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JULIETTE
Christophe LACAMPAGNE
Poèmes
Quelques poèmes désinvoltes, mais pleins de charme, jetés négligemment dans ma boîte aux lettres, sans souci de reconnaissance, comme "pour voir", pour s'amuser aussi, sans doute.
Tard dans la nuit Elle tourne des pages, Des pages électroniques. Elle dessine un oeuf, Se déguise en lapine, Poursuit le rêve fou D'aimer toujours sa voisine, A cheval En France Ou en Californie. revenir au début
Elle lance ses filets Pour capturer Un fragment D'éternité . revenir au début
Ne pleure pas Au coucher du soleil Car tu empêches La lune De venir. revenir au début
On savait qu'un jour On entendrait tes grelots, Tes clochettes, Que tu nous laisserais tes paroles, Tes musiques, Dans nos têtes, Dans nos cheveux, Avec des frissons sur la peau Et quelques dessins A l'encre de Chine. On a du mal à croire Que ce jour vient d'arriver. Toi, qui as su comprendre le miroir De toutes les générations, C'est pour ça que ce samedi soir, En France ou en Jamaïque, On pense à Bonnie, A la Harley dans le garage, A cette dépression qui passe, Au-dessus de nos jardins. Difficile de retenir nos larmes ! Beaucoup d'émotion sur nos claviers En voyant tous ces lutins Qui branchent ton Live, Qui frappent dans les mains, Qui allument une dernière fois, Des millions de briquets Et qui chantent très fort "La Javanaise", Love On The Beat, Pour dire au revoir Au Grand Serge. revenir au début
Une note de musik Qui tombe juste Sur le rebord De ta fenêtre, Véronika, C'est quelque chose D'insoling, Surtout au moment De la toilette. Délicatement tu la prends Dans ta main Encore humide Et tu lances ton message En pensant très fort A celui Que tu aimes. revenir au début
C'est au cours d'un voyage, Au pays du sorcier, Qu'un jour, Cathy, A chouravé Un jardin suspendu, Rempli De cocotiers Géants, De gazelles en folie, Avec aussi une armée De balançoires cosmiques Et quelques lézards blancs, Bien en rut Devant des machines à café Surprenantes, Aux Parfums Exotiques. revenir au début
Nous, on voudrait bien parler aux gens De ce qui nous concerne. Pas seulement du lycée ou des profs, Mais de cette étoile qui monte Et des signaux dans le ciel, De la fin des baleines Et de la proliférations des oursins. Nous, on voudrait aussi parler aux gens De notre premier livre Et de notre premier amour, De tous nos espoirs Et de ces portes qui se referment, Pour qu'ils se souviennent Quand ils avaient 15 ANS. revenir au début
On pose des mots, Comme on pose Des boîtes, Les unes sur Les autres, Dans le sens De la hauteur. Mais parfois, Il arrive que Ce travail se complique Tellement, Qu'on décide De prendre des risques, En montant le plus haut Possible, sur un escabeau Bien souvent instable, Pour ouvrir toutes ces boîtes Qui intriguent, Et mater ainsi, Sans aucune Autorisation Préalable, Tout ce qui se passe A l'intérieur. revenir au début
Une étoile qui tombe Devant la porte de ta maison, C'est comme une Série Noire Et tu ne comprends pas ce qui se passe, Toi qui croyais que les étoiles Resteraient toujours accrochées. Et que vont dire les autres, Les voisins Les collègues de bureau Quand ils verront dans les médias Ta gueule Ta maison Ton balai, Et un agrandissement de tes mains Devenues vertes, À côté de cette étoile pourrie ? Au début, toi aussi tu deviendras une étoile, On te fera vendre de la lessive Des assurances Des préservatifs De la bouffe cosmique, Mais que se passera-t-il Si un jour d'autres étoiles tombent, Sur leurs usines Leurs palais Leurs missiles et tout le reste ? Cette fois, ce ne sera plus une chute de tuiles, Pour toi ce sera plutôt un grand vide ! Fais gaffe, Car il faudra des coupables, Et ils se souviendront du balai Des mains vertes De ta liaison avec un Black Des plantations du jardin, Et dans les bars de L. A. à New York Ils remplaceront les photos de James Dean D'Elvis et de Marilyn Par celles de Jane, Cette nouvelle sorcière du XXIe siècle Qui a foutu le bordel dans la vie des studios. Déjà, t'entends les sirènes qui hurlent À la porte de ton jardin, Et Columbo qui te parle Avec un micro qui a la forme D'un énorme champignon. Tu t'jettes dans la cuisine Boire un grand verre de lait, Tu téléphones à Alan Ton avocat et ton amant, Il te dit que lui aussi Il est cerné, Qu'il y a des Columbo Bourrés de génétiques Partout dans son bureau, Et que c'est la faute à cette putain d'étoile Qui a lourdé tout le réseau. revenir au début
Pas facile, cette vie, cette chasse organisée, Parfois on voudrait aider les autres Mais on n'y arrive pas, C'est la faute aux écrans, aux Abus Dangereux. Et quand on est seul dans son cœur, Avec son chien, avec son chat, On se pose des questions Sur les jours, les mois, les années. Souvent, les fleurs se couchent, Les oiseaux baissent la tête, On fait un signe avec sa main On cherche un regard, un sourire. Et pour se donner du courage On ouvre du champagne, Vodka ou tequila des sables Sur un quartier de lune. revenir au début
Il a voulu nous Le communiquer, Une main Tendue ; Jusqu'au bout De ses efforts, Une main Attendue... revenir au début
C'est l' histoire terrifiante De cet adolescent patriote, Blessé profondément à l'abdomen Par l'explosion d'un missile-misériote, Tombé à l'intérieur de la maison De ses parents, Sous l'œil bouleversé D'une caméra humanitaire Simple témoin, Qui ne peut pas cacher sa stupéfaction D'entrevoir également Sous les décombres, Un chien à trois pattes Et patriote aussi. revenir au début
Ce n'est pas uniquement Pour le mort, Que l'on pleure À cet enterrement mexicain, Mais aussi Beaucoup, Pour soi-même. revenir au début
Moi, j'ai pas besoin des autres, pour filmer avec une machine, la présence de l'Oiseau Migrateur, sur le miroir de ton coeur. revenir au début
Les autres ils parlent du paradis, mais Véronika elle se fout du paradis, comme de son premier soutif. Car ce qu'elle veut, c'est un jour retrouver son véritable ami : le Rouge-gorge Soling, à côté de l'Arbre Automate, et même si c'est seulement dans la terre, avec quelques fourmis. revenir au début
Une note de musik qui tombe juste sur le rebord de la fenêtre à Véronika, c'est quelque chose de bien insoling, mais aussi tellement significatif de toutes ces mains invisibles, qui tournent autour de nous. revenir au début
Tout allait bien, puis le commandant a dit: que les nouvelles étaient plutôt mauvaises, que nous étions sur la réserve. Dès ce moment-là,l'équipage s'est planqué derrière la cabine, pour fumer des cigarettes et boire du whisky ; pendant que les passagers se flippaient un max, en regardant à la verticale les gros nuages noirs, au-dessus du champ de blé. revenir au début
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