caloucaera poésies 25 juin 2007



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Alexandrin Fatal
L'Homme est né libre
Nous voici tous
Troubles nocturnes
Requiem
À l'Homme
On écrit, on écrit…
Je médite
Ceux qui vivent
J'aime la parole
L'espoir bourgeonne
Confidences épistolaires
Recueillement
Cris d'exil
Je remue mes plaies
Au bout du matin
Ce qui me reste
Cris lointains
Ma route se referme
Désespoir


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ALEXANDRAIN FATAL


Djamal Sourou SMITH


Après avoir été absorbé, pendant longtemps, par des problèmes de survie de sa scolarité, Djamal revient complètement transformé.
Désormais, il écrit en alexandrins classiques et s'exprime comme un prophète sur les problèmes angoissants du monde qui nous entoure et son art s'adapte parfaitement à son ambition !


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Alexandrin Fatal


Ce siècle de terreur me fait peur tous les jours.
Où trouver la paix là où il n’y a plus d’amour ?
On crucifie la joie et l'on prône la haine.
On viole, on violente et on alourdit les peines.
La terre est devenue un dépôt de souillure.
Le ciel est sans couleur. L’horizon est impur.
La haine est sans mesure et la violence inouïe.
On crie, on s’alarme, le cœur endolori.
Et le sang répandu appelle à la vengeance.
On oublie Dieu, la loi. On sème la souffrance.
Pourtant si grand, si haut, Dieu, au ciel, qu’on vénère,
Qu’on adore en tout lieu – chacun à sa manière -
N’est-il pas en nous le lien qui unit les hommes ?
N’est-il pas cette lueur dans les cœurs qu’on assomme ?
Il n’est ni noir, ni blanc ; ni ici, ni là-bas !
Il n’a ni mesure, ni limite ici-bas !
Pourtant on croit l’avoir dompté entre les murs.
On le prie, on le cherche en vain, le cœur impur !
On exclue, on bannit, on se sert à dessein.
On pille les esprits, on s’invente des saints.
Ah ! Si Dieu pouvait même un jour, sur nous, descendre !
Si sa colère un jour pouvait, sur nous, descendre !
Dans les temples, les hommes endurcis dans leur foi.
Ont égaré les cœurs et corrompu les âmes.
Que tombent, sur eux tous, l’opprobre et les flammes !
Par eux, ce siècle horrible a perdu ses repères.
Charlatans, grands sorciers, ils ont terni la terre !
Que tombe le verrou pour que les esprits,
Un jour, se libèrent de ce cercle banni.
On brûle, on saccage - au fond on se dit pieux -
On s’érige en prophète - et l'on se dit vertueux -
On se proclame dieu à ces faibles d’esprit.
On affole la foule. On sacrifie les vies.
Ah ! Pour Dieu ici-bas, combien d’hommes, encore,
Mourront-ils sur le sentier, loin de tout remords.
Sans qu’on ne s’émeuve, sans qu’on ne se confesse ?
Sans que ce crime ignoble et vil, un jour ne cesse ?
Tous les jours les nations se tuent et se déchirent.
On se sert de Dieu pour briser et détruire.
Je pense à vous, Ô fils d’Israël, Peuple travailleur !
Je pense à vous, Ô fils du Liban en douleur
Et à toi Palestine et tes vaillants martyrs,
Ce siècle de terreur inouïe t’a vu périr.
Mais quand viendra la paix de toutes les Nations
Pour qu’on puisse sauver la civilisation ?


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L'Homme est né libre


« L’homme est né libre, mais est partout dans les fers ! »
Un grand penseur l’a dit en voyant nos misères.
Partout, en tout lieu, on étouffe les cœurs.
On brime les esprits. On irrite les peurs.
On éteint les ardeurs de l’homme qui s’élève.
Les amours et les joies s’affaissent et s’achèvent,
Les corps putréfiés s’oxydent, se calcinent.
Personne ne s’émeut ! La colère divine,
Un jour, viendra-t-elle s’abattre sur les hommes ?
On prie dans les temples et l'on oublie, en somme,
Que ce frère là-bas, crasseux, qui fait le manche,
Qu’on bannit, qu’on exclue, qu’on ôte, qu’on retranche,
C’est une partie de nous-même qu’on ignore.
Essayez : Tuez-le ! Vous verrez le remords !
Aimer, aimer est donc si rare sur la terre ?
Là où l’esprit de Dieu souffle, vibre et libère,
On voit se dresser les forces maléfiques.
La haine, le mépris trahissent les cantiques.
Il n’y a plus de vertueux. Tout le monde est impur !
Je voudrais partir loin, chercher dans l’aventure,
Une île, une enclave où méditer en silence.
Rester ici inerte et voir dans l’indolence
Tout périr dans le cœur profond de cette vie
Et laisser le bonheur tomber sur le parvis !
Non ! Les peuples clament leur colère et m’appellent
Les foules me supplient de leur voix éternelle
Pourrai-je même vivre ici en délaissant
Ceux qui votent, qui crient et qu’on oublie souvent ?
Non ! L’homme est né libre et le sera pour toujours
Si la haine divise, on sèmera l’amour.
Mais pour l’instant, luttons tous sans cesse ici-bas,
Nous changerons la vie en passant par le bas !


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NOUS VOICI TOUS


Les volets s’écartent,
écarquillent leurs arcanes
et bâillent profondément
dans la rosée matinale.
L’aube traîne ses toiles
sur la teinte des toitures
et dévoile sa face
courbée, couchée
sur la colline.
Le vent vibre sur les corps
flagelle les flancs fragiles
de la vieille ville.
Et les vagues se brisent
sur la grève rocailleuse.
Les esprits lointains
Ressuscitent, de parmi les morts,
la vieille carcasse de leurs os,
rouillée, usée par l’usure du Temps.
Et nous voici tous
à l’épreuve de la grande vérité,
Nous voici tous,
étourdis,
étonnés nous-même
de nos vieux os de pauvres mortels !


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TROUBLES NOCTURNES


Les cloches crachent leur colère dans les hauteurs de la ville.
Les ombres légères trahissent les lumières livides.
Et, dans les artères désertées par la foule insouciante,
La nuit princière étale ses voiles sur toutes les formes
aux flancs vétustes, qui courent et déversent
leurs pâles rumeurs sur la face cachée du jour.
Les silences s’enfoncent dans les cornes caverneuses du Temps.
Les accents syllabiques écorchent les entrailles du crépuscule
et, là-bas, au fond des bois profonds,
les chants lyriques du troubadour caressent les âmes indolentes.
Le jour étourdi, s’ennuie derrière les collines silencieuses
et les esprits lointains se vident de leur substance spirituelle.
Sur le versant de la vaste clameur vespérale,
Les voix viriles verrouillent les fastes du couchant
Et leurs clameurs viscérales, dans les vallées profondes,
Déchirent la chair poreuse du rivage solitaire.
Au raz du sol, l’écho fraternel du silence escorte
le souffle des mortels dans leurs demeures éternelles.
L’humeur blafarde de ce jour bâtard étourdit les âmes
Et, pendant ce Temps, les troubles nocturnes torpillent mes angoisses
et foudroient tous mes sens.
Les odeurs de corps putréfiés obstruent mes narines
longues comme deux tunnels parallèles
s’étirant dans les sentiers ténébreux.
La vieille carcasse de mes os rongée par la rouille
reprouve l’éternel repos des mortels.
Mon regard, embrouillé par la brume et le brouillard,
résiste à l’assaut perpétuel du sommeil,
attendant que, demain, l’aube purifie mes longues insomnies !


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REQUIEM


Le guerrier, dans les tranchées, ne recule pas devant tes pas lourds et pesants
Mais drapé de peur bleue, il avance et te brave dans l'honneur !
Le condamné, comme le captif, t'affronte, même dans la crainte de tes bras
Et je proclame ici la laideur de ta beauté vile comme venin de vipère
Je sais que tu voudras porter sur moi tes punaises et tes sales mains hideuses
Mais je ne me déroberai point !
Mon courage de pur-sang nègre ne faiblira jamais
Dans tes yeux perfides de meurtrier, je voudrais te fixer
Sans fléchir, sans tomber bas comme une bête qu'on abat
Qu'attends-tu alors pour fendre ma tête écervelée et la vider de ma cervelle ?
Qu'attends-tu pour briser mon crâne dure comme roche
Broyer mes os squelettiques et endiguer la force de mes entrailles ?
Ah, si tu savais comme je désespère de cette longue attente !

* *


Je ferme les yeux derrière mes paupières flaques
Ton étendard sur ma chair et ton sang rougi et ton suc me sucent et me vident !
Cloîtré dans mon silence délabré, défiguré dans la pureté de mon regard,
J'attends que tes ongles me rongent la poitrine, me trouent les organes.
Je sais que tu ne viendras qu'à l'heure festive en temps d'hivernage,
Mais qu'importe d'ailleurs, surtout que je suis toujours prêt à me rendre
Je ne me déguiserai plus derrière ce masque qui ne me masque pas
Derrière ce voile qui ne voile pas, mais qui enlaidit plutôt que de plaire.
Tu ne m'effrayeras plus jamais, oh non, tu ne m'auras point !
Et ton ombre affreuse ne désarmera plus ma soif ardente de vivre
Qui irrigue toutes mes veines et déborde sur ma bouche
Je t'attendrai mille fois aux portes hautes de ta cité lépreuse
Dans la patience de mes longues nuits de tourmente
Ma foi ne périra point dans ta lassitude épuisante
Et ton ombre ne pourra contenir toute cette force vitale qui m'anime
Me soulève, me ravive et me bande les yeux
Car il faudrait être aveugle pour vivre pleinement !
Il faudrait se soûler d'inconscience pour oublier sa faiblesse périssable !

* * *


O, mort immortelle qui surmonte le temps à travers mers et continents
Je t'appelle trois fois dans ce haut lieu de deuil,
Où les cantiques ne distraient plus les cœurs vidés de leur sang
Dans ce lieu où ton souffle contagieux secoue le reste de la troupe,
Je t'appelle pour que tu viennes à travers dunes et sables
Me visiter, m'habiter et peut être m'animer
Car le sourire s'est exilé de ma face fade
Qui sourirait d'ailleurs dans la dernière heure de détresse
Dans les dernières minutes de l'agonie qui signe le silence ?
Et il est vrai, tu m'effraies d'une frayeur qui brûle toute audace
Et je ne sais dans quel refuge trouver ta clémence
Je t'appelle donc trois fois comme dans une ultime délivrance
Pour te passer, en dessous de table, quelques pots-de-vin
Pour que tu me laisses encore jouir pleinement des plaisirs terrestres.
Car, qui dirait qu'au ciel, je vivrais éternel dans le Temps ?
Qui dirait que dans ton royaume je serai promu prince ?
Aux soins de mille princesses et l'appétit de mille désirs célestes ?
Je te sens venir sans escorte ni fanfare et je tremble comme une feuille
Et mes vertèbres se désarticulent et mes membres se démantèlent
Mon échine lasse s'incline, complètement soumise, complètement absorbée
Car quel prêtre, quel empereur, même grand comme César,
Pourra-t-il ne pas faiblir devant ta perfide volonté qui s'abat sans aucun remord ?

* * * *


Ô Seigneur, épargne-moi cette douleur qui fouille mes entrailles !
Mon cœur saigne et mon sang gicle dans mes veines
Je voudrais que tu m'accueilles à ta droite, dans ta sainte demeure
Parmi tes fils arrachés au nombril de la terre
Je sais que l'homme n'a aucune emprise sur le Temps
Que le coup d'horloge peut sonner à tout moment
Que tous ici, nous sommes de pauvres mortels inconscients et instables
Et que dans l'espace bref de ce voyage qui draine tant de foules,
La prochaine gare n'est pas loin - juste à deux pas d'ici !
Je sais que la terre sera ma demeure, qu'elle me recevra, bras ouverts parmi les termites,
Que le sol rongera ma chair, que tout mon corps pourrira dans un éternel silence
Mais Seigneur, toi qui nous fis périssable, toi qui est Maître de nos vies
Je te prie juste de faire que ma mort soit plus lente et plus douce
Et que sa sève me remonte comme un baume jusqu'à la tête et me soûle
Car je voudrais préserver cette dernière saveur dans l'éternité de mes humeurs !

* * * * *


Je laisse mon corps au bout du ravin avec le désordre de tous mes regrets.
Je m'abandonne à toi, O mort, dans ton caveau et dans ta gorge de vautour.
Toi qui n'a ni forme ni visage
Toi qui ne connaît ni couleur ni race
Viens me prendre parmi les miens et me placer parmi les autres dormeurs éternels
Je me dépouillerai de tout trésor, sinon comme fortune je voudrais garder le poème
Rythmique dans ma mémoire écartelée qui ne mémorise plus rien
Car ce n'est que dans la mort que l'on renaît vraiment
Et au lieu qu'on me pleure le jour que je partirai pour le long voyage,
Je voudrais qu'on m'acclame, qu'on me clame haut mes poèmes langoureux,
Et je voudrais surtout te sentir, O Mort tant réprouvée,
Je voudrais sentir tes jambes se frotter sur mes cuisses, vibrer sur mes côtes
Je voudrais te sentir flâner encore un peu sur mon corps, t'attarder sur mes formes
Et écouter dans ma poitrine mon cœur viril qui lutte se déchire, se froisse et s'étourdit.

Tu ne m'auras jamais sans une lutte acharnée…
Je voudrais t'infliger une dernière défaite avant le dernier soupir !


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À L'HOMME


Homme pourquoi as-tu peur du décret
Final des cieux qui s'acharne sur nous ?
Tu pleures, cries, clames au sommet,
Rompu, à genoux !

Nos sorts ici bas comme ceux de nos frères
Ne sont-ils pas ainsi faits : de douleur
De regret, de crainte dans nos viscères
Et nos pauvres cœurs ?

Ne pouvant rien faire, je me soumets !
Fais alors comme moi : Retiens tes larmes
Récuse et refoule tous tes regrets,
Éveille ton âme !

La loi est ainsi faite pour tous :
On vit, on grandit, puis un jour on meurt !
Il n'y a rien à faire. Sans heurt, ni secousse,
On va sans frayeur !

Ne t'afflige donc pas ! Sois juste heureux !
Profite du temps, profite de l'heure !
Car le bonheur, un jour, s'en va aux cieux
Sans crie, sans douleur !

Jamais ici on n'achèvera l'œuvre !
Fais juste autant soit peu avec amour,
Profite du temps qui s'étale et s'ouvre
Aux sons du tambour

Les rois sont venus conquérir nos villes
Les empires ont défait les victoires
Mais où sont ils, dis moi, où vivent ils
Après tant de soir ?

La règle est simple : Tout, un jour s'en va !
La vie est éphémère et déroutante.
Tout deviendra cendre et chacun ira
En suivant la pente.

Nos héros, nos grands penseurs sont partis.
Nos rois, nos seigneurs, nos maîtres, nos gloires,
En silence, ont quitté tous cette vie
Pour le reposoir !

Et toi ici tu t'alarmes sans cesse
Tu ne te crois pas alors périssable ?
Ferme tes yeux et oublie ta détresse !
Tout est vulnérable !

Cette vie est ainsi faite : Elle invite
Les vies ; elle charme et elle distrait
Et nous laisse crouler au fond du gîte
Depuis le sommet !


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ON ECRIT, ON ECRIT…


On écrit, on écrit. Pourra-t-on être lu ?
Les poèmes qu'on écrit seront-ils retenus ?
Les vers qu'on sublime, les rimes qu'on chantonne
Et cette prose qui, dans tous les cœurs, résonne
Pourront-ils résister au temps et à l'usure ?
Pourront-ils retenir le soldat et l'armure ?
On écrit, on écrit. Quelle joie d'être lus ?
Les poèmes qu'on écrit seront-ils retenus ?
Aujourd'hui ou demain, peut être dans cent ans
Serons nous, serons nous, cités dans tous les vents ?
Certes, on n'écrit pas pour la gloire ou le nom !
On n'écrit surtout pas pour l'ascension.
Si on monte au panthéon, c'est par l'amour des lettres
Si on s'en va plus haut jusqu'à un jour renaître,
C'est que la muse est belle et le verbe fécond !
Combien d'hommes, de rois, de prêtres de renom
Ont-ils quitté la vie sans laisser leur trace ?
Il neige, il goutte, il pleut ! Tout s'en va et trépasse !
Ce qui reste ici-bas, c'est ce qu'on a écrit
Par-delà le Temps et qui retient les esprits
Par-delà les ans, marqués dans les mémoires.
Viendra donc un beau jour, un matin, un grand soir,
Nous sortirons de l'ombre, émus par vos clameurs !
Les mots vont haut, plus haut. Ils n'ont pas de candeur
Ils marquent le siècle et traversent les époques.
Je voudrais voir un jour, au-delà des Tropiques,
Mes poèmes qui vont haut dans le cœur des hommes.
On écrit, on écrit mais que veut-on en somme
Si ce n'est être grand, si ce n'est être lus ?
Si ce n'est que nos vers soient un jour retenus ?
Lamartine et Hugo ne sont ils pas partis
Et pourtant, ces grands noms retiennent nos esprits !


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JE MEDITE…


Parfois seul, vraiment seul, dans le noir je médite !
Des questions obscures me harcèlent et m'agitent
Est-ce folie, démence, ou bien perversion ?
Je ne sais ! Je l'ignore ! Ou bien est-ce aversion
Pour la vie ici-bas ? Peut-être ! Mais ce monde
M'exaspère et me lasse. Est-ce péché immonde
Dites moi, je vous prie, que de voir en la vie
Qu'un piège éternel où agonise l'esprit ?
Dites, vous grand Rabin, grand Imam ou Pasteur
Que fait-on ici-bas, tourmenté par la peur ?
On vie puis on s'en va ! Mais dites, où va-t-on ?
Est-ce au ciel ? En enfer ? Où va-t-on, où part-on ?
Dites ! Car, fatigué par la vie que je mène,
Mon cœur n'a pas de goût et ne vie que de peine !
Un jour je suis heureux, un autre je m'attriste.
Jamais, jamais l'amour, et toujours la détresse !
Jamais, jamais la joie et toujours l'amertume !
Où vais-je deverser ma peine ? Dans la brume ?
Dans la brise ou le vent ? Ou soit dans vos temples ?
Non ! Jamais ! Et rien qu'à y songer, je tremble.
J'ai cherché des oasis et aussi quelques Îles
Je suis parti très loin, recherchant dans l'exil
La paix, la liberté loin du monde agité.
Mais même là bas, triste, et surtout tourmenté,
Je n'ai pu avoir ni repos, ni répit.
Ma vie pèse très lourd sur ma tête éreintée.
Vivre et rester ici ? Quoi de plus espérer ?
Il n'y a rien qui m'égaie. Tout est peine et ennuie !
Donnez moi, donnez moi, la force, je vous prie,
De m'ôter cette vie, de partir avant l'heure
De périr parmi vous, sans trop d'heurt ni douleur !
C'est ce qu'il y a de mieux, de plus beau, de sublime !
Renoncer à la vie et tomber dans l'abîme !
Ah ! si je savais même où mon âme s'en ira !
On me parle d'enfer quand on meurt ici-bas !
On me parle d'Eden quand on va vers le ciel !
Mais où vais-je donc moi qui n'a rien de rebelle ?
J'ai dit le mal, j'ai fait le bien, chantant l'amour
Semant partout la paix et la joie au grand jour.
Suis-je bon ou méchant ? J'ai fait ce que j'ai pu.
Va-t-on me condamner et m'enfermer tout nu,
Me laisser dans le feu parce que je renie,
Je refuse surtout vos temples d'hérésie ?
Ah non ! Pendez-moi donc ! Jetez-moi jusqu'en bas !
Sans même resister, j'irai vers le trépas !
Car que fait-on ici, au milieu de ces guerres,
Au milieu du suicide et parmi les misères ?
On est né poussière, on partira poussière.
C'est écrit quelque part, même dans nos viscères.


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CEUX QUI VIVENT…


Ceux qui vivent sont ceux qui luttent tout le temps,
En longueur de journée, dans la brise et le vent,
Sans repos, ni répit, avec force et amour.
Ce sont ceux qui se tuent et meurent chaque jour
Pour qu'on puisse vivre de leur fruit ici-bas !
Même dans la sueur, ils ne baissent les bras.
Jamais on ne les voit un jour se plaindre ici !
Pourtant on les ignore et souvent on oublie
Combien ces êtres purs méritent nos respects
Ils ne demandent rien ! Pourtant on les soumet,
On les brime, on les charge, on étouffe leur vie
On les voit dans les champs, au soleil, sous la pluie,
Ils offrent leurs âmes et leurs corps au labeur
Et leurs regards vieillis pourtant par la douleur,
Continuent de briller. Ils pouvaient renoncer
A la tâche et pourtant, fatigués et usés,
Ils gardent leur sourire et oublient leur frayeur
Ils n'ont pourtant que Dieu et leur foi et leur cœur
La vie leur dit peut de choses. Ils ne veulent
Ici bas, que voir la terre entière germer
Et les plantes pousser dans les champs labourés
Ils attendent, débout, que le soleil revienne.
Ils attendent, courbés, les pluies diluviennes.
On les voit dans l'usine, eux qui n'ont que leur force,
Ils croisent les fers et se brisent les torses.
On les voit tous les soirs, en une longue file,
Remonter la pente qui mène aux bidonvilles
Ils sont là, silencieux. Pourtant dans leurs regards,
Dans leurs yeux fatigués, leurs visages blafards
Laissent voir leur souffrance et toute leur misère.
Ils n'ont que Dieu et vivent là tout l'enfer !


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J'AIME LA PAROLE


J'aime la parole ! Qu'on la sublime,
Qu'on la mesure et qu'ensuite on la rime !
Le verbe est un don de Dieu à l'Homme
Pour chanter cette vie qui nous assomme
Pour bercer les cœurs que surprend la Terre
Chantez, chantez, Ô chantez donc mes frères
Car la muse est belle à qui sait entendre
Et quand on l'aime, on la suit dans ses méandres
Rien n'est si beau et ne vaut ici bas
Que quand on chante de sa propre voix !
La parole est belle et reste éternelle :
On la courtise partout dans le ciel
Tous les prophètes s'en sont tous servis
Et les rois et les mages eux aussi
Ont été flattés par son émouvant
Charme qui fait que les cœurs se reposent
Car elle est l'essence de toute chose.
Elle émeut, elle distrait la détresse
De l'homme le plus triste qui se stresse
Mais parfois le verbe vibre et explose
Laissons le donc s'exprimer par la prose
Car la parole est une mer mouvante
Elle descend, elle monte les pentes
Au gré du vent et au gré du couchant
Semant partout le bonheur en passant !


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L'ESPOIR BOURGEONNE


Le sentier est rempli de ronces et d'épines.
La route rocailleuse, au fond des bois, se referme
Les esprits s'inquiètent et courbent leur échine
Les peurs se dénudent mais les cœurs tiennent ferme !

Il n'y a pas d'escale. Toujours haut, toujours loin !
Et pourtant nos faces éreintés, épuisés,
Continuent à suer tout le long du chemin.
Pas d'oasis, pas d'ombre sous ce soleil d'été !

Depuis le crépuscule, aux premiers bruits du jour,
Sans tam-tam, ni tambour, sans souci du retour,
Nous avons tous brisé la brise et les Tempêtes.

Nous avons porté haut la flamme du flambeau
Et maintenant, usés par l'exil sans repos,
Dans nos bouches, l'espoir bourgeonne de conquête !


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CONFIDENCES ÉPISTOLAIRES


La nuit silencieuse s'enferme sous ses cils
L'aurore colorée se baigne dans tes îles
Là bas, le troubadour, à l'ombre des prairies
Suspend ses errances, le cœur endolori.

Les joies pustuleuses tombent sur les épaves
Les rêves espérés sur les bouches qui bavent
L'esprit s'élève et l'âme errante se libère
Et les sons aphones retentissent de prières

Le ciel chargé de sens, épouse les esprits
Et délivre les cœurs des mythes interdits
La terre chancelle. Les heures éreintées
Déversent leur frayeur, fatiguées d'espérer.

Les peurs inquiètes retiennent les cantiques
Les souffles renaissent sous les aires acoustiques
Leurs joies inépuisées épousent l'éternel
Les vallées purifient les illusions charnelles

Demain sur la falaise, à l'approche des signes,
J'irai sur les chemins pour retracer les lignes
Les rimes et les vers, le poème qui libère
Réveillent mon âme endormie dans les fers.


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RECUEILLEMENT…


Les ombres esseulées trahissent les lumières livides
Le silence surprend la quiétude des campagnes amorphes
Les averses corrompues dominent les vallées anxieuses.
Et j'avance comme un rait de lumière, espérant trouver tes pas
Mais où es-tu, où es-tu,
Toi dont je traîne le nom dans toutes les chancelleries
Depuis l'aube de ta naissance princière ?
La terre asphaltée recueille tes syllabes
Et saignent sous les pas poussiéreux des pèlerins.
Les flots frileux des vagues assassinent le chant choral.
Et je fouille dans les décombres les vestiges de ton corps en putréfaction
Et parmi les mortels, parmi les odeurs de sang coagulé
Parmi les ruines des minarets et des dépouilles éventrées,
Je retrouve encore les reflets moirés de ta beauté olympienne
Je me sens abjecte et infecte à la fois d'avoir tant attendu
Avant de me résoudre à célébrer tes funérailles.
Sur ton reposoir, couchée derrière le silence de ton rideau
J'irai me recueillir, drainer mes pleurs jusqu'à leur dernière goutte
Paix à toi, sois éternelle et retiens tes pleurs
Un jour, je viendrai, près de toi, étaler ma détresse terrestre.


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CRIS D'EXIL…


Les cloches retentissent dans les vallées profondes
Le vent passe, caresse les collines et chavire nos triomphes incertains.
Le crépuscule efface les traces de l'aube où meurt toute innocence.
Et les ombres victorieuses s'acharnent sur les lumières impies…

Les cris victorieux se meurent dans leur propre vacarme païen
Les illusions parcourent le vide et se perdent dans la pénombre
Le silence des immortels distrait la pâle constance du Temps
L'air contrarié enrhume nos espoirs déchus.

Les décombres de la veille trahissent les confidences du soir.
Les corps exilés, recueillis sur la berge, bâillent encore d'insolence.
L'exil exhume ses défaites et se prosterne devant l'éternel.
Et je suis là inconscient, inerte au mouvement.

Mon cœur se balafre. Ma face se ride. Ma peau se sèche.
Et je reprends conscience de ma faiblesse drapée d'orgueil !


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JE REMUE MES PLAIES


Mon cœur remue ses propres plaies qui puent au soleil….
Ma vie dans cette ville perdue s'est écartée de ses propres repères.
Depuis l'aube de ma naissance je me suis essoufflé à courir
Maintenant je crois que tous mes rêves se sont dénudés au soleil,
Et j'ai perdu la saveur de mes illusions.
La vie ici n'est pas un rêve. La vie ici n'est pas une partie de plaisir.
La vie n'est pas un jeu de poker. Ma face froissée par les averses,
J'ai compris que ici je ne pourrai jamais m'épanouir et retrouver mes sourires.
L'exil me flatte. Que cache-t-il de si profond derrière ses mystères ?
Je voudrais partir… Partir ! Partir ! Prendre le large,
Me fondre dans les nuages, rechercher les routes perdues dans le sable,
Aller respirer l'air pur, m'évader, me soûler de l'extase du couchant.
Je voudrais reconquérir mes jours perdus et rebâtir mon temple à l'abri du vent.
Le temple de l'espérance ! Le temple de la résurrection !
Le soleil brillera sous mon toit et la forêt me vomira ses révérences.
Le ciel s'accroupira à mes pieds et le fleuve viendra échoir ses eaux sur mon rivage.
Les orages me feront des compliments désabusés.
Mais ce n'est qu'un rêve.
En attendant je voudrais partir refondre mes déceptions
et retrouver le sourire étincellent des étés.
Je voudrais partir, les yeux fermés, à la conquête des jours perdus
Même sans rêve, même sans espoir, je voudrais partir !
Je voudrais déserter de ces lieux et ne plus jamais revenir
Peu de souvenirs en moi et peu de joie me réconfortent ici.
Ma vie est ailleurs et j'irai donc ailleurs
Ici je remue mes propres plaies et mon âme se fane sous les rudes hivers


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AU BOUT DU MATIN


Autour de moi, la terre chancelle et s'écroule sous mes pieds.
Partout se lit le renoncement, la fuite en avant.
L'envie de suicide se mêle au goût de vivre.
Le désir de partir contrarie l'envie de rester
Partir ou vivre ? Vivre ou mourir ? Tout revient au même.
Les sentiments se partagent, pataugent, s'empiètent, s'entremêlent...
Au bout du petit matin, un peu éparse, la parade de mes inquiétudes.
La face violée du jour, le regard fade du ciel bannit le rire qui s'exile
Le cri assourdissant du désespoir retentit dans la foule affolée
La crainte du poète, tête baissée, échine courbée, les yeux perdus dans le vide
Au bout du petit matin, la folle cavale de mes illusions parsemées au vent.
Les colères éteintes, étouffées derrières les cases amorphes.
Le silence dans ma voix. L'absence de ma présence dans la pénombre.
Les issus qui se bouchent, s'oxydent, se calcinent.
Le tunnel s'étire, s'engouffre, s'enfonce et se perd dans les nuages.
Les pas s'estompent, s'effacent dans les sentiers.
Les traces de vie se perdent, l'âme agonisante s'en va, fatiguée de lutter
Les lumières s'éteignent. Les rues se vident. La foule se disperse.
La ville se vide de son âme mais les bougies s'allument.
Une lueur d'espoir se profile à l'horizon.
Un rait de lumière s'incruste dans mon regard.
Je crois. Dieu, peut-être, a-t-il exaucé mes prières païennes ?


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CE QUI ME RESTE…


Je remonterai la pente jusqu'à la colline pleine d'espérance.
Je gravirai toutes les pentes escarpées, je me hisserai en hauteur du vide
Là bas je renaîtrai sous une nouvelle étoile plus chaleureuse
J'irai planter la flamme de mon espérance pour voir germer mes rires.
J'épouserai les ombres de la nuit pour transpercer les secrets des silences
J'ai toujours été le pèlerin des conquêtes. J'ai toujours été l'apôtre des crépuscules
Et voici que mon âme, en procession langoureuse, erre dans l'incertitude.
Je me suis longtemps arrêté...
Maintenant, j'en ai mare des escales qui ne finissent point.
J'en ai mare des départs qui n'avertissent point.
Je crache ma colère sur la face de cette vie qui m'assomme, assassine tout mon être.
J'endure l'épreuve... Je reste serein. Je force un rire qui trahit mes émotions.
Les vagues déferlantes se déroulent vers moi en sens inverse.
Les nuits semblent longues et les jours infernaux. Les minutes filent à peine.
Les heures traînent leurs pas dans le sillage du Temps.
La terre s'écroule sous mes pieds, s'affaissent devant mon ombre.
Maintenant tout ce qui me reste c'est de raviver mon âme par la douce mélodie de ma poésie.


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CRIS LOINTAINS…


La terre, sous mes pieds, chancelle, tremble et le ciel verse ses tristes larmes
Mais je reste ferme dans ce tumulte
Je garde la tête haute, les poings serrés, espérant le retour des Aubes
Je traîne mon corps lourd de fatigue dans l'arène de cette vie.
Et je tiens haut l'étendard de mes espoirs avortés, de mes illusions éventrées.
Mes convictions s'effritent à l'épreuve des jours qui passent.
Mes espoirs s'érodent au fil du temps.
Crier, pleurer, hurler, se taire, que faire ? Je regarde.
Processions de rêves inachevés, cavale d'espoirs déchus...
Visages pâles ruinés par les ans. Rire fade vieilli par la lutte.
Morne clarté du jour ! La lune pleure ! Le ciel s'endort ! Le soleil s'enrhume !
Le vide dans mes pensées. Le regret, l'oublie et l'ennui.
Litanies lancinantes. Veillées de prières inespérées !
Ma quête de l'aube se meurt sur la route asphaltée couverte de poussière.
Brume, brouillard, poussière, mirage sur le chemin, lueur évanescente.
La sueur inonde mon front blafard. Mon regard se fige, s'étourdit.
Ma face affamée dégarnie d'étincelles s'affale. Mes doigts tremblent...
Et je n'ai plus de refuge... Où aller ? Que faire ?
Les voiles se referment derrière mon ombre. Le silence frôle le ras du sol.
Les peurs traînent derrière mes pas lourds de fatigue.
Mon âme se referme, se laisse, s'abandonne au milieu du vide
J'attends demain. La lumière s'élèvera peut-être dans une fente du ciel.


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MA ROUTE SE REFERME


Ma route se referme au seuil des espoirs avortés et des rêves déchus.
Mes illusions éhontées s'estompent au détour des chemins caverneux
Et les cauchemars les plus fous affolent mes sommeils.
Mes rêves s'essoufflent, se calcinent, s'érodent, dissipés dans les ténèbres.
Le jour s'élance, s'enfonce dans les bras diaphanes de l'horizon
L'air chargé de la foule anxieuse de mes boursouflures éventrées me brime.
L'aube corrompue travestit les lumières et je m'inquiète de la chute du jour.
Mes colères affolées se dressent et obstruent la clarté du couchant.
Les chaînes de mon âme se brisent et je me libère !
Mon regard perdu de ses propres repères fixe le vide, arpente les silences.
Un souffle lointain jaillit des entrailles mortes de la terre apeurée.
Ma face levée au ciel et mes bras dressés s'interrogent.
Les ténèbres affluent dans les digues de mes pensées diffuses.
Des images rebelles, en cavale irrégulière, défilent devant moi.
Je reste insensible. J'excommunie mes rires.
Je crucifie mes joies. J'arbore mes défaites et je me porte l'armure de mes forces.
Des larmes et des joies. Des pleurs et des rires... Pâleur du visage. Je râle.
Mes yeux égarés réclament intensément une berge où vider leurs larmes.
J'étouffe. Je suffoque. Je m'écroule sous le poids des années.
Que me reste-t-il dans ce vide caverneux, dans ce silence infernal ?
Dans cette humeur carcérale ? Dans ce gouffre affreux ?
Je sens mon corps me lâcher, ma jeunesse s'effriter dans cette vie terne et morte.
L'envie de prendre le large me gagne. Au loin, la mer me fait un clin d'œil.
Mais je reste ferme. Dieu au ciel entendra-t-il mes plaintes ?


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DESESPOIR


Le soleil ne brille plus dans le ciel
Les âmes s'égarent de leurs repères
Les ombres se font rares
Les joies s'effritent et les rires prostitués par le vice
perdent leurs éclats
Qu'espérer de plus dans cette morne solitude ?
Les souvenirs affreux troublent mes sommeils
J'ai cherché des escales où planter mes rêves
pensant que demain je pourrais toujours espérer
Et retrouver ma lucidité
Mais ici, dans cet enclos de frayeur
Connaîtrai-je un jour le sommeil
Et la sérénité du cœur
Loin du doute et de toute imposture ?


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