caloucaera poésies       25 novembre 2004

François Béranger



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Ineffable
Aubes Claires
Prisonnier de l'inutile
François
Récif des désirs
Liberté
Temps
Silence
Fanatisme nationaliste
Au passage des vents de houle
Je sens
Agir c'est aimer



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AUBES CLAIRES


Bruno BOULAIS


Chaque fois qu'un nouveau poète frappe à ma porte, je me dis : "A qui va-t-il ressembler, de ceux qui oeuvrent déjà sur le site ?" Et chaque fois, merveille, voilà que le nouvel arrivant est unique et ne ressemble donc à personne.
Doit-on se féliciter que Caloucaera soit le site de la différence ou se réjouir que la langue française soit si riche, qu'elle permette une infinité d'arrangements de ses mots ?
Quoi qu'il en soit, Bruno est un magicien, qui jongle avec les mots comme aucun autre. Mais, ne vous y trompez pas, sa dextérité n'est pas gratuite, les mots, ainsi bousculés, exhalent toute leur saveur, construisent de subtiles ou de puissantes images.


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INEFFABLE


Écoute ces mots formulés en douce nuitée
Et ce cri de la soie où perdure le plaisir
Aux corps des amants c'est la sensualité
Qui libertine au seuil de tes souvenirs

Écris ces phrases de manifeste fraternité
Et cette envie encore de solide solitude
Au creux de mon être c'est la ténacité
Qui enjolive la vie sous toute latitude

Peins ces touches sombres et éclairées
Et ce sentier qui n'en finit pas de vivre
De tes pinceaux c'est la juste sensibilité
Qui prémédite le tendre chemin à suivre

Joue ses notes suaves et délectables
Et cette oreille où s'introduit l'émotion
De cette musique c'est l'irréfragable
Qui déjoue les pièges de la raison

Regarde cette toile de Courbet en plein jour
Et cette blessure où fleurit alors l'incroyable
Dans les mains du peintre c'est bien l'amour
Qui éclabousse derrière la porte de l'irréfragable


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AUBES CLAIRES


Les mots sur la grande rivière
Ont percuté les pages cendres
Drapant le goéland libertaire
D'arc-en-ciel de palissandre

Les images au fronton du lit
Ont calligraphié les négatifs
Défiant la magicienne ici
Pour les restituer positifs

Les couleurs dessus la toile
Ont tranquillisé la voûte feu
Gonflant promptement la voile
Pour un départ impétueux

Les ondes au fil de l'eau
Ont pétillé sur les claviers
Tressant les plus forts mots
A l'arobase de la Liberté

Les étoiles de tes nuits
Ont tracé le fil d'Ariane
Drainant la douce pluie
De mes désirs diaphanes


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PRISONNIER DE L'INUTILE


Faudra-t-il encore une révolution
Pour se libérer enfin de l'invisible
De notre cerveau circonvolutions
Vraiment n'en retenir que l'utile

Ne pas laisser prise aux attentions
De ceux qui pensent avec délectation
Pour l'autre avec bonnes intentions
Mais donnant alors trop de pressions

Penser par soi même, y réfléchir
Considérer sa belle existence
Laisser de côté les cris et les ires
Ne pas délaisser la confiance

Se permettre parfois le doute
Connaître quelques certitudes
Afin que jamais la vie ne boute
La sereine et cohérente attitude

Être en clair avec soi même
Et vivre pleinement son soi
Pour avoir à se dire je t'aime
Avec l'envie de te le dire, à toi


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François Béranger FRANCOIS


Je viens à l'instant de Béranger
Lire la biographie de l'Internet tirée
François Béranger par Béranger
Cela donne encor'envie de l'écouter

C'est émouvant, pudique, sincère
L'homme livre ce qui doit l'être
Ni plus ni moins à sa manière
Peu de temps avant de disparaître

" Je suis né, je mourirai "
C'est ainsi qu'il la commence
La bio de l'homme du Loiret
Dont on regrette l'absence

Il y a juste un an " il a mouru "
Certains s'en sont souvenus
Ni désespéré ni surtout battu
Jusqu'au bout il a combattu

François, esprit de résistance
Face à la déculturation régnante
A relire toutes ces fortes stances
C'est la fraternité que tu inventes

Et cette femme souffrante
Berçant son enfant mourante
Elle lui chante une chanson
Tout finit par des chansons


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RECIF DES DESIRS


Rivage entre lune et ciel
Aux confins de confiture et miel
A la frontière de transparence et nudité
Au carrefour de mensonge et vérité

Cascades et torrents des mots et des pensées
Glissades et jaillissements des corps enlacés
Lèvres rouge cerise pour, peut être, embrasser

Les vents érodent la roche et tourbillonnent le sable
Le souffle fripon écarte la transparence et... la fable
Devint soudain réalité dans l'utile secret des jardins
Et des trésors s'approche la douce et sensuelle main

Folies éphémères et noctambules sur les plages ocrées
Des femmes de Woody colorées dans la chaleur de l'été
D'où me parviennent les élégantes roses bleues en arcanes
Venues soudain peupler les frissons de mes nuits océanes

Dans le silence de la mer de subtils parfums de marée
Tels la cascade exposée et parfaitement entendue couler
Et cette nuit magique, la source de vie, Origine du Monde
Épicentre magnifique et brun roux du compas écartelé
Si superbement transcrite par l'immense Gustave Courbet
Puis voilée et enfin, non moins merveilleusement dévoilée
Du regard et des mots, fabuleux et intense plaisir du monde


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LIBERTE


Liberté revendiquée
Réclamée, souhaitée
Souvent confisquée
Refusée, cadenassée

Toujours pour elle lutter
Liberté de son corps
Liberté des idées
L'exiger encore

Liberté parfaitement utilisée
Être libre de ses actes
Liberté d'autrui préservée
Voilà l'intelligent pacte

Interdire au nom de quoi
Quel ridicule privilège de roi
Sans confiance en l'humain
Pas de beaux lendemains

L'humanité de tout chantage
A tout jamais enfin libérée
Gardons cette belle rage
En nos cœurs déchaînés


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TEMPS


Temps qui tant et tant
Passe et file follement
Le temps d'antan dans
Tant de temps librement

Entends ce libre temps
Qui vagabonde d'autant
Plus qu'il est très tentant
De le garder à mi-temps

Suspends le fol temps
Surprends le tiers temps
Pour que momentanément
Le temps soit partageant

Partant du vieil antan
Et remonter le temps
Ocre de vent d'autan
Pour offrir ce présent


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SILENCE


Pour cette liberté tant recherchée
Et pour chaque matin renouvelé
Pour cette nature tant abîmée
Et pour chaque désir exploré
Pour cette conscience exilée
Et pour chaque espoir effronté
Pour cette belle utopie relevée
Et pour chaque plaie saignée
Pour cette inconscience bée
Et pour chaque musique écoutée
Pour cette technique exilée
Et pour chaque mot de Ferré
Pour cette chanson engagée
Et pour chaque idée de Béranger
Pour cette peinture cachée
Et pour cette anarchie Courbet
Pour ce cimetière retrouvé
Et pour ce réalisme hollandais
Pour cette sensualité désirée
Et pour chacune d'elle libérée

Pour tout cela... Le silence


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FANATISME NATIONALISTE


Allez les jaunes, à mort les bleus
La main tendue comme le salut
Fasciste, défaite égale désaveu
Hors la victoire point de salut

Dans les stades les foules guerrières
D'un nationalisme au paroxysme
Et ces affirmations outrancières
Doublées de haine et de racisme

Injures, ires, colères et sifflets
Pour que le ballon franchisse
La ligne et que le but soit marqué
A Paris, Leeds, Marseille ou Nice

Fureurs, troubles, blessures, morts
Le groupe est derrière son idole
Abrutis sans aux dents le mors
Slogans imbéciles sur banderoles


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AU PASSAGE DES VENTS DE HOULE


Voici venus les temps de houle
Récoltant les vagues d'espoir
Vois-tu les flots qui déroulent
Tes douces raisons d'y croire

Voici venus le temps du trouble
Cueillant les caresses satinées
Reconnais-tu ce désir double
A la résonance de la matinée

Voici venu le temps des chaleurs
Vivifiant les corps frissonnants
Ressens-tu ces infinies douceurs
Au cœur de tes frémissements

Voici venu le temps de l'existence
Enveloppant l'éveil de tes sens
Perçois-tu ces douces stances
Au creux des nuits effervescence

Voici enfin enfin le temps d'aimer
Rêvant le chemin de nos braises
Accepteras-tu cette belle liberté
Afin de n'en faire qu'à ton aise


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JE SENS


Comme un lichen au flanc d'un rocher
Comme la feuille au faîte d'une branche
Comme l'athéisme en plein archevêché
Comme la sensualité près des clenches

Comme la poésie au milieu des rustauds
Comme la sensibilité parmi les frustres
Comme l'authenticité face aux pourceaux
Comme la Liberté en compagnie des rustres

Je sens comme un sentiment de force
Qui me vient d'où je ne sais mais je sais
Que c'est un appétit des plus féroces
A affronter ce qui est moins que parfait


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AGIR, C'EST AIMER


Les mots ont toujours raison
L'ultime pensée de Victor
Hugo à l'instant de l'oraison
Est loin de lui donner tort

Autographiant "Aimer, c'est agir"
Il a quitté l'action et l'amour
Pensée forte pour un partir
N'y restons jamais sourds

Emovere, mouvement de l'esprit
Émotion de tous ces sentiments
Alchimie forte et source de vie
Se délecter de ce foisonnement

Faire et agir encore et toujours
C'est transmettre de l'humain
Faire et refaire encore l'amour
C'est rêver d'un meilleur demain


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