout leur poids
Je n'en peux plus ! Peu de choses ici me distraient !
Reviens célébrer nos amours, nos espérances
Là bas, au delà des murs, les tirs des balles se croisent
Les bruits de canons fusent. Les champs de bataille s'enflamment
Les corps se calcinent et les ventres éventrés puent au soleil de l'horreur
Et isolée, criblée d'infamie, sertie de honte,
L'Afrique se disloque, se désagrège, s'émiette
Les peuples écartelés, muselés s'étourdissent
Et je tombe bas
Je tombe bas jusqu'à la falaise, l'âme putréfiée
Et le cœur en sanglots.
Reviens, reviens parée de tes plus belles parures
Reviens égayer mon horizon obscurcit
Qui se meurt qui se meurt dans la platitude morne de la solitude austère.


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MON PEUPLE


Comme l'orage qui brise ses colères purificatrices sur les hauteurs des collines
Comme la mer irascible qui déverse toute sa rage sur les roches innocentes
Comme le coup de fouet qui flagelle les dos insoumis
Comme cette bouche baveuse qui vocifère sur l'Ennemie ses salives souillées
Comme le volcan en délire et les vagues affolées
Comme la terre qui chancelle,
Mon peuple, lève toi, bat toi

Car il n'est plus temps à se taire, plus temps à courber son échine.
Il n'est plus temps à quémander quelques vieux rêves inaccessibles.
Libère toi, Ô mon peuple ! , de toute contrainte
Et explore ton cœur. Va, descends, jusqu'à la profondeur abyssale de ton être
Pour puiser la sève salvatrice à opposer à tes bourreaux.

Va, lève-toi. Derrière toi, avec toi, parmi toi, je vois toute une foule guerrière
Décidée à briser les chaînes tabous qui traumatisent ta quiétude.
Le temps n'est plus pour les silences contenus derrière une bouche muette.
Le temps n'est plus pour la passivité pulvérisée par cette indolente Inertie.
Le temps n'est plus des bassesses, des courbettes devant les Grands Seigneurs.
Le temps sent la Révolte, pue la Lutte intestine,
Empeste de toutes les peurs éclosent, décidées, toutes unanimes, dans la lutte.

Le temps n'est plus pour des vaines gesticulations hypothétiques
Le temps n'est plus pour les silences retenus à l'arrière gorge
Va, lève-toi ! Mon peuple !
Dresse toi des barricades, érige toi des murailles
Car la liberté est dans le désir de vivre
Elle est au bout de la lutte, dans le sang et dans la sueur
La liberté - ta liberté !
Ô mon Peuple
Est dans ton mouvement, dans tes colères, dans tes cris agonisant
Qui clament leur ardent désir de vivre.


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JE REFUSE !


Ma bouche a la puanteur du refus.
Je refuse cette vie corrompue, cette vie prostituée par le vice,
Cette vie immonde, cette vie sans âme, sans cœur,
Qui institutionnalise la misère, support de sa force.
Cette vie où les bidonvilles font des grimaces qu'on n'entendra jamais aux gratte-ciels.
Cette vie qui génère des diplômés dont on ne sait que faire
Et qui finalement se noient dans l'alcool, cherchant à fuir leur détresse.
Cette vie où l'on vit sous la sueur du paysan.
Cette vie, cette vie, Ô ! Je refuse.
Me terrer dans le silence sans rien dire, sans oser,
Sans élever la voix, sans hausser le ton
Sans écrire, sans parler, c'est participer, c'est être complice
Complice même de son silence, coupable cent fois, mille fois.
Non ! Jamais je ne porterai une telle charge sur ma conscience.
Je préfère rejoindre mes frères dans la lutte,
Cette vie, cette vie, cette vie qui vole la vie vole la mienne.
Je refuse !


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J'EN AI MARE


Au petit matin, la soif du renouveau jaillit des cornes cristallines du soleil
Et mon espoir renaît parmi le vide comme un rire bâtard pourchassé par le Vent
Je vieillirai dans la poussière à l'attente du bonheur.
Dans la brise, dans les orages, je veillerai toute la nuit.
J'ai planté partout sur les collines, une gerbe d'espoir
Mais voilà que le vent chargé de haine, les a emportés dans son lointain voyage
Ah ! Qu'espérer de plus si le Temps réprime nos rires,
Et que les lumières du jour ne sont que rayure sur le pavé ?
Qu'espérer de plus si toute lutte est vaine et que tout combat est perdu avant d'être engagé ?
Je voudrais crier, remonté sur les montagnes
et annoncer mes peurs à la grâce de l'aube
dont la clarté évanescente luit à peine sur mon corps !
Je voudrais hurlé de toutes mes forces et dévoiler mes inquiétudes à la nuit
Dont les ombres s'acharnent ma vieille carcasse.
J'ai espéré toute cette nuit, que demain à mon réveil, tout serait verdure
Et que les plaines arides retrouveraient leur charme
Et que la terre éclatera de joie, que les rires et les roses écloront
Mais, hélas !
Tous mes rêves ont tourné en cauchemar.
Les jours passent et je me rends compte de mes défaites.
Mon corps affamé s'écroule toujours sous les rafales des cyclones.
Et mon âme rouillée se peine à retrouver les rives du couchant.
La terre ne bourdonne plus de rire. Les larmes pleuvent sur ma tête.
Et mon regard bourgeonne de plaies.
Il faut encore lutter, se chercher d'autres énergies, refaire les éternels parcours !
Courir à rebours du Temps, à rebours des Tempêtes, résister à l'usure des années, défier les averses.
J'en ai mare !
Je voudrais mourir dans le silence du deuil loin de vos regards.
Ayant déjà vécu ici l'enfer, je voudrais juste mourir sans renaître !


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JE VOUDRAIS


Je voudrais aller au delà des barrières, au-delà des interdits
Je voudrais aller au-delà des barricades, au-delà des frontières,
Je voudrais briser les chaînes de la servitude
Et exalter l'homme
Car l'homme est au centre de toute chose
Et l'âme est plus spirituelle que la chair
Je voudrais lire le monde à l'envers
Ma souffrance silencieuse bouscule mon indolente inertie
Je voudrais qu'il n'y ait plus de race opprimée
Que les couleurs se mélangent, se fondent et s'harmonisent
Je voudrais que les chaînes se brisent, se libèrent
Que les langues se délient, que les délires explosent
Je voudrais ensemble, avec toi, repenser toutes nos souffrances !


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EVASION


L'aube égarée de son sentier, tressaillit de peur
Au pied même des montagnes indolentes,
Loin de tout bruit, de tout regard
J'invoquerai les divinités
Et ici même je voudrais tenter les affres de l'exil
Prendre le large, m'évader, aller loin, encore plus loin
En quête de folles espérances


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REFUS COLLECTIF


La ville fatiguée clame ses colères et s'agite
Le cercle des privilèges s'inquiète du réveil des âmes
La foule lasse de son indolence, s'engage dans le combat
Les faces se dressent, les échines se lèvent
Les pas avancent et marchent sur l'oppresseur
Les peurs avalées jettent en bloc leurs contestations plurielles
Sur les grandes gueules de cannibale véreux.
L'Afrique des silences est un vieux mythe.
Et en ces temps de privation, nous irons rétablir l'ordre
Nous irons narguer nos tortionnaires et défier le système
L'Afrique des indolences est un vieux souvenir
Partout, les bras se croisent, les peuples s'émancipent, se libèrent !
Jusqu'à l'extinction du soleil, nous allons nous maintenir dans les rangs
Fini l'achat des consciences ! Fini la corruption des idées !
Nous résisterons à toutes les tentations
Nous marquerions nos pages dans l'histoire des nations
Avec toutes nos forces, nous ne reculerons devant aucun char
Et le sang de nos martyrs renouvèleront sans cesse nos énergies
Nos cris désespérés depuis le bas, atteindront les sommets du pouvoir
Nous réajusterons l'échelle des balances iniques
Il n'y aura point de Juges, point de Loi
Nous refonderons la Loi
Car il est Temps
Temps de recourir à l'insurrection, au refus collectif
Et à la révolte de la masse.


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PAROLES PATRIOTES


Pays de savanes claires, de clairières et de steppes
Pays de rivières, de rizières et de grandes vallées
Pays de bois profonds, de fonds de fleuves aux bras longs
Pays de vastes plaines, de peine dans les champs de verdure
Pays de vagues, de digues, des algues et des mangues
Pays où l'étranger est frère, le frère un ami, l'ami un parent
Pays mon pays, ô Tchad,
Dans la douceur des Tropiques
Rends-moi toujours fier d'être la semence de ta procréation.


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TCHAD, Ô TCHAD !


Tchad !
Mon pays, mas patrie, ma demeure !
Je te chante et t'exhume mes douleurs
Au crépuscule de ton réveil
Ton nom retentit dans mes sommeils

Tchad !
L'éternel charme de tes caravanes
Mêlé à la couleur de tes savanes
Rejaillit dans mes rêves solitaires
Et je te renouvelle ma fidélité légendaire

Tchad !
J'ai visité le monde au milieu des cyclones
Et nulle part ailleurs la couleur de ton Logone
Et la saveur épicée de tes nuits au clair de lune
Rallume le feu de mes nostalgies égarées sur les dunes

Tchad !
J'arbore ton nom devant toutes les chancelleries
J'étale tes saveurs dans toutes les galeries
Ton souffle salvateur résonne en moi
Et chaque jour me rapproche de toi

Tchad !
L'exil féconde dans ma mémoire brimée par les vents
Et tu as éveillé en moi la nostalgie du Temps
Me manquent tes femmes, belles et sensuelles
Qui déambulent dans tes rues avec leur grâce éternelle

Tchad !
Beau comme l'aurore, doux comme le crépuscule
Toutes les convoitises vers toi se bousculent
J'aime tes couleurs, j'aime tes humeurs
Et surtout tes rires insouciants et tes vifs éclats de bonheur.


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