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LE VENT SE LEVE
A 16 HEURES Daniel HALY
Dans un ciel bleu indigo Le vent s'était levé vers les 16 heures, Des nuages blanc sel changeaient de route plein sud, La terre se gonflait d'eau La croûte terrestre se lézardait ici et là - Et moi, j'écoutais : la mort de Siegfried -; Un insecte aux longues ailes S'élançait de tige en tige Des chasseurs âgés se mettaient en route Un lièvre faisait un double nœud avec ses oreilles, Et, tel un cochon mécontent, grognait et pestait dans son terrier, - Et moi, j'écoutais : le Crépuscule des Dieux -; Le soleil montrait son visage du coucher : Des mauves imbibés de bleus pastels descendaient sur les montagnes ocres, L'eau d'une rivière limpide chantait un adagio pour des ablettes d'argent, Autrefois, à une lieue de là, je gambadais dans les blés..., Aujourd'hui le vent s'est contrôlé de lui-même. La paix s'est enfin installée... Un chasseur a tué un lièvre; demain nous aurons à manger; J'ai un peu froid dans le dos mais mon sang est chaud : Et j'écoute l'Hymne à la JOIE et je suis d'heureuse humeur : J'ai retrouvé mon chemin et le pays de mon enfance. revenir au début
Un son funeste de guitare étouffé - comme l'accord cassé d'un banjo INDIEN... Et, le chaud vent bienséant de l'OUEST AMERICAIN... . Aguichante dans un T-shirt blanc, tu m'apportais un COKE géant, J'amortissais mon dos fatigué sur un tabouret girafe... Le ventilateur du plafond grinçait dans son monotone et lent tourbillon Le ciel désabusé blanchissait dans le sang diffus du Soleil couchant, DYLAN pleurait déjà dans mon cœur vivant. Ton service au bar "TWENTY ONE" se terminait, Baby... Je t'embarquais dans ma vieille M.G. rouge - Oui, la même que J. Dean. Sur le cuir craquelé de mon blouson ta tête de 18 ans tu posais... On filait de l'avant hic et hunc : Sur un panneau géant le cow-boy arrogant de MALBORO... DYLAN chantait: "Demain / Attention / Danger..." Un son de guitare étouffé jouait dans ma tête... Dans la caravane tu me MACDONALISAIS de succulents baisers HAMBURGERS... On se COCALISAIT aussi de petits PEPSIS mouillés de bulles insolentes... On se prenait les sens en tangente - style "MY LlVE" - Puis en sous-tangente on se TOTEMISAIT - et l'on atteignait "LE GRAND WAGONDA. On se MALBORISAIT à la vie U.S. à la mort U.S.A. ! T'avais 18 ans et moi deux fois autant... Et je n'entendais plus la voix de DYLAN ." Dans mes bras noirauds de caballero navajo... Tu pleurais des larmes pommes-chips - et je m'en voulais à en mourir. C'était en FEBRUARY 1972. Un mois après le son funeste de guitare étouffé... Saigon ... VIETNAM ... Fin du VOYAGE ! J'étais tombé quelque part dans la jungle... Ou peut-être que mon corps flottait sur les rides du Mékong ?... De mon Kansas natal - pas loin de la fameuse Route 66 - Au champ tombé des Horreurs Il y avait eu plus qu'un peu de malchance... Il y avait eu mon engagement fatal dans les U.S. MARINES. - Mais sur ma tombe inexistante, ne viens pas pleurer ! C'était mon choix de vie Baby, mon choix de vivre... Et au "GRAND WAGONDAH" désormais je ris! je ris !... Car j'ai retrouvé les ancêtres de ma TRIBU des NAVAJOS ! ... Néanmoins, tu me manques, Baby, tu me manques... revenir au début
Un grain de sel Une petite pierre Une poussière Un cheveu... Un grain de sel en trop dans un potage Une pierre indésirable dans un rouage Une poussière dans le coin de l'œil Un cheveu sur la langue... Et le potage devient immangeable Et le rouage de la belle mécanique se bloque Et de la poussière dans l'œil je perds le contrôle de mon véhicule Et je suis ce que je suis Devenu. Et le cheveu sur la langue?... Il est collé sur ma langue! Depuis que j'ai commencé à écrire le premier mot de ce texte que tu lis en ce moment même. Et il m'ennuie, ce cheveu; il m'ennuie! Car, saperlipopette, je n'arrive pas à le décoller Avec l'un de mes dix doigts paralysés!... Un grain de sel... Une petite pierre... Une poussière... Un cheveu... Et le Coran qui dit : " Même un cheveu à son ombre! ", " Même un cheveu joue son rôle dans la création. " - Oui, d'accord, d'accord... Mais moi y en a marre, y en marre de zozoter!... revenir au début
Dans le petit matin muet qui se lève, C'est l'astre du jour qui reluit, qui se lève, Et dans les reflets bleuets du soleil qui s'avance sur la grève, Vois! nos deux mains serrées qui se tiennent, qui se lèvent... dans le sable fin ma chaise reste sur place, dans le sable fin, tu trébuches, tu tombes, puis D'un immense éclat de rire, tu te moques de notre déconfiture! Il me faudrait me transformer en escargot! Je devrais habiller mes roues de chenilles! Cinquante mètres à parcourir intégralement, Pour que les premières vagues éphémères Viennent partiellement embrasser les quatre roues de ma chaise... Et personne en vue pour t'aider; pour te secourir... - Ah! elle est bien bonne notre " Ballade Romantica! " Qu'importe Danny, qu'importe! Me dis-tu. Et déjà... : A bras-le-corps sur tes épaules de femme tu me prends! Sur ton dos de frêle FEMME... - Que je t'aime, mia amor! Et tes deux pieds (pointure 37) Sont jolis navires dans les vaguelettes frileuses, Et si je ne marche pas, de par ton corps me portant, Dans le grand beau jour qui se lève, C'est toi mon aurore, mon astre du jour, En équilibre sur ton dos aimé C'est le soleil qui déplie maintenant un grand rire estival, et pour moi et pour nous! revenir au début
Le temps est fini. Le temps est mort. Deux larmes d'extrême-onction. Puis : Un cri déchiré dans le petit matin. Ne riez pas. Ne pleurez pas. Le temps est fini. Le temps est mort et moi itou! Mon nom? ah oui... : " ADAM " chassé d'un certain Paradis! Ils m'ont plaqué au poteau. Bandeau noir m'aveuglant. Poignets liés aux fils électriques. Mes veines striées du manque de sang. Peu importait... Peu importait... L'heureuse faute me clouait au poteau! Mon nom? ah, oui... : " AGENT X " au service de Staline; Ils ont tirés. Je m'suis cambrée sous le choc des projectiles. Tout craquait en mon Etre. Tout éclatait. Suintait... Ah oui! mon nom et prénom... : " LA FEMME LAPIDEE " Heureuses fautes !? Coupable ou non coupable... Qui le sait? Mais le dogme. Mais les idées en " ismses ". Mais les peurs. Les jalousies. Le Pouvoir. Et le pouvoir du Pouvoir, L'argent! Le fric! Les " deux tiens ", je les veux, Ils seront à moi! A moi! Ô miroir de mon âme, de ma conscience : - Suis-je vraiment cruel et despotique?... Faute! j'suis en faute! J'avais oublié le mauvais côté de la Médaille!... Les règles à respecter sont semblables au jeu de l'oie : Un jour on perd, Un jour on gagne..., - Alors : - Telle vie, telle fin?... revenir au début
Elle m'avait dit, à moi, le marin ivre de Libertés : - De ma ligne de flottaison à ta ligne de flottaison, Foi d'épouse et foi de sirène piétonne, Dès ton retour au pays de NOUS... : Je t'aimerai à nouveau de bâbord à tribord ! À mon tour, en bonne et due forme, je hisserai ta grande voile ! Je t'équiperai de mes rames et de mes armes - s'il le faut ! - Et puis je t'aborderai en gondole en chaloupe déchaloupée... En petit navire qui a des jambes en vedette, en pirogue, en radeau de ma méduse... Je serai bouteille aux flots haletants et de liège tu seras BOUCHON de glace et de feu ! Et je lancerai l'ancre magique du grand contentement je coulerai en Toi je flotterai sur tes rivages troubles et imprévus je te ferai oublier ton âge biscornu (selon toi) je serai ta Robinsonne découverte ton île Unique ton naufrage Emerveillé ta mer des sables tombée des Etoiles et les vagues habiles de ton Océan ! Et de mes seins oriflammes tu prendras la barre comme la voile prend le Vent, tu seras l'hélice sang-chaud et nous serons clapotis... Nous sonderons les archipels interdits... Je serai l'Ecume du large et tu seras mon cheval des mers... Dans ma crique, dans l'embouchure de mon astre : tu deviendras lame de fond et l'âme de mes reins... Tu deviendras mon oursin sans piquant ! Et je prendrai, mon Surcouf, mon Marin, ma petite revanche de tes Éloignements ! Je te redonnerai le goût perdu du sel de mes hanches, et dès lors, ainsi appareillé, mon amant des mille Mers... Tu pourras repartir pour tes courses autour du Monde, Affronter les monstres rugissants... Remonter à bord de ce catamaran - mon ami, mon double ; parfois mon redoutable ennemi. Puis après le périple fébrile de nos deux corps en UN : Tu me largueras... Tu me largueras une nouvelle fois... " MAIS TU LE SAIS : TON RETOUR, TOUJOURS JE L'ATTENDRAI ! ". revenir au début
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