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NOUVELLES VENUES D'AILLEURS
Bruno BOULAIS
Toujours avec sa versification classique de bonne qualité, Bruno semble vouloir nous conduire vers d'autres rivages, où le lecteur n'a pas l'impression d'être toujours invité.
Couleurs ciel et mer bleutée De part et d'autre de la trouée De moelleuses ocres orangées Des femmes de Woddy éclairées Écoute... Dans le silence de la mer Perçois-tu ce balancement maudit Qui te remet à l'heure de la dure-mère Alors que j'ouïe ta sensible mélodie Mer, marée eau, origine du monde Souffle de vie, des mots aux couleurs Peut-être le velouté souffle du monde Comblera-t-il l'exigeant voyageur ? revenir au début
Si tu vas vers bâbord Vois la femme sereine Fille à la toison d'or Et, tes désirs, ne réfrène Fille de mots et désirs Elle joue avec vocable Et la phrase va bondir Toute d'envies avouables Si tu vas vers tribord Écoute la femme longue Peuplée de mots décors Et de formes oblongues Elle reprendra ta douceur En te léguant sa délicatesse Et de son joli corps moiteur T'offrira sa tendre ivresse Femme de sensuelle blondeur Je devine cette douce touffe Qui met le cœur à l'heure Sans la moindre esbroufe Oh, duveteux voile d'or ! Qui consent à laisser voir Ces douces lèvres trésors Là aux confins du miroir... revenir au début
Puisses-tu vivre de chimères D'un tableau oublié délaissé Au fin fond de la dure-mère Mais présent, là, à se montrer Puisses-tu chercher l'impossible Cette lente musique mélancolique Derrière ce miroir au tain amovible Avant qu'à jamais l'espérance n'abdique Puisses-tu caresser ce bel improbable Ces mots inquiétants et conquérants Qui disent définitivement l'inénarrable Depuis que l'humanité sème l'ouragan Puisses-tu rêver de cet imaginaire Ce désir qui te fera vivre encore À toutes contraintes réfractaires Pour embrasser ce sensuel corps revenir au début
Pourquoi a-t-il fallu, En cette douce soirée, T'éteindre dans le talus Pour cette nuit débuter ? Je séquestre la vaine étoffe Douce soie à jamais inutile Que souvent j'apostrophe En ces souvenirs indélébiles De toi je sauvegarde en moi Tes pimpants rires printaniers Cette énigme qui nous foudroie Épouvantable rictus tuméfié Il suffisait de presque rien Pour que la vie ne perdure Peut-être un soleil saturnien Au lieu de ce morne déléatur Il suffisait de presque tout Pour que la vie n'augure Peut-être une nuit d'acajou Afin que le jour ne jure revenir au début
Je reviens de loin Si vous n'y croyez point Voyez dans le recoin Ce qui se terre avec soin Je reviens de ce là-bas De ces idées éparpillées Qui font que la mort est là Pour souffler le chandelier Je reviens de cet envers Épithète perdue et fatale De ce temps délétère En attente de cette cavale Je reviens de cet ailleurs Hémistiches alors racornis De cet épisode jongleur Peuplé de césures infinies Je reviens d'autre part De ce ciel si brutalement Renversé et en Jaguar Cette douce brune céans Je reviens de loin Si vous n'y croyez point Voyez dans le recoin Ce qui se cache avec soin revenir au début |
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