caloucaera poésies 25 juin 2007

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La danse initiatique
Nous voici tous
Troubles nocturnes
Espoir
Je viendrai
Amertume
L'aube attend
Voeux d'exil
Au seuil du retour
Le silence des amoureux
Pourquoi ?
Nous avons marché
Prières païennes
J'espère
Départ
Silence
Rêves nocturnes
L'espace du rêve


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LA DANSE INITIATIQUE


Djamal Sourou SMITH


Le poème, qui donne son titre à ce nouveau recueil, est un pur chef-d'oeuvre !
Djamal, dont la poésie s'est considérablement affinée, y retrouve avec bonheur son inspiration africaine.
Voilà bien un poème que j'aurais aimé savoir écrire !



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LA DANSE INITIATIQUE


La danse initiatique des filles nubiles
Ce soir, déchire les silences
Et irrite la terre poussiéreuse
Porteuse de toutes les vibrations.
L'horizon est absent.
L'étendue reste muette.
Aujourd'hui est un grand jour sacré
Qui renoue ses alliances avec les Ancêtres.
Les parures et les perles
Les parfums et les couleurs
Encensent l'air dans une ambiance festive.
Les foules s'attroupent, s'agitent et se mêlent.
Valses d'applaudissements
Et cris stridents accompagnent les tam-tams
Que battent infatigablement les mains viriles.
Les corps sensuels des danseuses se touchent et se frottent
Provoquant l'hystérie délirante de la foule
Les poitrines nues, généreuses et opulentes
Les seins en amande offerts aux vents
Les hanches endiablées serties de perles rares
Et les pas rythmiques de la cadence enivrante
Recréent la magie du spectacle.
Quelques hommes aux allures conquérantes
S'invitent timidement parmi les danseuses
Et les tam-tams tendus s'affolent
Renouvellent le rythme endiablé
Et toute la nuit, au clair de lune,
Les filles nubiles enivrent la foule
De leur danse Initiatique.


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NOUS VOICI TOUS


Les volets s'écartent
Écarquillent leurs arcanes
Et bâillent profondément
Dans la rosée matinale.
L'aube traîne ses toiles
Sur la teinte des toitures
Et dévoile sa face
Courbée, couchée
Sur la colline.
Le vent vibre sur les corps
Flagelle les flancs fragiles
De la vieille ville.
Et les vagues se brisent
Sur la grève rocailleuse.
Les esprits lointains
Ressuscitent parmi les morts
La vieille carcasse de leurs os
Rouillée usée par l'usure du Temps.
Et nous voici tous,
À l'épreuve de la grande vérité,
Nous voici tous
Étourdis,
Étonnés nous-même
De nos vieux os de pauvres mortels !


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TROUBLES NOCTURNES


Les cloches crachent leur colère en hauteur de la ville
Les ombres légères trahissent les lumières livides
Et dans les artères désertées par la foule insouciante,
La nuit princière étale ses voiles sur toutes les formes
Aux flancs vétustes qui courent et déversent
Leurs pâles rumeurs sur la face cachée du jour.
Les silences s'enfoncent dans les cornes caverneuses du Temps
Les accents syllabiques écorchent les entrailles du crépuscule
Et là-bas, au fond des bois profonds,
Les chants lyriques du troubadour caressent les âmes indolentes.
Le jour étourdi, s'ennuie derrière les collines silencieuses
Et les esprits lointains se vident de leur substance spirituelle.
Sur le versant de la vaste clameur vespérale,
Les voix viriles verrouillent les fastes du couchant
Et leurs clameurs viscérales, dans les vallées profondes,
Déchirent la chair poreuse du rivage solitaire.
Au raz du sol, l'écho fraternel du silence escorte
Le souffle des mortels dans leur demeure éternelle.
L'humeur blafarde de ce jour bâtard étourdit les âmes
Et pendant ce Temps, les troubles nocturnes torpillent mes angoisses
Et foudroient tous mes sens
Les odeurs de corps putréfiés obstruent mes narines
Longues comme deux tunnels parallèles
S'étirant dans les sentiers ténébreux.
La vieille carcasse de mes os rongée par la rouille
Reprouve l'éternel repos des mortels
Mon regard embrouillé par la brume et le brouillard
Résiste à l'assaut perpétuel du sommeil
Attendant que demain l'aube purifie mes longues insomnies !


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ESPOIR


Un rêve dans le ciel
Une lumière dans les ombres
Un sourire dans le deuil
Une étoile dans le vide
Un espoir au bout de la route
Des fleurs dans les champs
Des rires dans la foule
Des sacrifices qui tombent
Les peines qui s'essoufflent
L'aurore sur les sueurs
Mes regards brillent
Mon cœur hurle
Mon âme croit
Demain sens la victoire
Des conquêtes
J'espère…


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JE VIENDRAI


Je viendrai cette nuit comme un fier alezan
Eteindre devant toi mes douleurs qui m'affament
Mon vieux regard blafard, épuisé par les ans
S'affaisse et sanglote, tourmenté dans son âme

Où trouverai-je un jour le soleil des étés ?
Ici dans ce gouffre, mes joies se sont fanées
L'espoir évanescent de mes rêves éreintés
S'est assombri au loin, répudié, condamné

Dans le tumulte déroutant du navire en furie
Dans le tumulte inquiétant des rêves ahuris,
J'ai en vain cherché une ombre délirante

Jusqu'au dernier souffle de ma fidélité
Je viendrai, avec toi, loin des impuretés,
Communier pour oublier cette vie effrayante.


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AMERTUME


Au soir de l'été, au milieu des souvenirs,
Dans la douceur échevelée du zéphyr
Je me rappelle de ta beauté olympienne
Et de tes fragiles formes sahéliennes

Tes ombres légères traînent sur mes ennuis
Le silence alentour se brise et s'étourdit
Et dehors les folles rumeurs du jour
Se dénudent au soleil prochain de notre amour

Pas de lumière au-dessus des toits !
Valse mélancolique qui verrouille mes voix !
A la porte de l'hiver, au détour des aubes qui se lèvent,
Mes joies juvéniles s'arrêtent et s'achèvent

La tristesse morne du soir trahit mes humeurs !
Le ciel drapé de ses inquiétudes conspue mes frayeurs.
Le vent caresse le rivage, file puis s'arrête, ému !
Et mon cœur accorte, attendri ne bat plus

Dans la clameur des jours fastes de nos ivresses
A l'appel pressant de tes lèvres, Ô Princesse,
Je viendrai, je viendrai à la hauteur des collines,
Te chanter une complainte sur les roches cristallines.

Dans la rumeur confuse des pèlerins sur la route
Je viendrai proscrire en toi le doute
Pour que tu saches que quoi qu'il arrive
Je regarderai toujours vers tes rives purificatrices.


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L'AUBE ATTEND


Le souffle des corps
Qui errent dans les tempêtes….
La cavale langoureuse
Des âmes affolées…
Le bruit des pas
Sur le pavé…
L'écho du silence
Au ras du sol…
La lune, le soleil
Sur les dunes
Et le désert furieux
Qui glisse entre les pas.
Le bruit des cloches
Entre la brise et le vent…
L'appel triomphal des amazones….
Les mains victorieuses s'agitent
Les vagues ivres et le couchant
S'embrassent et courtisent le ciel.
Les corps éreintés qui attendent,
Bâillent au seuil du retour.
Les silences se parlent
L'eau coule dans les cœurs
Les larmes au fond des fleurs
Les pétales se fanent
Les espoirs,
Les rires
Les rêves
Se meurent
L'aube violée
S'étouffe,
Attendant
Le meurtrier.


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VŒUX D'EXIL


Je voudrais mourir,
Tomber du haut de la falaise,
Et renaître sur une terre inconnue
Loin de vos calomnies et de vos haines viscérales
Qui affament et troublent ma quiétude
Ici, entre ces murs et ces barbelés
Je n'ai connu aucun repos, aucun répit
Le suicide se remue dans mon âme
Et l'exil aussi me tente, me flatte
Rester encore ici, persévérer,
Alors qu'il y a peu d'espoir
Au bout du tunnel
Rester encore ici
Alors qu'il y a peu d'espérance sur la route
Et que les espaces aussi se rétrécissent
Et que les lumières même se dissipent
Je préfère signer ici ma déchéance,
Signer ma défaite et laver mon honneur.
Je préfère mourir en martyr
Que de vivre dans le dénuement
Ici, sans lumière, sans amour
Sans rêve, sans avenir pourrai-je continuer
A feindre d'être heureux
Dans cet engouement de regret
Et de rêves contrariés
Par l'usure des âges ?


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AU SEUIL DU RETOUR


Au seuil du retour inespéré,
A l'attente de tes pas inattendus
La nuit s'affole et les fleurs tombent
Les sueurs inondent les fronts blafards
Les lèvres se sèchent au soleil
Les regards ahuris s'étourdissent.
Les lumières s'effacent
Les ombres se fanent.
Le jour s'inquiète
Le silence s'agrippe sur le Temps
La vie passe. L'air coule.
Les eaux s'endorment.
Les rêves s'écroulent
Les sourires s'effeuillent
Les joies s'évanouissent
Les cœurs s'assombrissent.
Le bonheur s'enferme
Dans le silence des ténèbres
Mais un jour viendra,
Et j'irai te conquérir,
J'irai me soûler de tes caresses
Les yeux fermés, je me jetterai dans la falaise
Pour chercher ta demeure.
Loin des souvenirs anxieux
Et des nostalgies perdues dans
L'amertume du rire


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LE SILENCE DES AMOUREUX


Les vagues se sont tues….
Les eaux profondes errent puis s'arrêtent.
Le rivage solitaire semble plus calme
Et l'air fredonne l'accent de ta voix suave.
La mer bouge à peine…
Le silence alourdit le Temps.
Ton absence s'éternise au seuil de l'espérance
Et mes attentes vieillissent dans la poussière.
Le soleil s'accroupit à la lisière de ton corps
Ses effluves argentées submergent l'asphalte de nos rêves.
Et tes ombres renaissent à la hauteur des collines.
Mon âme fatiguée s'arrête au seuil des espoirs.
J'écoute ta voix vibrante battre fort dans mon cœur.
Mes rires se desserrent, mes rêves revivent. J'exulte de joie.
Les perles autour de tes hanches endiablées
La courbe délicate et ferme de tes seins dessinent l'horizon
Et réinventent le contour de mes envies
Qui renaissent de leur dernier souffle
Entre un baiser mortel
et un fantasme à fleur de peau


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POURQUOI ?


Pourquoi vivre
le cœur serré,
la gorge étranglée,
la bouche sans saveur,
l'âme sans rêve,
sans vie,
sans flamme
sans amour ?
Pourquoi vivre
avec des épines
dans le cœur,
des serrures
entre les flancs,
des chaînettes
entre les pieds ?
Pourquoi vivre
dans un monde
sans goût
sans charme,
sans couleur,
entre des fauves
prêts à vous couper la tête ?
Pourquoi,
pourquoi vivre
l'éternel recommencement
des erreurs,
heureux ou malheureux
mais souvent tristes,
s'il faut toujours se poser
la question
pourquoi, pourquoi,
sans trouver de réponse ?


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NOUS AVONS MARCHÉ


Nous avons marché, traversé les antres et les bois,
Le long des routes caillouteuses de Midi,
Le long des sentiers sinueux
Où la nuit se réfugie avec les oiseaux nocturnes.
Nous avons marché, les pieds dans les braises,
Les épaules usées par la rigueur du temps,
Les têtes fondues sous la fièvre des Soleils.
Nous avons marché sous les vents, la faim au ventre,
Et pourtant, nous continuons
De marcher dans les ténèbres,
Nous les maîtres de l'aventure !
Nous avons marché, traversé les forêts denses,
Surmonté les montagnes abruptes
Qui se dressent devant tout affront,
Roulé nos pieds dans le sable chaud du désert.
Nous avons marché, nous les pèlerins des temps nouveaux,
Marché pendant longtemps et encore longtemps, haletant,
Surmontant les obstacles, frôlant le suicide,
Et entre la Vie et la Mort,
Nous voici, à présent, devant le temple de la Vérité…


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PRIERES PAIENNES


Mes prières païennes se referment derrière mes paupières flasques
Et j'ai perdu ma lucidité et surtout la quiétude de mon cœur.
Ma colère démentielle a atteint son paroxysme.
Mon désir virulent de liberté a fini par s'estomper au bout de la falaise.
L'espoir s'est fané sur ma route.
Les lumières se sont éteintes sur les sentiers silencieux.
La brume embrouille mon regard.
Le vent vibre, passe, souffle sur mon corps épuisé
et ma tête s'écroule sous le poids de mes douleurs.
Le soleil brille, la lune luit. Tout passe. Mais je reste inerte.
Je me réfugie dans mon silence. Je refoule en moi mon amertume.
Mais pourrai-je un jour retrouver mon chemin brouillé par les sables ?
Je détourne face du ciel. Pour moi Dieu n'est plus ici, il est ailleurs. Il est absent.
Je regarde maintenant droit devant moi, j'avance, un peu inquiet.
Je mesure enfin l'éternelle communion des cœurs et l'union sacrée des âmes.
Je renais de mes cendres. Je me redécouvre dans l'épreuve langoureuse.
Je m'arrête. Je regarde. La vie s'affaisse autour de moi. Quelle souffrance !
Sur l'autel de la grâce, j'ai vidé toutes mes larmes, épuisé toutes mes sueurs,
Chanté de toutes mes forces, espérant que demain une lueur éclaire mon âme.
Mes vœux d'hier se sont effrités. Je recommencerai ma route.
Seul, je remonterai la pente jusqu'à la colline pleine d'espérance.
Là-bas, j'irai me recueillir avec mon âme.
De grâce je ne voudrais pas entendre vos rires haineux et vos regards envieux
       travestir ma repentance et troubler mes sommeils


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J'ESPERE


Le ciel me fait une triste grimace. Je regarde.
Une larme tombe sous mes pieds.
Je saigne encore. Mes blessures ont repris surface.
Les mots foisonnent dans ma tête. Je m'arrête, reprend mon souffle.
Où aller ? Ma vie n'est faite que de fuite, de doute et de crainte.
Toute cette fatigue accumulée, je me sens assommé maintenant.
Tous ces moments durs endurés, je me sens diminué, affaibli, maintenant.
Je vois les temples même se refermer. Les foules se disperser.
Seul contre tous j'avance.
J'avance au milieu de cette ruine. La route s'allonge, s'étire et se referme.
J'avance, j'hésite... Mes pas incertains se suivent...
J'essaie de me frayer un chemin au milieu de cette ruine
Dans cette ville cruelle, dans cette ville hideuse, insolente, indolente,
J'essaie de me reconquérir, de recomposer un nouvel hymne à mon âme.
Chaque désespoir, chaque crainte, se mue en vers et parole lyrique.
Mais pour combien de temps va-t-elle durer cette parade ?
Je ne sais point. Le temps m'échappe. Les minutes s'éternisent
Verrai-je enfin la lumière du jour ? Saurai-je enfin le bout du tunnel ?
Ma face rayée encore tournée vers le ciel espère !
Je tiens dur. Veillées de prières nocturnes.
Chapelés égrenés. Psalmodies de parole divine.
Cantiques et versés mêlés.
J'espère !


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DÉPART


Les voiles s'ouvrent sur mes détresses
Et mes silences se referment sur mes tristesses
Le ciel me fait une tendre grimace
Et je m'enferme encore dans ma carapace.
Dans ce refuge de vie austère
Je préfère vivre de vœux et de prières
Je n'ai connu que des nuits sans sommeil,
Que des jours sans repos, sans éveil.
Je n'ai connu que la soif et la faim
Que des deuils et des larmes
Et vous voudriez que je reste encore
Et que je persiste à croire naïvement
À une main salvatrice ?
Je m'écarterai de vous
Je prendrai désormais ma route
Seul, désormais seul,
J'irai me glisser dans le silence de la nuit
Emprunter les chemins interdits
Et rejoindre là-bas
La rage et la clameur des exilés
Qui tentent eux aussi
Leur éternelle quête du bonheur.


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SILENCE


Dehors, tout est trouble,
Tout est calme,
La mer bouge à peine.
Pas de bruit, pas de cri.
Les rumeurs des champs,
Les clameurs de la foule,
Plus rien ne parle,
Le silence y règne,
Les heures filent, se bousculent,
La rue se vide de sa foule
Le ciel se referme.
Les nuages se chevauchent,
Les routes s'obstruent,
Les volets s'envolent,
Tout s'en va,
Tout quitte l'âme meurtrie de cette vie
Tout délaisse cette ville, cette vie
Tout la quitte, la laisse.
Je regarde… Pincement du cœur.
Mon âme s'affole,
Mes pensées s'entrechoquent,
Une envie de suicide me ronge.
Partir, partir !
Partir de l'autre côté,
Partir ! Prendre le large.
Fuir devant sa colère.
Non ! Je refuse la défaite.
Je refuse la lâcheté.
Je reprends mes forces.
Je me lève. Debout !
Debout, debout, je me lève.
Je me lève dans la foule,
La rue se vide de sa foule.


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REVES NOCTURNES


La nuit est douce, douce de miel et de sel,
      de senteurs et de saveurs…
Le silence, alentour, perce les cœurs comme une chorale.
      Il s'empare de tout mon être,
      comme une tempête de sable…
Mes sens vibrent,
      processions d'images sans suite,
      suite d'ombres sans fin,
      cavales tumultueuses de rêves inachevés…
Mon imagination voyage aux goûts de ses humeurs,
      de rive en rive, de rêve en rêve,
      d'escale en escale jusqu'aux périples de nos songes…
Là-bas, point de place à la réalité concrète des choses.
Là-bas, point de place aux règles, aux interdits, pas de barrières.
      le mystère assassine le rêve innocent…
La lumière pourchasse les ombres impies
      et l'âme du poète voyage en toute liberté,
      et son esprit, délivré, s'en va à la conquête des surfaces.
Surgissent alors, en son cœur, des rêves insensés
      qui sécrètent en lui des saveurs messianiques…
Là-bas, tout est clarté, ordre et beauté.
Là-bas, tout est silence, volupté, sensualité
      et c'est là que je traîne en moi toutes mes illusions
      qui sécrètent mes songes solitaires…


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L'ESPACE DU REVE


Le soleil s'est éteint dans un brusque silence anonyme
Le bruit des vagues courtise nos rêves inachevés
Le rivage des côtes s'éveille à la pureté des heures
Les oiseaux convolent en noce
Les heures se précipitent, s'échappent puis cavalent
Mes joies nubiles se dénudent, épousent l'accent du rêve
Et se prostituent dans mes rires viciés par l'insouciance
Je remonte, je remonte sans cesse à la hauteur des mots
Je me hisse au dessus de la mêlée disparate de mes vers
Et là même, j'invente un autre monde
Ici même à la face de ce monde crapuleux,
Après avoir tant chevauché entre les roches,
Je viendrai revivre au milieu de mes rêves vieillis par les âges
L'éternelle espérance des aubes rejaillit en moi
Et court en de longues chevauchées sur l'asphalte osseux de mon corps
Je remonte le temps. J'arpente les chemins oubliés
Et ici même j'invente l'espace du rêve


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