caloucaera poésies       05 août 2005




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Couleurs et mots
Toison d'or
Puisses-tu
Nuit
Je reviens de loin


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NOUVELLES VENUES D'AILLEURS


Bruno BOULAIS


Toujours avec sa versification classique de bonne qualité, Bruno semble vouloir nous conduire vers d'autres rivages, où le lecteur n'a pas l'impression d'être toujours invité.
Combien d'entre nous souhaiteraient voir, dans le recoin, ce qui se cache avec soin !
Mais je te promets, mon cher Bruno, même si un jour je décroche en les lisant, je n'apposerai jamais de déléatur sur tes textes.


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COULEURS ET MOTS


Couleurs ciel et mer bleutée
De part et d'autre de la trouée
De moelleuses ocres orangées
Des femmes de Woddy éclairées

Écoute... Dans le silence de la mer
Perçois-tu ce balancement maudit
Qui te remet à l'heure de la dure-mère
Alors que j'ouïe ta sensible mélodie

Mer, marée eau, origine du monde
Souffle de vie, des mots aux couleurs
Peut-être le velouté souffle du monde
Comblera-t-il l'exigeant voyageur ?


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TOISON D'OR


Si tu vas vers bâbord
Vois la femme sereine
Fille à la toison d'or
Et, tes désirs, ne réfrène

Fille de mots et désirs
Elle joue avec vocable
Et la phrase va bondir
Toute d'envies avouables

Si tu vas vers tribord
Écoute la femme longue
Peuplée de mots décors
Et de formes oblongues

Elle reprendra ta douceur
En te léguant sa délicatesse
Et de son joli corps moiteur
T'offrira sa tendre ivresse

Femme de sensuelle blondeur
Je devine cette douce touffe
Qui met le cœur à l'heure
Sans la moindre esbroufe

Oh, duveteux voile d'or !
Qui consent à laisser voir
Ces douces lèvres trésors
Là aux confins du miroir...


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PUISSES-TU


Puisses-tu vivre de chimères
D'un tableau oublié délaissé
Au fin fond de la dure-mère
Mais présent, là, à se montrer

Puisses-tu chercher l'impossible
Cette lente musique mélancolique
Derrière ce miroir au tain amovible
Avant qu'à jamais l'espérance n'abdique

Puisses-tu caresser ce bel improbable
Ces mots inquiétants et conquérants
Qui disent définitivement l'inénarrable
Depuis que l'humanité sème l'ouragan

Puisses-tu rêver de cet imaginaire
Ce désir qui te fera vivre encore
À toutes contraintes réfractaires
Pour embrasser ce sensuel corps


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NUIT


Pourquoi a-t-il fallu,
En cette douce soirée,
T'éteindre dans le talus
Pour cette nuit débuter ?

Je séquestre la vaine étoffe
Douce soie à jamais inutile
Que souvent j'apostrophe
En ces souvenirs indélébiles

De toi je sauvegarde en moi
Tes pimpants rires printaniers
Cette énigme qui nous foudroie
Épouvantable rictus tuméfié

Il suffisait de presque rien
Pour que la vie ne perdure
Peut-être un soleil saturnien
Au lieu de ce morne déléatur

Il suffisait de presque tout
Pour que la vie n'augure
Peut-être une nuit d'acajou
Afin que le jour ne jure


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JE REVIENS DE LOIN


Je reviens de loin
Si vous n'y croyez point
Voyez dans le recoin
Ce qui se terre avec soin

Je reviens de ce là-bas
De ces idées éparpillées
Qui font que la mort est là
Pour souffler le chandelier

Je reviens de cet envers
Épithète perdue et fatale
De ce temps délétère
En attente de cette cavale

Je reviens de cet ailleurs
Hémistiches alors racornis
De cet épisode jongleur
Peuplé de césures infinies

Je reviens d'autre part
De ce ciel si brutalement
Renversé et en Jaguar
Cette douce brune céans

Je reviens de loin
Si vous n'y croyez point
Voyez dans le recoin
Ce qui se cache avec soin


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