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MELANCOLIE RADIEUSE
Bruno BOULAIS
Égal à lui-même, Bruno nous offre des vers d'apparence classique, qui sonnent comme des alexandrins. Mais ne vous laissez pas prendre trop facilement à la musique des mots, comme le titre du recueil, ses poésies sont toujours en léger décalage par rapport à la réalité et un mot inattendu vient souvent nous surprendre.
J'écris dans le ciel Et vous n'y verrez rien Mes mots masquent le soleil Ne confondez exigence et dédain J'écris dans les cieux Et vous n'y verrez au mieux Que les années mortes au miroir Et les femmes aimées à fourrure noire J'écris dans les étoiles Jusqu'à la stupeur Magnifiques courbes sur les toiles Avec comme tout espoir la confiance J'écris dans les astres Et vous y verrez au moins La fille aux cheveux d'astres Tout là-bas, au loin, en contrepoint revenir au début
Seule, elle ne sera jamais tout à fait nue Semblable à être nue sous la feuille de la nuit Elle requiert la présence de l'autre suspendue Au bout du regard que le désir poursuit Seule, elle ne sera jamais tout à fait elle Pareil à être soi dans la réalité d'anachorète Elle quémande tout au long de la venelle Icelui, icelle qui lors, l'enveloppera secrète Seule, elle ne sera jamais tout à fait seule Même esseulée, elle verra sa propre vie Comme un double au fond du miroir, veule Elle ne percevra alors que la dichotomie revenir au début
De son regard viennent des mots Mots délicats et paroles doubles Pourtant jamais aucun quiproquo Mais le plus délicieux des troubles De son regard naissent des pensées Pensées sauvages et insupportables mais toujours entre doux guillemets La plus belle envie incommensurable De son regard surgissent des désirs Désirs vrais, barbares et supportables Pourtant toujours et encore assouvir Cette belle et grande soif irréfragable revenir au début
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