caloucaera poésies Version du 20 mars 2008




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Retour d'Angleterre
Pour un peu de bienfait
Une jolie fleur
NEW YORK, 11 septembre 2001
Engrenage
En termes précis
D'une plume sans amertume
Dans l'espace du temps
Consommé de lettres
Attitude
Antilopa
En ton sein de Louve, j'irai boire la vie nouvelle
Flux et Reflux


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FLUX ET REFLUX


Daniel HALY


Est-ce un défaut pour un poète d'être intelligent
et d'exprimer les préoccupations de son temps ?
Ma réponse est définitivement non !
La palette de la poésie est large
et Daniel y trouve une bonne place.



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RETOUR D’ANGLETERRE


Les hirondelles volent bas dans l’avenue M.
Elles déploient – agiles, vives et rapides
(comme les vents parfois mortels des quarantièmes rugissants…),
Elles déploient leurs ailes de consonnes en voyelles…
Alphabets ésotériques ; alpha et oméga des TONS PASTELS…

J’ai sous les yeux un livre ouvert : « Le Rouge et le Noir !... »
Mathilde et Lucien Sorel….

Mais je détache mon regard de la page 138 de leurs amours tumultueuses…
- Aimables hirondelles, vous partez donc, vous prenez votre envol
Vers de sereines contrées nues de toutes grêles…

Hirondelles inconnues :
J’observe avec attention – de la fenêtre de ma chambre-studio -,
Vos réguliers départs des creux corniches – et il me faudra patienter
De longs mois durant, sous des cieux maussades et pluvieux,
Avant que ne reviennent les beaux poèmes
De vos ailes en « I » en « O » en « L »
Dans le renouveau des premiers bluets du ciel…
Solitude de dentelles noires et grises…
Sans nul doute : leurs présences vivantes me manqueront.

STENDHAL… :
- Les hirondelles ne volent plus dans l’avenue M.
Et je suis maussade comme du vulgaire papier glacé.
Telle une momie cacochyme installée derrière la vitrine d’un Musée,
J’ai des coulées de sang glacé, où d’un froid mordant,
Qui circulent dans les veines de mon corps par trop immobile.
- Dis-moi, STENDHAL :
Lucien Sorel avait-il aussi froid que moi
A l’ultime page de ton roman ?.

Mais bonheur ! bonheur ! (l’auteur de ces lignes tourne une page de sa vie…),
Un pli urgent vient de m’être remis :
Demain, ton exil – d’Angleterre -,
Tu le quitteras enfin pour revenir te blottir à mes côtés !
Demain, ma Petite Hirondelle – ma chère Mathilde ! –
Tu seras à nouveau mon admirable et unique printemps.

Et je referme le livre sombre de mes pensées,
Demain Mathilde me prendra par le cou…
Il n’y aura plus ni Rouge ni Noir…
Ni d’hirondelles dans les cieux maussades et pluvieux,
Il y aura nous deux en un tête-à-tête intime – et je dirai :
Qu’une délicieuse hirondelle, dans mon avenue M.
A transformé mon sang glacé en un chaud et doux Printemps.
Oui, je tourne définitivement toutes les pages, Monsieur Sorel :
« Ma MATHILDE est de retour et mon désespoir se meurt enfin ! »


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POUR UN PEU DE BIENFAIT


« Ce n’est pas ma faute, si, en écrivant, mon stylo se transforme en scalpel »
Henri Callet. Peau d’ours.



Après le tsunami, rien n’a vraiment changé…

Des petits yeux bridés
Des petites paupières de sable doré
Des enfants aux visages candeur...
Des touristes voyeurs
Des touristes violeurs...
Une prostitution enfantine qui m'offense,
Une multitude de proies faciles ; de victimes sans défenses !

« Continental Prostitution »
Un choc de deux mondes, de plusieurs cultures,
Riches chinois cherchent jeunes vierges
Pour redonner du flux à une vigueur défaillante...
De la révolution chinoise post-Mao
Aux quartiers chauds de Saigon ou de Colombo...
Départs Bruxelles "747 Cargo" destination Asie :
Tous les goûts sont dans la nature...
Certes…

Pour quelques dollars de plus...
C'est un étron qui se couche sur un lys !
C'est un enfant, une fleur, que l'on brise à jamais...
Et pas même un peu de rouge au front ?...
Et pas même de conscience taraudée de refiler le SIDA ?
Donc pas un sou de bienfait mais des sous pour apeurer !
Donc usurper en vainqueur !
Utiliser les corps !
User les cœurs !
Tuer les âmes Enfantines !...

Je n'ai pas de solutions pour stopper ces commerces…
Hormis que :
Je ne peux pas me taire ni me satisfaire,
De penser et de savoir que des vicieux et des pervers
Se donnent bonne conscience en allant commettre en Asie
Ce qu'ils ne peuvent pas et n'osent pas commettre dans leur pays.

Pour tant de mal fait
A quand donc un peu de bienfait ?


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UNE JOLIE FLEUR...


« Une jolie fleur dans une peau de vache
Une jolie vache déguisée en fleur ». Georges Brassens.


Pitié pour Elle !
Elle ignore ce qu'elle fait.
Regardez comme elle s'agite en tout sens !...
Elle ne tient pas debout, elle chancelle...
Pitié pour Elle,
Et pour son inconstance…

Tantôt ceci, tantôt cela…
Elle change d’humeur comme de chemise,
Alternant douceur et caprice
Ou, tyrannisant au quotidien –
Et parfois de jour comme de nuit !
Sa famille, ses proches et ses amis.

Elle n'est pas raisonnable, dites-vous ?
Oui, vous avez raison... Elle n'est pas raisonnable...
Mais ceci peut vous arriver également !
Alors ayez donc un peu de compassion pour elle...

Ce n'est qu'une simple folle...
Une simple vache folle, mon ami,
Qui demain - ou jamais -
Vous consommera à petits feux de sa triste maladie
Car, nous sommes toutes et tous,
De futurs malades qui s’ignorent encore…


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NEW YORK, 11 SEPTEMBRE 2001


Il y a 375 ans environ...
L’Espagne catholique persécutait les « non-chrétiens »,
Têtes de pipes ; têtes de chiens de ses extrémistes :
LES JUIFS, LES MUSULMANS, LES PROTESTANTS.
Passage au fil rasant de l’épée ou reniement de leur Foi…

Déraison totale de ces prêtres et autres grands Princes de l’Eglise…
Ces majestés impériales aux couronnes de Fous de DIEU : « AMEN ! »
Et déviation du sens même du message d’amour de Jésus – le Juif !...
Les innombrables persécutés, n’avaient donc pas d’autres arrangements
Ou d’autres choix possibles que celui-là : se convertir humblement
Face à l’adversaire tout puissant,
Ou celui de s’expatrier, sans tarder, vers un ailleurs incertain.

Ailleurs, des familles originaires du Hainaut –
Parmi tant d’autres issus d’autres horizons également,
Faisaient voile vers cette lointaine « AMERIQUE »,
De vagues en vagues ; d’obstacles vaincus en maladies diverses,
Ils débarquaient enfin à la pointe sud de MANHATTAN,

Les premières graines ; les premiers ferments « planifiaient tant bien que mal »
Ce qui deviendrait l’une des plus grandes villes cosmopolite du monde : « New York »
. Le travail opiniâtre et sans relâche au fil des ans et des siècles.
Prospérité qui croise mais aussi S.D.F. et pauvreté grandissante…
Abondances parfois choquantes, équivoques ; cependant :
Richesse intellectuelle ; rencontres muti-culturelles,
Les U.S.A. dans leur brillant et débraillé paradoxe…

Puis un autre extrémiste. Qui déclenche une destruction massive,
Aveugle et terriblement bien planifié.
Une guerre qui se veut libératrice - mais pour qui et pourquoi cette haine ?
Il y a une et mille mauvaises, très mauvaises raisons pour justifier l’inqualifiable.
Et ce sont les TOURS du WORD CENTER qui implosent tour à tour !
Puis le Pentagone touché en son cœur de chair et de ciment :
Un autre avion détourné puis qui s’écrase quelque part en Pennsylvanie.
Des centaines et des centaines de morts : arithmétique macabre des chiffres…
A partir d’un certain nombre de zéros, le décompte des victimes devient presque « banal et difficilement imaginable… » :
Je veux dire : 3.000 ou 3.005 ? Ou 3.500 ? Ou 4.000 peut-être ?...
Souffrances réelles toutefois des blessés… Affres et stupeurs des survivants hagards ;
Des familles cherchant et recherchant leurs êtres chers parmi la poussière agressive
Et les gravats – et déjà le macabre décompte des disparus en trop grand nombre…
La gravité des actes commis par ces kamikazes n’est pas compréhensible !

Confusion des genres et refus total d’admettre « L’AUTRE » et son mode vie, de vivre :
Les legs des violences malveillantes pour la grande suprématie d’un DOGME…
Combats cruels, vains et vicieux. Dicter ses lois ne sert à rien de rien…
Vouloir les imposer à coups d’explosifs et de surenchères barbares,
Allons ! Ce n’est vraiment pas une prouesse dont il faut tirer quelque gloriole !
Il s’agit d’agissements honteux, ignobles aux effluves de fascisme.

Et je n’en dirai pas davantage…
Je n’écrirai pas un mot de plus. La morale n’a pas de place en ce moment.
Seul..., seul le SILENCE s’impose lorsque je pense aux victimes…

Et demain, qu’en sera-t-il de « ce demain tissé de sombre, de deuil et d’angoisse ?... »


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ENGRENAGE


« Hélas! La grande tristesse actuelle est que les choses n’ont pas le temps de vieillir ».
François Carco. Rendez-vous avec moi-même. 1876/1958.


Une horloge chinoise ou une montre de Lord,
Ou une pendulette compacte : ce sont toujours les mêmes mouvements,
Et les deux aiguilles tournent autour de l’obélisque guindé du Temps,
Puis les fines aiguilles compas qui ne comptent pas mais décomptent,
Pas après pas... le froissement éploré des secondes...

L’opposition des heures et des minutes,
Duel d’un pays à un autre pour 1 heure d’été rebelle,
Qui voudrait bien se donner de vrais airs d’hiver...

Un sablier de collection au milieu du cadran solaire,
Une fleur distraite qui tend ses pétales humides vers l’aube naissante,
Les premiers cris d’un enfant et mes premières larmes de bonheur,
Puis les convulsions ordinaires d’un nuage - et c’est l’orage qui gronde ; qui enfle...
Sous le double toit de chaume on s’abrite un temps; un temps seulement...
Ne pas gaspiller surtout nos vies de papillons terrestres.

Une montre ou une horloge,
Peu importe l’instrument mathématique des heures :
C’est l’instant d’enjamber mes problèmes et de cueillir ma part de bonheur – même si… :
Mon cœur clope et bafouille dans le paysage de mon corps prisonnier de liens invisibles;

Ah! mes jambes compas dansent de spasmes...

Ce n’est rien. Ce n’est qu’un petit déplaisir passager…
Que le temps effrangé qui passe dans l’ombre bleue de mon regard,
Et qui s’espace dans le regain des jours aux couleurs de résistance.

Dans la nef fragile des engrenages sans gouvernail :
Je maintiens toujours le cap vers l’AVANT – c’est mon unique conquête !
Et je suis fier d’être – ni plus ni moins - que cet animal-là.


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EN TERMES PRECIS


Dans l'épicentre de sa faille lisse et muette,
Couler et sombrer en fusion d'union...
Etre pour ELLE la présence éternelle – mais sans l’étouffer pour autant !
Ou le torrent fou qui tombe des collines verdoyantes.
Etre un atoll accueillant pour les vagues de ses lèvres,
Où une chanson italienne qui meure sans remous dans son arche rose…
Et puis renaître doucement comme la pluie devient la rosée...
La parer d'un arc-en-ciel pour tout vêtement,
Lui montrer les hauts sommets enneigés du Tibet,
Dans le brouillard d'une nuit sans fin, devenir son G.P.S. libérateur !…

Poser un baiser libertin – Rabelaisien ! – qui met en émoi ses reins cambrés,
Dans son cou si tendre… mes pupilles déraisonnables de dogue pacifique,
Surfer jour et nuit sur les arêtes savoureuses de ses sens...
Etre son atmosphère et sa respiration – son remède à toutes ses douleurs ?
M'oublier totalement pour qu'elle puise vive sa vie !
Offrir dix mille trèfles à quatre feuilles pour la protéger,
Des génies mal faisant et des mâles violents.

Sur le clavier génial et terrible de la VIE :
Tourner le bouton de l'écran et couper le volume du son :
Arrêt sur l'image de son corps de femme au sommet d’un spasme sans fin…
Me briser toutes les articulations afin qu'ELLE tienne la route,
Me collecter toutes les béquilles du monde pour qu'elle puisse tenir debout,
Troquer mon fauteuil roulant aux puces pour lui éviter les éruptions débiles,
Qui jaillissent dans cet étrange couloir de la vie qui, chaque jour, devient le couloir de la mort…
Changer de voie. De départ. Revenir sur ses pas et les miens...
Se mettre tous les deux à l'abri des fous et des faux amis – des pique-assiettes
(de ceux qui savent toujours tout et qui n’y connaissent que tripette !)

Vivre honnêtement dans l’atmosphère du temps qui passe…
Du temps qui court. Qui vient. Qui nous prend comme on s’éprend l’un de l’autre…
Surfer sur les crêtes de nos existences avant qu’il ne soit trop tard…
Avant que l’hiver sonne le glas et que minuit carillonne…
En termes clairs et précis : AIMER !
Quitte à se perdre ; quitte à se tromper ou à être trompé…
Aimer tout simplement…


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D’UNE PLUME SANS AMERTUME


Tu n’es plus dans mes bras - une étoile écarlate pleure et crie dans la nuit,
Nos aventures d’avant sont mortes depuis peu et pourtant :
J’ai l’impression que mille décades sont déjà DCD
depuis nos derniers rêves dans le même lit.

Malheureux ?... Oui, je le suis entièrement,
L’automne est déjà là…, vibrant de ses feuilles mordorées,
Un musicien tzigane violone dans ma tête vide...
Le téléphone fixe et le portable sont muets.
Les amis sont avares de commentaires rassurants et c’est de la sorte
que l’on se rend compte que beaucoup ne sont que de «simples connaissances ».

J’allume la radio : Luchini lit « Un coeur simple » de Flaubert - c’est beau ce que j’entends !
Les adjectifs sont des mouettes qui sifflent et filent doucement dans la saison des mots…
Je me perds dans la voix qui m’enlève haut et loin dans les limbes d’un siècle perdu,
Je rêve avec plus de discrétion à nos longues promenades au lac des Enfants Noyés,
Mes pensées s’allongent aux rythmes des phrases et des silences du conteur :
Je continue à garder le contact avec le goût de la vie,
La qualité de cette dernière s’est simplement un peu altérée...
Le point de tout est de calmer la fièvre ardente de ton absence,
Car la débauche de chagrins inutiles
Serait vraiment et sans le moindre doute :
Une insulte à TOI qui m’aimât avec tant de constance et de Foi !


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DANS L'ESPACE DU TEMPS


« Rompre avec les choses réelles, ce n’est rien. Mais rompre avec les souvenirs ! Le cœur se brise à la séparation des songes ».
Le rapport Gabriel. Jean d’Ormesson.



Entre mes lèvres chamois
le corps blanc fourré de blond tabac,
et j'aspire, et j'aspire les clapotis de la fumée qui me noie d'aise.

La cigarette me procure détente ; elle relaxe mes angoisses...
La cendre grisâtre s'allonge petitement ; comme moi-même qui suis allongé sur le lit de ma chambre-studio...

Tu es présent à mon chevet, assis sur une chaise espagnole.
Tu te lèves de temps à autre pour mettre l’autre face des 33 tours,
Et Brassens entame « Les Trompettes de la renommée »,
Et j'aspire, et j'aspire
avec bonheur et volupté
la fumée.

Je ne dis rien, je ne demande rien, c'est inutile
Sans parler, nous marchons aux métronomes
De nos deux cœurs ancrés à la même profondeur.
Et ta main droite se dirige vers le corps blanc à la cendre allongée...
Et, avec une grande netteté, je vois, je revois :
Ta main de jeune adolescent - pas même 13 ans -
Et tes jeunes doigts qui s'écartent en V,
En V afin d'enlever d'entre mes lèvres chamois,
le corps de la cigarette qui, à l'époque, n'est pas encore le corps du délit,
n’y prohibé des U.S.A. à Bruxelles, London et Roma…

C'est un jour de congé, ce jour que je raconte
(puisque tu n’es pas à l'école communale ce matin),
Tu découvres les textes de Brassens, de Ferrat, de Ferré, de Brel...
Puis l'envol majestueux de « L'Aigle Noir » de Barbara.
Ensuite c’est : « L'Enfant au Piano... » De Serge Lama...
Toi et moi nous sommes alors au Temps
Ou les chanteurs et les chanteuses « avaient de la voix »
Ou les « Madeleine » et les « Vieux Amants... »
Applaudissaient des deux mains le chanteur de cette célèbre place Rouge où marchait « La Natalie »
- Ah, Gilbert Bécaud ! Chanteur talentueux s’il en est
Et quasiment oublié à présent car par trop ringard… pour les nouvelles générations.

J'aspire l'ultime goulée offerte par cette cigarette made in Virginie...
Sur mon lit, j’ai encore les bras maladroits ; mais toi, mon frère,
Tu es tout naturellement à mes côtés !
Oui, tout simplement,
Car cela te fait réellement plaisir d’aider et d'AIMER,
Ton grand frangin handicapé.

De tes jeunes mains tu remplaces avantageusement
mes dix doigts paralysés... Et cette présence, cette attention,
Sont parmi les immenses petits riens (entre autres)
Qui m'ont permis de supporter le fardeau de ma « drôle-de-vie... »

De l'espace du temps passé au temps présent,
Rien, de tous ces faits, de tous tes gestes ne sera oublié.
Petit à petit, je les coucherai en poème ou en prose,
Pour que l'on sache bien combien le mot AMOUR
Etait - est - un don naturel de Toi à moi...
Et de toi à NOUS – ta famille.


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CONSOMMÉ DE LETTRES


Une petite goutte d’encre :
Noire déboire,
Bleue je veux,
Rouge amour…
Ou simplement violette ?

Une méga goutte d’encre pour rédiger les nouvelles aventures noctambules
D’un célèbre cambrioleur qui s’appellerait Arsène Lupin ?
Une avalanche de gouttes tintinnabulantes et multicolores - ou multiraciales -
Pour produire sans délai un pamphlet caustique publié en plusieurs langues,
Voire, pour rédiger un récit ennuyeux ou un gros polar effrayant.
Besogner, également, pendant des jours et des nuits, la goutte noire à la sueur de son front,
Avec le doute sans doute…
Avec la peur au creux des entrailles certainement,
Avec une certaine joie parfois…
En toute liberté toujours !

Avec des vocables déversés au compte-gouttes ; faire ceci ou cela :
Distiller des phrases communes, méconnues, désinvoltes ; vides de tous sens ?!…
Des phrases satiriques en rupture de stock ; destituées puis remises au goût du jour,
Jongler avec des verbes alambiqués, perclus de maux et disparus des dictionnaires…
Dans la faune des adjectifs, glisser celui qui réveillera et tonifiera les consciences…
… et faire fausse route sans se déjuger pour autant …
Débusquer un joli chapelet de gouttes affriolantes, franchement folichonnes,
Puis faire naître sous mon regard gourmet, la quintessence sans fard d’un corps féminin –
Semblable, par exemple, à une peinture de Gustave Klimt ou, dans un autre genre, à un paysage typique de Claude Monnet.

Par la suite, étaler sans compter des gouttelettes en gerbes d’honneur,
En pluies, en rosées, en cascades cristallines…
Et qui gambaderont en abondance tout au long de ma plume alerte
Afin de m’étourdir par leurs double-sens et leurs étranges élégances !
… et par méprise, par amour-propre, courir à ma perte…

Récolter aussi des gouttes malléables. Des gouttes corvéables à merci, et clic et clac !
Les transmuter sans tarder en dizaines de notes authentiques :
Une noire ici ! Une blanche là-bas ! Et une ronde plus loin encore !…
Et par la suite les consommer avec volupté, avec appétit et sans crainte aucune de prendre du poids surtout.

Une petite goutte d’encre :
Noire déboire,
Bleue je veux,
Rouge amour…
Ou simplement violette.
Et décrire en fin de compte :

Un corps plus un corps :
Deux ETRES HUMAINS
Amour ou détestation,
Tendresse ou déchirement,
Un MONDE : qui étale sans pudeur et sans tabous,
Des corps éclatés et blessés lors d’attentats,
Ou des couples d’amoureux qui se bécotent en public…

Avec une peine à fendre l’âme : découvrir la forme et la manière adéquates,
Pour fixer des faits outrageants ou des faits plus réconfortants…
Ecrire donc tout simplement ?
- Oui, mais ce jeux-là est bien le plus difficile et le plus éprouvant,
Que je connaisse – mais que ferais-je sans lui, toutefois,
Et donc sans VOUS, dites-moi ?


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ATTITUDE


Un feu ardent afflue en mes veines,
Dans les brumes noirâtres ou rouges des terreurs solitaires,
Entre le chien bien gras et le libre loup de Jean de La Fontaine,
Je choisirai toujours la conduite et l’attitude du loup !

Un feu vaillant coule et roule en mes veines,
Même paralysé de mes quatre roues, je veux courir encore et encore !
Sans détaler lâchement tel un lapin, le premier problème venu,
Je désire et je veux dévorer à pleines dents,
L’espace libre et magnifique qui me reste de vie !

N’acceptant point – ni ce jour ni jamais, sachez-le bien -
De collier à mon cou ni d’autre carcan par trop contraignant,
J’irai droit et franc à l’échafaud - s’il le faut,
Plutôt que de plier et de courber l’échine
Devant et face à un ENNEMI
Et ce, quel que soit son nom, son origine !
Telle est, non pas ma profession de foi,
Mais ma stricte exigence, ce que j’attends de moi.


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ANTILOPA


Blanc et noir
Est le clavier
Du piano.

Des touches
Des notes
Des pédales…

Mes doigts sur le clavier ?
Ils sont lourds !
Ils sont balourds !...
Ils sont de la veine de bois…
Ils sont figés en paralysie !...

Il fut un temps
Où du piano
Le jeu compliqué et subtil j’apprenais
Des deux pédales (aussi – j’apprenais le jeu) :
Mes pieds posés ; mes pieds relevés… ; - mais :
Un air stoppé ; un morceau inanimé – une mélodie inachevée !

Noir comme les touches du piano : « ANTILOPA »

blancs : mes dix doigts pianotant
Légers ! aériens !
Pianotant des pas de Un
Des pas de Deux
Des pas de trois…
Et des pas d’Emois !

Sur le clavier noir d’Antilopa
De ses épaules citrons verts…
De ses reins orchidées
De la composition d’ELLE :

Mes mains blanches (comme celles d’un enfant)
Ebauchent le prélude appliqué
Du dessin africain
De ses hanches…

Noirs et blancs sont nos deux corps
Qui composent des touches alléchantes et passionnées
Qui s’amusent aux bonheurs fous des feux coquins…
Et qui s’ébènent et qui s’aiment sans nuls préjugés.

Et qui sans préjugés savent… :
Que si la nuit accouche du jour
Une noire et un blanc
Sont pour les racistes
Aussi inconcevables, aussi inacceptables,
Qu’un Soleil blanc couchant
Avec une Lune noire !...

Ou qu’une Lune noire
Accouchant d’un Soleil blanc !


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A TON SEIN DE LOUVE, J'IRAI BOIRE LA VIE NOUVELLE


« Malheur à qui attaque son siècle ! Il faudra bien qu’il subisse les conséquences de cet attentat. »
Henri Lacordaire. Conférences. Dictionnaire Larousse des citations - page 303


Dans le ciel si noir,
Mort de nuages blancs,
Dans le désert sombre des temps perdus
Et loin des océans des quatre Mondes,
La peur gagne…

Au bord soulevé de sa jupe rose,
Sous les couchers langoureux de soleils byzantins,
Portés par les chants sifflants des vagues lointaines
Les violons altos jouent en roulis des airs inconnus,
Il ne faut pas désespérer ma mie…

Dans le quartier marqué du sceau de l'infamie
Les tombereaux roulent, roulent à pas d'hommes...
Les ombres fluettes et craintives mirent les cieux nus,
Des regards blancs explosent des larmes sanguines,
Trois nuages blancs déversent des averses de ricanements,
Et le Fleuve de l'aube incertaine joue une morne et triste mélodie ;

Près de la haute tour circulaire,
Un gardien austère, habillé de cuir et d'acier clouté,
Surveille l’horizon de ses pas pesants tout au long du chemin empierré ;
Dans le désert sort de l'ombre les reptiles en grand roulis silencieux,
Un enfant aux yeux de louve se love au sein de sa mère...
Près de la tour circulaire, l'infernal ballet recommence :

Un corbeau fou plonge son bec jaune dans le lait des regards opaques...
Les faux et les piques fauchent et piquent à coeurs saignants,
Le silence des uns perturbe la colère et l’immense peur des autres !
Pour la première fois, c'est la révolte qui gronde et qui enfle
Un vent de panique tire les soldats hirsutes vers les rives et l’Océan
Où les caravelles et les radeaux de fortune sont déjà prêts à appareiller…
Le peuple opprimé enfin sort de sa torpeur.
Il se réveille ENFIN !

Les violons brisent leurs cordes de chats violés.
Les flûtes bâillonnées se débouchent les oreilles.
Le piano accordé s'arme d'une harpe titanesque : le Chef d'Orchestre
Perd pied notes après notes : les clefs décrochent de nouveaux rôles,
Une partition héroïque entre en jeu sur les scènes des destins.

Dans le blanc dilaté du ciel bleu zébré d'or,
Les déserts incommodes sont inondés de mouches mortes...
Les tombereaux ne viendront plus dans les rues animées,
Les océans maudits se sont retirés loin des quatre Mondes,

J'ai fais la nique à pique,
J'ai fais la nique à cœur et à la mort !
Il est l'heure maintenant de me retirer loin d'ici :
De cette terre cauchemardesque noirâtre de non-sens,
Ton nid doux de louve aux seins lourd de lait blanc nacré...
M'ATTEND… !
ET J'ARRIVE MA BRUNE :
- J'arrive EN FIN !


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FLUX ET REFLUX


La marée des Révolutions
Vagues après vagues,
Siècles après siècles,
La marée des révoltes et des révolutions,
Mangent les fruits de la mer et tuent les fils et les enfants
D’un pays qui marchait vers un mieux-être.

De 1789 aux traîneurs de sabre des Balkans,
Les mêmes mobiles accouchent des mêmes massacres...
« Liberté Chérie » on te viole et l’on te tourmente depuis des lustres.
Hier ce fut le Biafra et puis le Rwanda,
Ce jour ce sont de pauvres hères qui traînent en guenilles - ou quasiment nus -
Dans le dénuement féroce du désert du Soudan...

L’Islam bataille d’un côté,
Les animistes et les chrétiens attaquent de l’autre côté...

Flux et reflux des organisations humanitaires...
Une bombe explose sur une plage algérienne...
Le Tour de France implose de surdose de kilomètres,
De dopages et du mécontentement des coureurs :
Les souffrances des uns,
Ne sont pas semblables aux souffrances des autres...
« Mais chacun souffre, aime, jouit,
A sa mesure... ».


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