caloucaera poésies Version du 17 août 2005




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Le terrain d'Alvaro
Volterra
Rafaël OROSCO
Le Prado
Le petit naturaliste
Béatriz d'Espagne
M30 - M40
Claudia au Portugal
Sous le signe de l'éléphant
Madrid sous les pleurs
Virginia HOYOS
Top Secret
Rêve de roi n° 1
Lutin picaresque en cavale
Rêve de roi n° 2
Maria L.
Ausonie
Un père andalou
Dans la comète du prince des Asturies


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SOUVENIRS IBERIQUES


Christophe LACAMPAGNE


Poèmes



Je croyais Christophe désinvolte, joueur, et puis arrive le Terrain d'Alvaro et, là, le ton change, le poète rieur devient sérieux, un rien nostalgique.
Je comprends bientôt qu'il y a en lui deux personnages : celui qui vit dans l'immédiat et qui mord dans la vie avec ses jeunes dents et l'autre, celui des souvenirs. Souvenirs d'Espagne ou d'ailleurs, mais dans lesquels la mélancolie a toujours sa place, dévoilant le côté sensible du poète.



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Le terrain d'Alvaro


Le matin qui a suivi la mort
de ma petite bergère,
il m'a fait visiter son terrain.
Il a levé la barrière sur mes larmes
et m'a raconté un morceau de sa vie.
C'est lui qui a tout organisé,
avec l'aide de son voisin
et surtout l'expérience de son père,
qui pleure toujours son cheval et son chien.
Avant, il n'y avait rien sur le terrain,
que de l'herbe et des petits lapins,
maintenant il y a des légumes, des arbres fruitiers,
du vin qui chante,
de la lumière,
parfois des nuages,
mais jamais de produits chimiques,
que de l'ail et du persil,
avec un portail,
de la salade, des citrouilles
et beaucoup d'amitié.


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VOLTERRA


C'est qui,
C'est quoi,
Volterra ?
Une maison,
Un monastère,
Une sorte de Manitoba,
Un nodule,
Un poisson-chat,
Le tube de l'été,
Un écrivain,
Une navette,
Un scénario oublié par un solitaire,
Une lessive,
Une marque de tabac,
Un extérieur nuit,
Un pote du Christ,
Ou pourquoi pas une disquette ?
Et si c'était une bulle Étrusque,
quelque part en Toscane ?


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RAFAEL OROSCO


Il était mon premier ami
Que j'ai eu à Madrid,
Et aujourd'hui
Il est parti dans les étoiles,
Il ne m'a jamais rien demandé
En échange.

Je le considérais un peu
Comme un grand-père,
Avec des gestes
Et une délicatesse,
Que seule une personne
De son âge peut avoir,
Et que seule une personne
Qui a vécu loin de sa tribu
Peut comprendre,
Et qui expliquent aussi combien
On peut aimer le monde
Hispanique.


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Le Prado


Au musée du Prado,
On ne peut pas toucher
La matière,
Mais on voit bien qu'autrefois
Et pas seulement
Dans le commerce,
La vie des gens
N'était pas toujours facile,
Qu'il y a toujours eu
Du sang,
Des poules
Et des blaireaux.


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Le Petit Naturaliste


À 19 ans, il balance son herbier
Du côté de Barcelone,
Et il monte une entreprise
De livraison de préservatifs
À domicile ;
L'année prochaine,
Il pense étendre sa marchandise
À toute la Castille.

L'année prochaine...


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Béatriz d'Espagne


Tu aimes
Tout en solide,
T'as l'impression
D'être une autre,
D'être capable de
Faire des choses,
Tu comprends mieux
Les gens,
Tu crois en des causes
Qui te grandissent,
Et ta joie
Elle est immense,
Quand tu te réveilles,
A côté de lui.


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M 30 - M 40


À Madrid,
On te présente
Quelque chose,
Et c'est
Une autre !


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Claudia au Portugal


Tu as dix ans, petite libellule ;
Habilement métisse,
Tu souris déjà comme les grands !
Tu parles un peu l'anglais,
Tu fermes souvent le gaz
Et tu fais sauter les plombs,
Près de Lisboa,
La ville du 25 avril,
La ville aux sept collines,
Le mystère.
Mais, parfois, tu comptes encore les moutons
Et tu demandes s'il y en aura d'autres.

Fleur rose, tu prépares le retour de Vasco de Gama;
Et tu explores les tubes, les bulles,
Les machines couvertes d'oliviers,
Les vieilles couvertures,
La vaisselle d'Angola,
Les cailloux verts,
Les pigeons idiots pour la vie...

Quand déboule l'hiver, par abandon,
Du haut de ton armoire, entre l'Océan et le Tage,
Avec tes deux beaux yeux noirs
Et les jumelles de papa,
Tu regardes le béton qui coule sur ton histoire :
Trop de chocolat froid,
Sur ta longue chevelure noire.
Un tombeau de pierre,
Le bout du monde, les cadeaux de Pâques;
Puis, comme tous les soirs,
Tu sors acheter le pain
Avant le retour des parents,
Et tu laisses quelques larmes dans l'ascenseur,
Pour qu'ils ne t'oublient pas.


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Sous le signe de l'éléphant


C'est entre l'Océan et le Tage,
Sous le signe de l'éléphant,
Que la libellule multicolore,
Est devenue grande
Et très belle,
Comme c'était prévu
Il y a déjà bien longtemps,
Par les étoiles,
Et par toutes les fées du Portugal.


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Madrid sous les pleurs !


11 mars 2004
''Stupéfaits d'horreur devant nos semblables,
nous recevons cette information en boucle,
selon laquelle il paraîtrait:
que les victimes de tous ces attentats sauvages,
qui plongèrent ''Madrid Sous Les Pleurs'',
reçurent aussitôt une multitude
d'appels téléphoniques inquiets,
auxquels elles ne répondirent
plus...''

Mais moi, qui éprouve en effet
un amour non dissimulé pour
cette belle ville de Madrid,
pour ces miroirs goyesques
du centre de la Castille ;
c'est donc avec une gorge serrée
par un gros cadenas d'émotion,
que je me souviens aussi :
des nombreux autres jours de clameur
et de deuil,
de ce Prado éternel avec vue
sur le ciel,
de cette noblesse d'âme, logeuse
d'une population madrilène
tellement solidaire,
toujours prête à aider un parent,
un ami, un voisin et même
un petit français en difficulté !

C'est pourquoi, je tiens à dire
avec une certitude absolue
à toutes ces victimes,
martyrs de la démocratie,
ainsi qu'à leurs proches,
et sans omettre ceux qui ne croient
plus en rien:
qu'à Madrid, en suivant les mille
chemins ouverts par ce ''Gréco mystique'',
on oublie jamais la douleur
infinie,
des cœurs qui souffrent...


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VIRGINIA HOYOS


Elle était si gentille,

elle voulait toujours

que les choses se passent

bien...

Elle n'aimait pas les intrigues,

ni faire du mal

aux gens.


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TOP SECRET


Quand il pleut

à Madrid,

la ville devient

plus

petite !


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RÊVE DE ROI N°1


Le comte de BARSA est mort.

Et il faudra attendre cet événement

tragique,

pour que tout le monde reconnaisse

que c'était un homme de bien,

avec un cœur énorme,

au bleu de France.


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LUTIN PICARESQUE EN CAVALE...


Et si l'Enfer

c'était la Terre,

avec des coins

de Paradis !


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RÊVE DE ROI N°2


Le comte de BARSA est mort dans son igloo.
Et il faut attendre cet événement tragique,
les yeux d'un poisson,
pour que tout le monde reconnaisse
que c'était un homme de bien,
pas un couteau de cuisine,
ou une écriture comptable maquillée;
mais seulement des mots très simples,
dans l'album de famille
de ce Mickey sans couronne,
du Florida Park.


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MARIA L.


La bourse universitaire supprimée,

ce refus de retourner dans le cocon familial :

la chambre de bonne,

les ménages,

les baby-sittings,

et tous ces objets peints à la chaîne,

de la médiocrité.


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AUSONIE


Un jour je t'ai rencontrée,
et tu m'as raconté l'histoire
du Grand Sablier de Galice.
Alors, j'ai sauté dans ma caisse
en aluminium,
avec ma chienne aux yeux verts ;
et puis on t'a suivie, tous les deux,
en regardant cette lune humide
qui refait son maquillage,
avec des symboles nouveaux,
comme on refait une guerre,
à l'ombre
des mésanges.


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UN PÈRE ANDALOU


-"J'ai trois filles !

Mais, c'est toujours

la même

que je marie !"


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DANS LA COMÈTE DU PRINCE DES ASTURIES


Cela fait bientôt sept ans, que je vis
dans ton joli royaume en forme de comète.
Et j'ai vu ton courage au quotidien,
le sourire des infantes,
la mort de ton grand-père,
les fleurs anonymes de la villa Giralda,
ainsi que toute la bienveillance
d'un Prince,
au milieu d'un monde
si calibré.


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