caloucaera poésies       18 juin 2005




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J'écris dans le ciel
Jamais tout à fait nue
De son regard




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MELANCOLIE RADIEUSE


Bruno BOULAIS


Égal à lui-même, Bruno nous offre des vers d'apparence classique, qui sonnent comme des alexandrins. Mais ne vous laissez pas prendre trop facilement à la musique des mots, comme le titre du recueil, ses poésies sont toujours en léger décalage par rapport à la réalité et un mot inattendu vient souvent nous surprendre.


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J'ECRIS DANS LE CIEL


J'écris dans le ciel
Et vous n'y verrez rien
Mes mots masquent le soleil
Ne confondez exigence et dédain

J'écris dans les cieux
Et vous n'y verrez au mieux
Que les années mortes au miroir
Et les femmes aimées à fourrure noire

J'écris dans les étoiles
Jusqu'à la stupeur
Magnifiques courbes sur les toiles
Avec comme tout espoir la confiance

J'écris dans les astres
Et vous y verrez au moins
La fille aux cheveux d'astres
Tout là-bas, au loin, en contrepoint


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JAMAIS TOUT À FAIT NUE


Seule, elle ne sera jamais tout à fait nue
Semblable à être nue sous la feuille de la nuit
Elle requiert la présence de l'autre suspendue
Au bout du regard que le désir poursuit

Seule, elle ne sera jamais tout à fait elle
Pareil à être soi dans la réalité d'anachorète
Elle quémande tout au long de la venelle
Icelui, icelle qui lors, l'enveloppera secrète

Seule, elle ne sera jamais tout à fait seule
Même esseulée, elle verra sa propre vie
Comme un double au fond du miroir, veule
Elle ne percevra alors que la dichotomie


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DE SON REGARD


De son regard viennent des mots
Mots délicats et paroles doubles
Pourtant jamais aucun quiproquo
Mais le plus délicieux des troubles

De son regard naissent des pensées
Pensées sauvages et insupportables
mais toujours entre doux guillemets
La plus belle envie incommensurable

De son regard surgissent des désirs
Désirs vrais, barbares et supportables
Pourtant toujours et encore assouvir
Cette belle et grande soif irréfragable


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