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SOUVENIRS IBERIQUES
Christophe LACAMPAGNE
Poèmes
Je croyais Christophe désinvolte, joueur, et puis arrive le Terrain d'Alvaro et, là, le ton change, le poète rieur devient sérieux, un rien nostalgique.
Le matin qui a suivi la mort de ma petite bergère, il m'a fait visiter son terrain. Il a levé la barrière sur mes larmes et m'a raconté un morceau de sa vie. C'est lui qui a tout organisé, avec l'aide de son voisin et surtout l'expérience de son père, qui pleure toujours son cheval et son chien. Avant, il n'y avait rien sur le terrain, que de l'herbe et des petits lapins, maintenant il y a des légumes, des arbres fruitiers, du vin qui chante, de la lumière, parfois des nuages, mais jamais de produits chimiques, que de l'ail et du persil, avec un portail, de la salade, des citrouilles et beaucoup d'amitié. revenir au début
C'est qui, C'est quoi, Volterra ? Une maison, Un monastère, Une sorte de Manitoba, Un nodule, Un poisson-chat, Le tube de l'été, Un écrivain, Une navette, Un scénario oublié par un solitaire, Une lessive, Une marque de tabac, Un extérieur nuit, Un pote du Christ, Ou pourquoi pas une disquette ? Et si c'était une bulle Étrusque, quelque part en Toscane ? revenir au début
Il était mon premier ami Que j'ai eu à Madrid, Et aujourd'hui Il est parti dans les étoiles, Il ne m'a jamais rien demandé En échange. Je le considérais un peu Comme un grand-père, Avec des gestes Et une délicatesse, Que seule une personne De son âge peut avoir, Et que seule une personne Qui a vécu loin de sa tribu Peut comprendre, Et qui expliquent aussi combien On peut aimer le monde Hispanique. revenir au début
Au musée du Prado, On ne peut pas toucher La matière, Mais on voit bien qu'autrefois Et pas seulement Dans le commerce, La vie des gens N'était pas toujours facile, Qu'il y a toujours eu Du sang, Des poules Et des blaireaux. revenir au début
À 19 ans, il balance son herbier Du côté de Barcelone, Et il monte une entreprise De livraison de préservatifs À domicile ; L'année prochaine, Il pense étendre sa marchandise À toute la Castille. L'année prochaine... revenir au début
Tu aimes Tout en solide, T'as l'impression D'être une autre, D'être capable de Faire des choses, Tu comprends mieux Les gens, Tu crois en des causes Qui te grandissent, Et ta joie Elle est immense, Quand tu te réveilles, A côté de lui. revenir au début
À Madrid, On te présente Quelque chose, Et c'est Une autre ! revenir au début
Tu as dix ans, petite libellule ; Habilement métisse, Tu souris déjà comme les grands ! Tu parles un peu l'anglais, Tu fermes souvent le gaz Et tu fais sauter les plombs, Près de Lisboa, La ville du 25 avril, La ville aux sept collines, Le mystère. Mais, parfois, tu comptes encore les moutons Et tu demandes s'il y en aura d'autres. Fleur rose, tu prépares le retour de Vasco de Gama; Et tu explores les tubes, les bulles, Les machines couvertes d'oliviers, Les vieilles couvertures, La vaisselle d'Angola, Les cailloux verts, Les pigeons idiots pour la vie... Quand déboule l'hiver, par abandon, Du haut de ton armoire, entre l'Océan et le Tage, Avec tes deux beaux yeux noirs Et les jumelles de papa, Tu regardes le béton qui coule sur ton histoire : Trop de chocolat froid, Sur ta longue chevelure noire. Un tombeau de pierre, Le bout du monde, les cadeaux de Pâques; Puis, comme tous les soirs, Tu sors acheter le pain Avant le retour des parents, Et tu laisses quelques larmes dans l'ascenseur, Pour qu'ils ne t'oublient pas. revenir au début
C'est entre l'Océan et le Tage, Sous le signe de l'éléphant, Que la libellule multicolore, Est devenue grande Et très belle, Comme c'était prévu Il y a déjà bien longtemps, Par les étoiles, Et par toutes les fées du Portugal. revenir au début
11 mars 2004 ''Stupéfaits d'horreur devant nos semblables, nous recevons cette information en boucle, selon laquelle il paraîtrait: que les victimes de tous ces attentats sauvages, qui plongèrent ''Madrid Sous Les Pleurs'', reçurent aussitôt une multitude d'appels téléphoniques inquiets, auxquels elles ne répondirent plus...'' Mais moi, qui éprouve en effet un amour non dissimulé pour cette belle ville de Madrid, pour ces miroirs goyesques du centre de la Castille ; c'est donc avec une gorge serrée par un gros cadenas d'émotion, que je me souviens aussi : des nombreux autres jours de clameur et de deuil, de ce Prado éternel avec vue sur le ciel, de cette noblesse d'âme, logeuse d'une population madrilène tellement solidaire, toujours prête à aider un parent, un ami, un voisin et même un petit français en difficulté ! C'est pourquoi, je tiens à dire avec une certitude absolue à toutes ces victimes, martyrs de la démocratie, ainsi qu'à leurs proches, et sans omettre ceux qui ne croient plus en rien: qu'à Madrid, en suivant les mille chemins ouverts par ce ''Gréco mystique'', on oublie jamais la douleur infinie, des cœurs qui souffrent... revenir au début
Elle était si gentille, elle voulait toujours que les choses se passent bien... Elle n'aimait pas les intrigues, ni faire du mal aux gens. revenir au début
Quand il pleut à Madrid, la ville devient plus petite ! revenir au début
Le comte de BARSA est mort. Et il faudra attendre cet événement tragique, pour que tout le monde reconnaisse que c'était un homme de bien, avec un cœur énorme, au bleu de France. revenir au début
Et si l'Enfer c'était la Terre, avec des coins de Paradis ! revenir au début
Le comte de BARSA est mort dans son igloo. Et il faut attendre cet événement tragique, les yeux d'un poisson, pour que tout le monde reconnaisse que c'était un homme de bien, pas un couteau de cuisine, ou une écriture comptable maquillée; mais seulement des mots très simples, dans l'album de famille de ce Mickey sans couronne, du Florida Park. revenir au début
La bourse universitaire supprimée, ce refus de retourner dans le cocon familial : la chambre de bonne, les ménages, les baby-sittings, et tous ces objets peints à la chaîne, de la médiocrité. revenir au début
Un jour je t'ai rencontrée, et tu m'as raconté l'histoire du Grand Sablier de Galice. Alors, j'ai sauté dans ma caisse en aluminium, avec ma chienne aux yeux verts ; et puis on t'a suivie, tous les deux, en regardant cette lune humide qui refait son maquillage, avec des symboles nouveaux, comme on refait une guerre, à l'ombre des mésanges. revenir au début
-"J'ai trois filles ! Mais, c'est toujours la même que je marie !" revenir au début
Cela fait bientôt sept ans, que je vis dans ton joli royaume en forme de comète. Et j'ai vu ton courage au quotidien, le sourire des infantes, la mort de ton grand-père, les fleurs anonymes de la villa Giralda, ainsi que toute la bienveillance d'un Prince, au milieu d'un monde si calibré. revenir au début |
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